NER 002 / 0926 / OBS 041
Enlèvement /
Risque d’arrestation et de détention arbitraire /
Niger
7 septembre 2026
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, un partenariat de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante au Niger.
Description de la situation :
L’Observatoire a été informé de la disparition de M. Moussa Kaka, journaliste nigérien, directeur général de Radio-télévision Saraounia (RTS) et ancien correspondant de Radio France internationale (RFI) au Niger.
Le 31 août 2026, vers 19 heures, Moussa Kaka a quitté les locaux de Radio Télévision Saraounia à Niamey afin de regagner son domicile. Il n’est toutefois jamais arrivé chez lui et n’a plus donné de nouvelles à sa famille et à ses collègues. Son véhicule serait également introuvable.
Selon ses proches, Moussa Kaka aurait pu être intercepté alors qu’il se trouvait sur le chemin de son domicile, avant d’être conduit vers une destination qui demeure inconnue. À la date de la publication de cet appel urgent, les circonstances exactes de sa disparition ainsi que le lieu où il pourrait se trouver ne sont donc pas établis.
Toutefois, cette disparition intervient dans un contexte particulièrement trouble au Niger, quelques jours seulement après les événements du 29 août 2026, au cours desquels une tentative de coup d’État avortée avait notamment visé le palais présidentiel et plusieurs sites militaires à Niamey.
La disparition de Moussa Kaka est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient alors que les autorités nigériennes ont, ces derniers mois, renforcé les restrictions visant les journalistes et la liberté de la presse.
Le 3 novembre 2025, Moussa Kaka avait été interpellé avec cinq autres journalistes dont Abdoul Aziz Idé, secrétaire de rédaction de RTS, Ibro Chaibou, animateur du « club de la presse » et secrétaire de rédaction de la RTS, Youssouf Seriba, directeur de publication du site « Échos du Niger », Oumarou Kané, fondateur de l’hebdomadaire satirique « Le Hérisson » et Souleymane Brah, directeur de publication de La Voix du peuple.
Leurs arrestations étaient intervenues après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une invitation à une conférence de presse du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP). Les trois journalistes avaient été poursuivis pour « complicité de diffusion de document de nature à troubler l’ordre public » avant d’être remis en liberté sous caution. Ils avaient ensuite été inculpés de « complicité dans la diffusion d’informations susceptibles de troubler l’ordre public » en vertu de l’article 31 de la loi sur la cybercriminalité (Loi n°2019-33 du 3 juillet 2019). Certains d’entre eux, dont Moussa Kaka, avaient été libérés sous caution. Ses confrères Youssouf Seriba, Oumarou Kané ainsi que Ibro Chaïbou ont été respectivement libérés en juillet et août 2026.
L’Observatoire est profondément préoccupé par la disparition de Moussa Kaka qui survient dans un contexte de restrictions croissantes de la liberté de la presse et de répression des voix critiques au Niger. Si aucun élément ne permet, pour l’instant, d’établir un lien entre ses activités journalistiques et de défense des droits humains et sa disparition, la situation exige que les autorités nigériennes se mobilisent pour qu’une enquête soit ouverte sans délai.
L’Observatoire appelle ainsi les autorités nigériennes à prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires afin de localiser Moussa Kaka, d’établir les circonstances exactes de sa disparition et de garantir son intégrité physique et psychologique.
Actions requises :
L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités de transition au pouvoir au Niger en leur demandant de :
– Prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour localiser Moussa Kaka et garantir son intégrité physique et psychologique ;
– Faire toute la lumière sur les circonstances de sa disparition et déterminer, dans le cadre d’une enquête indépendante, impartiale et approfondie, les responsabilités éventuelles ;
– Garantir en toutes circonstances le respect de la liberté de la presse et de la liberté d’expression au Niger, ainsi que la sécurité des journalistes et des défenseur·es des droits humains ;
Adresses :
• Général d’armée Abdourahamane Tiani, Président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie, Email : communication@presidence.ne ; X : @PresidenceNiger, @NIGER_CNSP
• M. Alio Daouda, Ministre de la Justice et des droits de l’Homme, Garde des sceaux du Niger, Email : ministere.justice@justice.gouv.ne, X : @ministere_niger
• S.E. M. Alhassane Idé, Ambassadeur, Mission permanente du Niger auprès de l’Union européenne, Email : info@ambaniger-bruxelles.be, ambassadedunigerbelgique@yahoo.be
• S.E. M. Ado Garba, Représentant permanent du Niger, Mission permanente du Niger auprès des Nations unies à Genève, Email : missionduniger1@gmail.com
Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Niger dans vos pays respectifs.
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Paris-Genève, le 7 septembre 2026.
Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toute action entreprise en indiquant le code de cet appel.
L’Observatoire, partenariat de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits humains victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. La FIDH et l’OMCT sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits humains mis en œuvre par la société civile internationale.
Pour contacter l’Observatoire, appeler la ligne d’urgence :
• E-mail : alert@observatoryfordefenders.org
• Tel FIDH : +33 1 43 55 25 18
• Tel OMCT : + 41 22 809 49 39