Annette de Leos Carax, ou un film qui finit par s'empêtrer dans une futilité sans aucun intérêt ! - CulturAdvisor

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Sorti dans plusieurs villes de France, en même temps que sa projection à Cannes pour l’ouverture du festival, Annette, de Leos Carax, divise le public comme la critique. Film fleuve utilisant les ficelles de la comédie musicale, avec un casting pourtant magnifique et des images somptueuses, il s’enferre dans une futilité sans aucun intérêt. Annette de Leos Carax, avec Adam Driver, Marion Cotillard et Simon Helberg, ou un film qui finit par s’empêtrer dans une futilité sans aucun intérêt !

La comédie musicale

Un par un, à la suite de Leos Carax, la troupe arrive dans l’image et l’image se met en mouvement. Comme souvent dans les comédies musicales, la troupe chante en marchant d’un bon pas pour donner le rythme, l’énergie. Et puis, les deux personnages, les deux stars, se séparent pour aller travailler, sur des scènes différentes, variété du stand-up pour lui et prestation lyrique pour Ann. Ils se retrouvent après les spectacles sous les flash des paparazzis. On est vraiment dans la comédie musicale, avec tous ses thèmes de prédilection, l’amour, le star system, la gaieté et les chansons. Mais en général, ces images sont la fin du film.

Les acteurs chantent en direct

Car l’histoire d’Annette, le propos, le thème, on ne sait pas comment l’appeler tant il est insaisissable, c’est l’amour entre eux deux. Pendant un bon premier tiers du film, ils répètent qu’ils s’aiment.  » We love each other so much !  » C’est le mantra décliné en refrains et couplets. Ça ne se voit pas vraiment, mais ils le chantent. Les images sont belles, font appel au kitsch, au vintage, au glamour, à l’outrancier dans le coté terriblement américain. Les chansons s’enchaînent, pas formidables. Ce sont vraiment les acteurs qui chantent. Et qui chantent en direct, au moment du filmage. La bande son n’est pas rajoutée. Ils ont donc un grand mérite, eux qui ne sont pas chanteurs, et n’ont pas droit à l’erreur.

Annette de Leos Carax, avec Adam Driver, Marion Cotillard et Simon Helberg, ou un film qui finit par s’empêtrer dans une futilité sans aucun intérêt !

Les masques tombent !

Et puis, vient bien sûr un bébé, une fille, Annette qui donne son nom au film. La scène de la naissance est la seule vraiment réussie, vraiment drôle de ce très long métrage. Et pourtant, le bébé qui naît est une belle marionnette de bois, mais un horrible bébé. Et tout se détraque. Henry McHenry loupe ses rendez-vous avec le public, s’aigrit, se détériore, devient violent et pour finir, tue sa femme. Pour continuer sur le même train de vie, il fait chanter sa fille. Qui n’est, en fait, pas sa fille. Et qui, un beau jour, ne veut plus chanter et le dénonce comme assassin de sa femme et de son meilleur ami, son père en fait. Puis elle redevient humaine. Les masques tombent !

C’est très long – 2h20 – pour une histoire sans intérêt

C’est joli parfois, grandiloquent souvent, grotesque même, qui se voudrait assumé, mais ne l’est pas toujours. Des moyens considérables et tellement visibles ne sauvent rien. Ça aurait pu être ironique, une sorte de parodie analytique des comédies musicales. Il n’en est rien parce que le film n’est rien : pas prenant, pas enthousiasmant, pas drôle et pas enlevé. L’intérêt du spectateur ne résiste pas aux longueurs et aux show auquel on ne peut pas croire : les stand-up nuls et interminables de Henry, les faux moments lyriques d’Ann sur des scènes pseudo grecques (naissance de la tragédie, voyez…), noyées dans la fumée.

Même les acteurs ne sont pas vraiment intéressants

On a l’impression qu’Adam Driver est totalement contraint dans un rôle qui ne lui va pas et que Marion Cotillard est poussée dans ses plus mauvais sourires forcés. L’idée de la marionnette est amusante, mais son utilité si réduite, qu’elle tombe dans la futilité.

Alors, bien sûr, c’est du cinéma, et même du cinéma hollywoodien, c’est-à-dire le nec plus ultra. Qui, parfois, peut avoir des ratés ! Comme cette Annette, qui pourtant est virtuose, démesuré, visuellement réussi, mais creux et sans intérêt.

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Par Bernard Cassat. MagCentre.

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