La tourbière d'Argol restaurée et aménagée pour le public - Site officiel du Parc naturel régional d’Armorique​

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Après trois années de travaux, la tourbière d’Argol, propriété de la commune, nichée au cœur de la forêt communale, s’ouvre au public. Pilotée par le Parc naturel régional d’Armorique (PNRA), avec l’appui de l’Office national des forêts (ONF), cette restauration exemplaire représente une illustration concrète de l’action menée par le Parc pour la préservation des landes et tourbières, des milieux cruciaux pour le stockage du carbone et la préservation de la ressource en eau. Cette action va se poursuivre jusqu’en 2028 dans le cadre d’un nouveau programme du Fonds européen de développement régional (FEDER).

Un chantier hors-normes pour rendre vie à une tourbière asphyxiée

Depuis les années 1970, des plantations de résineux avaient progressivement envahi les 10 hectares de la tourbière d’Argol, ce qui menaçait son bon fonctionnement. L’effet de « pompage » des arbres (un résineux adulte pouvant absorber jusqu’à 100 à 150 litres d’eau par jour en été) avait asséché la zone humide, empêchant son rôle fondamental de stockage du carbone et de régulation de la ressource en eau, et entraînant aussi un affaiblissement de la biodiversité.

Pour y remédier, le Parc d’Armorique, pilote du programme européen LIFE Landes, et appuyé techniquement par l’Office national des forêts (ONF), a mené un chantier ambitieux sur trois automnes consécutifs, de 2022 à 2024. Le Parc a notamment fait procéder au retrait de 2 500 résineux, qui n’avaient plus de valeur économique, par câble-mât, une technique habituellement réservée aux zones montagneuses d’accès difficile. Ce choix visait à préserver le sol et la végétation lors des opérations d’extraction.

Les travaux de coupes menées avec la technique du câble-mât © Fabrice Manac’h – PNRA

Permettre au public de découvrir une tourbière remarquable

À l’issue des travaux, un platelage en bois a été aménagé afin de permettre au public de découvrir et d’arpenter cet écosystème exceptionnel en toute saison, sans en perturber le fonctionnement. Les travaux ont été pilotés par le Parc et réalisés par les entreprises EURL Le Floch, Koad Bihan et Golfe Bois Création, avec le soutien financier de l’Europe, l’État, la Région Bretagne, la Fondation du Patrimoine, la Fondation Breizh Biodiv, EDF et la mairie d’Argol.

Le retrait des résineux de la tourbière ouvre maintenant la voie à une recolonisation progressive par des espèces caractéristiques de ce milieu. Du côté ornithologique, il est encore trop tôt pour les premières observations, qui sont attendues à moyen terme. Du côté de la flore, le public peut déjà voir depuis le nouveau platelage quelques plantes typiques des tourbières, notamment des droséras (plantes carnivores), des narthécies, et des sphaignes (mousses typiques des tourbières).

«La restauration de la tourbière d’Argol illustre ce que le Parc d’Armorique défend depuis toujours : concilier préservation de l’environnement et activité humaine. Ce site exceptionnel participe à l’attractivité du territoire, en permettant aux visiteurs de découvrir des paysages remarquables. Tout cela fait vivre une économie locale basée sur un tourisme durable et des activités de pleine nature, comme la randonnée.»
Amélie Caro, présidente du Parc naturel régional d’Armorique

Deux espèces typiques des tourbières : les sphaignes et les droseras – © PNRA

La restauration de la tourbière d’Argol s’inscrit dans le cadre plus large du programme LIFE Landes d’Armorique porté et coordonné par le Parc d’Armorique entre 2021 et 2025, en partenariat avec le Département du Finistère et Bretagne Vivante (bénéficiaires associés), et avec le soutien financier de l’Europe, du Ministère de la Transition écologique et de la Région Bretagne. Ce programme a permis de restaurer près de 400 hectares de landes et tourbières sur trois sites emblématiques du Parc d’Armorique : Menez Hom, Menez Meur, Monts d’Arrée-Cragou et des actions concrètes ont été réalisées pour concilier protection des espaces naturels et activités humaines.

«Voir la tourbière d’Argol renaître est une immense satisfaction pour nos habitants. Nous sommes fiers d’avoir soutenu ce projet aux côtés du Parc d’Armorique, et ravis que ce site soit désormais accessible au public. C’est une belle façon de redécouvrir notre territoire, tout en agissant concrètement pour le climat.»
Jean-Michel Lezenven, maire de la commune d’Argol

L’action continue pour préserver les tourbières du Finistère

Fort de cette dynamique, le Parc naturel régional d’Armorique a répondu, en août 2025, à l’appel à projets de la Région Bretagne « Favoriser l’adaptation de la biodiversité et de la gestion des ressources naturelles au changement climatique ». Ce nouveau projet FEDER, attribué au Parc le 23 janvier 2026 et doté d’un budget prévisionnel de près de 500 000€ s’inscrit dans la continuité directe du programme LIFE.

Pour la période 2026-2028, il vise à poursuivre la réhabilitation des landes abandonnées pour une gestion agro-pastorale et à étendre la restauration des tourbières et landes tourbeuses sur les trois sites Natura 2000 du Menez Hom (où se trouve la tourbière d’Argol), Menez Meur et Monts d’Arrée, et leurs abords. Cofinancé par la Région Bretagne et l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, ce programme apportera de nombreux bénéfices au territoire, par exemple sur la ressource en eau, la biodiversité, l’agriculture, le tourisme durable, l’entretien des paysages, la séquestration du carbone et la résilience climatique.

Les tourbières, irremplaçables puits de carbone

  • 3 % des terres émergées, mais 33 % du carbone stocké dans les sols à l’échelle mondiale
  • 500 gigatonnes de carbone contenues dans la tourbe mondiale, soit l’équivalent de 70 ans d’émissions anthropiques
  • 1 hectare de tourbière stocke autant de carbone que les émissions annuelles d’environ 1 000 Français
  • 5 à 7 fois plus de carbone stocké par une tourbière saine que par une forêt
  • 90 % des tourbières européennes sont menacées
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