En ce début d’été 2026, la DREAL mobilise ses équipes pour répondre à la situation fortes chaleurs, de sécheresse du territoire et plus largement.
À la fin juin 2026 puis de nouveau autour de la mi-juillet, la Bretagne subit deux périodes de chaleurs intenses. En juillet 2026, la DREAL Bretagne déploie des moyens humains et techniques pour garantir la gestion de la ressource en eau, contrôler le respect des réglementations et apporter un soutien aux régions sinistrées. Tour d’horizon des actions menées par les services.
Production et mise à disposition de données
Les agents de la DREAL Bretagne adaptent leur surveillance du débit des cours d’eau pour maintenir un haut niveau de qualité de la donnée pour faciliter les prises de décisions des autorités.
Renforcement des campagnes de jaugeage des cours d’eau
La baisse des débits des rivières bretonnes nécessite une surveillance accrue pour adapter les mesures de restriction et préserver les milieux aquatiques.
Ainsi la DREAL Bretagne met plusieurs actions en œuvre
- Intensification des jaugeages : les techniciens hydromètres de la DREAL ont réalisé un nombre accru de mesures sur le terrain.
140 mesures en Bretagne
Les agents de la division de prévision des crues et hydrométrie de la DREAL Bretagne participent activement à la surveillance du niveau des cours d’eau. Ils effectuent des passages auprès des stations pour vérifier la qualité de la mesure qui s’avère très sensible dans le cas des niveaux extrêmes avec des conséquences parfois fortes sur les effets de seuil : en basses eaux notamment, la croissance de la végétation du fond du lit bruite le signal mesuré et les éléments de correction à apporter sont réajustés lors de ces passages.
Entre le 1er et le 31 juillet, c’est 140 mesures en rivière sur l’ensemble de la Bretagne, avec des équipes renforcées sur la période estivale.
- Traitement et transmission des données : les résultats sont analysés et partagés avec les services de l’État, les gestionnaires de bassins versants et les collectivités.
Les données issues du réseau de mesure, fiabilisé grâce à ces jaugeages donnent une image des débits et des hauteurs d’eau dans les cours d’eau ; ils permettent ainsi de guider les services départementaux dans le déclenchement des seuils d’alerte, alerte renforcée et crise des arrêtés sécheresse afin de fixer en conséquences des mesures de restrictions des usages de l’eau. Le site www.hydrologie-bretagne.fr permet la visualisation de la situation par rapport aux évènements de sécheresse rares à très rares pour chaque point de mesure en rivière.
Mise à disposition de bulletins de situation hydrologique
Ces données sont également utilisées pour alimenter un bulletin de situation bimensuel pour la région Bretagne, qui vise à dresser un point de situation complet sur les indicateurs météorologiques, l’état des nappes souterraines, des cours d’eau, des retenues, etc.
Retrouvez le dernier bulletin de situation en Bretagne dans la rubrique dédiée :
Bulletins de situation hydrologique DREAL Bretagne
Ces bulletins permettent à la DREAL de présenter un état des lieux complet dans les différentes réunions de suivi de crise mises en place par la préfecture de région ou par notre ministère
L’importance de la communication et de la sensibilisation en gestion de crise
La DREAL Bretagne a communiqué avec la presse et différents acteurs pour sensibiliser la population sur les techniques de jaugeages et sur la situation de sécheresse du territoire. Exemple avec l’accompagnement du préfet des Côtes d’Armor sur le terrain.
Visite de terrain du préfet des Côtes-d’Armor
Le 31 juillet, le préfet François de Kérever, s’est rendu à Loudéac où le ruisseau de la Bellière est complètement asséché.
Cette opération de communication visait à échanger avec les acteurs locaux sur la situation exceptionnelle de sécheresse et sur ses conséquences en termes d’assecs des cours d’eau ; elle a également permis de mettre exergue la mobilisation des services de l’État, notamment pour le suivi des cours d’eau des services de l’État : la DREAL accompagnait le préfet pour présenter ses actions de jaugeages dans les cours d’eau ; l’OFB était également présent pour exposer le réseau ONDE « Observatoire national des étiages ». Ce dernier, souvent méconnu du grand public, compile les résultats des observations visuelles sur l’écoulement des petits et moyens cours d’eau pendant la période estivale ; il permet à ce titre de suivre chaque année l’évolution du nombre de cours d’eau en assecs.
© Crédits : Préfecture des Côtes d’Armor
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Contrôles et sensibilisation en ICPE
Les missions de la DREAL Bretagne amènent aussi ses inspecteurs à contrôler et sensibiliser les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) pour prévenir les risques et faire respecter la réglementation.
Anticipation du risque incendie estival
Les inspecteurs du réseau breton ont déployé début juin une action de contrôle sur le thème de la réduction des risques d’incendie dans les installations de gestion des déchets. Cette action réalisée en amont de la période estivale sur 72 sites a visé en priorité des sites de tri transit regroupement de déchets. Plus de la moitié des inspections ont conduit à une proposition de mise en demeure.
