Créé en 1991, le Secours Islamique France (SIF) est une association humanitaire qui met en œuvre, en France et à l’étranger, des programmes de développement et d’action sociale. En 2024, l’association déclare être intervenue dans 22 pays, avoir soutenu environ 1,4 million de bénéficiaires. Elle a connu une croissance soutenue de sa collecte qui dépasse désormais 50 M€. Pour l’essentiel correctement organisée, l’association doit revoir l’imputation des dépenses de ses antennes internationales, considérées par principe comme relevant des missions sociales, ainsi que la comptabilisation des produits de placement et celle du mécénat. Elle doit également rester vigilante quant au respect des règles relatives à la laïcité, dans certains aspects de sa communication à l’occasion des collectes, et dans la formation de ses bénévoles. À l’issue de son contrôle portant sur les exercices 2020 à 2024, la Cour des comptes formule un avis de conformité et trois recommandations portant sur l’information financière et comptable.
Un acteur humanitaire correctement organisé, qui respecte pour l’essentiel ses obligations liées à l’appel à la générosité du public
Le SIF, qui enregistre une forte progression de sa collecte (plus de 50 M€ en 2024, en croissance de 53% par rapport à 2020), dispose d’une organisation structurée et d’outils de pilotage adaptés à la conduite de ses activités, principalement effectuées à l’international (Afrique, Proche et Moyen-Orient), autour de priorités humanitaires telles que l’éducation, la protection de l’enfance, la sécurité alimentaire, l’eau, l’hygiène, l’assainissement et la mise à l’abri). Son fonctionnement associatif repose toutefois sur une base adhérente très étroite. La transformation éventuelle de l’association en fondation reconnue d’utilité publique, envisagée par celle-ci, ne s’est pas concrétisée à ce stade.
Si le SIF respecte dans l’ensemble les obligations liées à l’appel à la générosité du public, la Cour formule néanmoins trois recommandations destinées à renforcer la lisibilité de l’emploi des ressources qui en sont issues.
Des améliorations à apporter à l’information financière et comptable, une vigilance à maintenir sur le respect du cadre de la laïcité
La Cour invite d’abord l’organisme à ventiler les dépenses de ses implantations internationales, considérées comme relevant intégralement des missions sociales, de manière plus conforme à la réalité en identifiant les frais de fonctionnement et de de recherche de fonds qu’elles supportent. Elle recommande également de mieux retracer comptablement certaines ressources, notamment celles issues du mécénat et des produits financiers générés par les placements. Enfin, la Cour recommande une information plus systématique des donateurs sur l’évolution des fonds dédiés et des réserves, en particulier lorsque des contraintes opérationnelles retardent l’emploi des fonds collectés, comme ce fut le cas pour ceux destinés à venir en aide à la population palestinienne en 2023 et 2024.
Par ailleurs, le SIF, dans l’ensemble attentif à ce que la dimension confessionnelle de son action s’inscrive dans le cadre de la laïcité, peut progresser dans ce domaine par une plus grande attention à la formulation de certains appels à dons, et dans la rigueur avec laquelle il s’assure de la bonne formation de ses bénévoles à ces enjeux.