Dôme de chaleur : le sport toujours plus vulnérable face au dérèglement climatique – Ecolosport

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Alors que la France subit un dôme de chaleur très précoce, plusieurs participant(e)s de compétitions sportives ont dû être hospitalisé(e)s tandis que deux athlètes ont malheureusement perdu la vie ce week-end.

Royan, Lyon, Paris, Maison-Alfort, Menton… La France est sous l’effet, depuis ce week-end, d’un dôme de chaleur précoce et inhabituel, un de plus. Quelques jours en amont, les conditions climatiques étaient plutôt automnales… Une brusque montée des températures à laquelle les organismes vivants peuvent difficilement s’adapter en un laps de temps si court et les sportif(ve)s ne sont pas en reste. En deux jours, ce sont malheureusement deux décès, une dizaine de participant(e)s hospitalisé(e)s en urgence absolue et de très (trop) nombreuses interventions des secouristes pour cause de malaise ou de déshydratation, qui sont à déplorer sur plusieurs compétitions sportives et en grande partie dus aux fortes chaleurs soudaines.

De nombreux incidents sur plusieurs compétitions

« Il était très entraîné et courait régulièrement », mais, malgré tout, ce père de famille âgé de 53 ans a perdu la vie des suites d’un malaise cardiaque, alors qu’il terminait la course de 10 kilomètres La Pyrénéenne à Paris. Bien que l’autopsie n’a pas encore révélé les causes exactes, les températures, qui dépassaient les 30°C, est une piste privilégiée. Dans le même temps à Lyon, c’est une jeune femme de 28 ans qui a succombé d’une hyperthermie (montée soudaine de la chaleur corporelle) lors d’une compétition d’Hyrox, se déroulant pourtant dans une salle climatisée.

Plus à l’ouest, le marathon de Royan U Côte de beauté a déploré une centaine d’interventions des secouristes, contre une soixantaine habituellement à la même période, et quatre hospitalisations pour cause de malaise ou de déshydratation. Même son de cloche à Maison-Alfort où 10 participant(e)s de la course « La Maisonnaise » ont été hospitalisé(e)s en urgence absolue. Un scénario qui s’est déroulé à l’identique du côté de la Sun Race à Menton, qui a dénombré plusieurs malaises et le transport de 3 coureur(se)s aux urgences. Dans toutes ces épreuves, les recommandations et précautions sécuritaires ont pourtant été prises voire renforcées.

Les organisateur(rice)s auraient-ils dû annuler ces épreuves ? Dans les textes, pas forcément, comme l’a souligné Bernard Seureau, vice-Président du Marathon de Royan U Côte de beauté, à nos confrères de Reporterre : « Tant que la préfecture ne nous alerte pas, on maintient, cela demande tellement de logistique…» Du côté du Ministère des sports, la ministre Marina Ferrari a rappelé dans un communiqué faisant suite à ces différents drames que « des protocoles canicule existent. On interdit les compétitions lors d’une vigilance rouge », ce qui n’était pas le cas ce week-end.

Quand faire du sport devient dangereux pour la santé

Dans tous ces incidents, l’augmentation brutale des températures a forcément joué un rôle important, l’organisme ayant besoin de plusieurs jours pour s’adapter aux fortes chaleurs. Ainsi, sauf dans le cas d’athlètes de haut-niveau, peu de sportif(ve)s ont la possibilité de s’entraîner pour se préparer à de telles conditions. Mais la chaleur n’est pas le seul point à prendre en compte. En dehors des facteurs intrinsèques spécifique à chaque individu, la tenue vestimentaire, la qualité de l’air, les vents ou encore le taux d’humidité ne doivent pas être négligés.

Dans le cas d’un coup de chaleur pouvant entraîner le décès, des vêtements non adaptés et une forte humidité sont les principales causes extrinsèques. Des premiers signes devraient pourtant alerter sur l’arrêt net de l’effort : des maux de tête, des nausées, un changement d’aspect de la peau ou encore une accélération du pouls et de la respiration comme le souligne le site de l’Assurance maladie. Un autre problème fréquent concerne la déshydratation, certain(e)s participant(e)s attendant la sensation de soif pour se désaltérer quand d’autres font le choix de courir avec une faible quantité d’eau pour « s’alléger ».

Un rappel à l’ordre du Ministère des sports

Dès dimanche soir, la Minsitre des sports et ses équipes ont rapidement réagit via un communiqué de presse précisant que « les évènements survenus aujourd’hui lors de courses à pied en France rappellent que la pratique sportive par fortes chaleurs nécessite une vigilance absolue. Mes pensées vont à la famille et aux proches du coureur décédé à Paris, ainsi qu’aux personnes prises en charge par les secours. Face aux épisodes de chaleur précoce que connaît notre pays, j’appelle chacun, organisateurs, fédérations, clubs et pratiquants, à respecter strictement les consignes de prévention : hydratation, adaptation des horaires et des efforts, attention particulière aux personnes les plus fragiles. »

Un rappel a également été fait sur les bonnes pratiques à adopter lors d’épisodes de fortes chaleurs : reconsidérer la pratique sportive en plein air à partir de 32°C en prenant également en compte la qualité de l’air, le taux d’humidité et le vent ; pratiquer une activité physique tôt le matin ou tard le soir et dans des zones ombragées et aérées, une hydratation régulière sans attendre la sensation de soif avant, pendant et après l’effort ; le port de vêtements et accessoires adaptés et l’application d’une protection solaire ; une adaptation de l’intensité et de la durée des efforts ainsi qu’une augmentation progressive des entraînements pour adapter l’organisme à la chaleur. Enfin, il est fortement déconseillé aux sportifs débutants ou souffrant de pathologies de commencer une activité physique dans ces conditions climatiques.

Aussi, dans une interview accordée ce mardi 26 mai sur les ondes de RMC, Marina Ferrari a précisé qu’« en fonction de l’évolution de la météo – on nous annonce un pic de chaleur qui va continuer – il pourrait y avoir des annulations. »

Ce dôme de chaleur et ces tristes épisodes sont des nouvelles preuves, s’il en fallait encore, que la santé des sportifs, leurs pratiques et l’organisation de compétition vont de plus en plus être impactées par le dérèglement climatique engendré par les activités humaines. Le monde du sport a donc tout intérêt à intégrer pleinement et radicalement la protection de l’environnement dans son mode de fonctionnement s’il ne veut pas scier un peu plus la branche sur laquelle il est assis.

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Eddy Klemenczak