Contrôle d’une ICPE du respect des restrictions d’eau imposées
Les Unités Départementales (UD) de la DREAL Bretagne, ainsi que les DDPP, sont chargées de mettre en place des contrôles en ICPE pour y vérifier la bonne mise en œuvre des mesures de restrictions des usages imposées par les arrêtés sécheresses départementaux.
La DREAL a mis à disposition de l’ensemble des inspecteurs du réseau breton les éléments permettant la mise en œuvre de ces contrôles : textes de référence, liste des exploitants ayant les plus fortes consommations d’eau, canevas d’inspections, FAQ sur les exemptions prévues dans les arrêtés départementaux, qui suscitent de nombreuses questions de la part des exploitants. Deux réunions d’harmonisation et d’échanges de pratiques consacrées en grande partie à ce dernier sujet ont eu lieu en juillet.
Les opérations de contrôle sur le terrain ont débuté et ont permis de s’assurer du respect des restrictions par la plupart des entreprises contrôlées jusqu’à présent. Cependant, quelques situations nécessitent une remise en conformité.
Par exemple, lors d’une inspection inopinée dans une ICPE d’Ille-et-Vilaine les inspecteurs de l’UD 35 ont constaté un prélèvement illégal d’eau pour le refroidissement d’équipements industriels. En circuit ouvert, cette projection d’eau sur les plaques d’un échangeur de chaleur visait à améliorer son refroidissement.
La situation ne pouvant perdurer, une mise en demeure assortie de mesures conservatoires a été adressée à l’exploitant qui a rapidement proposé des solutions telles que la programmation du remplacement du groupe froid concerné ainsi qu’un refroidissement plus adapté.
Contrôle en ICPE du stockage des feux d’artifices
En cette période de sécheresse, les risques incendie sont particulièrement élevés. Le stockage de feux d’artifice, relevant de la DREAL, nécessite à ce titre une surveillance et une anticipation particulières.
Cette situation de sécheresse a abouti à des annulations importantes des tirs d’artifices prévus au mois de juillet. La Préfète d’Ille-et-Vilaine a notamment pris un arrêté le 10 juillet interdisant tout feu d’artifice du 10 au 15 juillet. Compte tenu des nombreuses annulations de feux d’artifices en juillet, la DREAL a souhaité s’assurer que les artificiers n’ont pas aujourd’hui des stocks dépassant les quantités maximales autorisées.
Des inspections ont été menées dans le département pour s’assurer du respect des quantités autorisées. Des échanges avec les exploitants ou des inspections ont été menés sur les différentes installations de stockage de la région pour s’assurer du respect des quantités autorisées.
Gérer les conséquences des fortes chaleurs
Contribution à la gestion des surmortalités animales dans les élevages bretons
Les fortes chaleurs de juin et de juillet ont généré d’importantes mortalités d’animaux par étouffement dans les bâtiments d’élevage. Le service public d’équarrissage s’est trouvé dans l’incapacité de prendre en charge la totalité des cadavres d’animaux issus de ces étouffements, et des solutions alternatives à l’équarrissage ont dû être déployées. Les autres régions étant confrontées aux mêmes difficultés, le détournement du flux vers d’autres usines d’équarrissage du grand ouest n’était pas envisageable.
Si la DRAAF était pilote de la gestion de cette problématique, la DREAL a été sollicitée pour identifier les possibilités de prise en charge par des installations de traitement de déchets : incinérateurs ou installations de stockage de déchets non dangereux. Cette démarche a conduit à la prise d’un arrêté préfectoral le 26 juin 2026 pour autoriser à titre exceptionnel la prise en charge pendant 10 jours de cadavres d’animaux (porcs essentiellement) par l’ISDND de Gueltas dans le Morbihan, à hauteur maximale de 40 t/j. D’autres solutions ne mobilisant pas les ISDND bretonnes ont été mises en œuvre en juillet (recours massif à l’enfouissement in situ, déjà pratiqué en juin, envoi vers des sites de la région des Pays de la Loire).
Répondre à la solidarité
Les incendies en Gironde et dans les Landes ont fortement sollicité les moyens des services déconcentrés, poussant la DREAL Nouvelle-Aquitaine à anticiper le besoin de renforts.
Mobilisation des inspecteurs ICPE pour soutenir les inspecteurs de Nouvelle-Aquitaine
Plusieurs inspecteurs ICPE bretons se sont ainsi portés volontaires de façon très réactive pour apporter leur expertise en matière de réglementation des installations à risque (sites Seveso, stockages de produits inflammables) ainsi qu’en contrôle des mesures de prévention incendie dans les ICPE locales voir également en appui aux enquêtes post-incendie. Ces renforts n’ont finalement pas été mobilisés par la DREAL Nouvelle-Aquitaine qui est parvenue à gérer seule la crise liée aux incendies.