Texte initialement paru sur LinkedIn ►, mardi 15 juillet 2026
Le 8 juillet 2026, le gouvernement a transmis au Conseil supérieur de l’énergie un nouveau projet d’arrêté, abaissant le coefficient d’énergie primaire de l’électricité dans le DPE. Même période, même méthode : il y a tout juste un an, une décision similaire était prise au cœur de l’été, à bas bruit, malgré ses impacts sociaux. Après une première diminution de 2,3 à 1,9, le gouvernement souhaite désormais abaisser le coefficient de 1,9 à 1,7.
On fait le point sur les conséquences :
● Derrière cette mesure d’apparence technique, ce sont 300 000 logements selon les chiffres avancés par le gouvernement qui sortiraient du statut de passoire, sans qu’aucun travaux ne soient réalisés. Nous estimons que ce sont en réalité quasiment 700 000 logements qui seront concernés par cette réforme. Soit autant de ménages qui continueront de vivre dans des logements indignes, mais qui sortiront des statistiques des passoires, et donc des priorités des politiques de rénovation.
● Parmi les logements concernés, plus de 125 000 font partie du parc locatif privé, selon les éléments avancés par le gouvernement. Double peine pour les locataires : d’abord l’incitation des propriétaires à rénover leur logement s’éloigne avec cette revalorisation artificielle du DPE ; ensuite, la sortie du statut de passoire lève le gel des loyers : le risque d’une hausse est réel.
Résultat : de nombreux ménages vont payer plus cher un logement qui reste, dans les faits, une passoire.
Avec la réforme de l’année précédente, ce sont donc bien plus d’1 million de logements qui sortent, sur le papier, de leur statut de passoire, tout en restant, dans les faits, tout aussi indignes. Un million de foyers laissés à leur sort. Cette décision gouvernementale , dans une période où les vagues de chaleur frappent en premier lieu les occupants de ces logements, est incompréhensible.
Pour protéger des vagues de chaleur comme du froid en hiver, la solution est la même : une politique ambitieuse de rénovation, pensée en lien avec le déploiement de pompes à chaleur et de solutions de climatisations performantes. Le reste n’est, au mieux, qu’un palliatif.