Exposition Cézanne et nous au Grand Palais à Paris, ou quand un peintre change le regard sur l’art ! - CulturAdvisor

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Du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027, le Grand Palais à Paris consacre une exposition exceptionnelle à Paul Cézanne et à l’influence considérable qu’il a exercée sur l’art moderne. Avec près de 180 œuvres, dont 69 de Cézanne et 105 réalisées par 78 artistes qui se sont confrontés à son travail, Cézanne et nous raconte plus d’un siècle de filiations artistiques. De Gauguin à Matisse, Picasso, Mondrian, Joan Mitchell, Bridget Riley ou Peter Doig, l’exposition montre comment un peintre longtemps incompris est devenu une référence majeure pour les générations suivantes. Une occasion de redécouvrir une œuvre qui continue de questionner notre manière de regarder la peinture. Exposition Cézanne et nous au Grand Palais à Paris, ou quand un peintre change le regard sur l’art !

Paul Cézanne, le peintre qui voulait « faire du Poussin sur nature »

Né à Aix-en-Provence en 1839 et mort dans la même ville en 1906, Paul Cézanne occupe une position singulière dans l’histoire de la peinture. Après ses débuts à Paris et une période proche des impressionnistes, notamment aux côtés de Camille Pissarro, il s’éloigne progressivement de leur manière de peindre pour chercher une construction plus solide et plus durable de l’image.

Paysages, portraits, natures mortes, baigneurs : Cézanne reprend des sujets familiers mais les soumet à une recherche picturale radicale. La montagne Sainte-Victoire, qu’il peint inlassablement depuis les environs d’Aix, devient ainsi bien davantage qu’un paysage : elle lui permet d’expérimenter les rapports entre formes, couleurs, volumes et espace. Dans ses natures mortes, les objets ordinaires deviennent eux aussi des terrains d’expérimentation. Nature morte aux oignons, par exemple, témoigne de cette attention portée à la construction de l’espace et à la matérialité de la peinture.

Son ambition ne consiste pas simplement à reproduire ce que l’œil voit. Cézanne cherche à rendre perceptible la structure du monde, quitte à déformer légèrement les objets, à multiplier les points de vue et à faire apparaître la construction même du tableau. Ses Joueurs de cartes, ses paysages et ses baigneurs annoncent ainsi certaines des ruptures de la peinture du XXe siècle. Ainsi, Picasso ira jusqu’à voir en Cézanne une sorte de « père » des peintres modernes.

Paul Cézanne – La montagne Sainte-Victoire (1885-1895). (Exposition Cézanne et nous au Grand Palais à Paris, ou quand un peintre change le regard sur l’art !).

« Cézanne et nous » : une exposition sur l’influence plutôt qu’un simple hommage

Présentée au Grand Palais, à Paris, du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027, Cézanne et nous propose une approche originale : plutôt que de raconter uniquement la vie du peintre, elle s’intéresse à ce que son œuvre a provoqué chez ceux qui l’ont regardée. L’exposition est coproduite par le Grand Palais, le Centre Pompidou et l’établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie.

Les 174 œuvres réunies mettent ainsi en regard 69 œuvres de Cézanne avec celles de 78 artistes qui, de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui, ont étudié, repris ou transformé ses recherches. Gauguin, Matisse, Picasso, Mondrian, mais aussi Joan Mitchell, Bridget Riley ou Peter Doig témoignent de la diversité de cette postérité.

Le parcours permet notamment de comprendre comment Cézanne, pourtant confronté à de nombreux échecs et longtemps considéré comme un peintre difficile, est découvert par de jeunes artistes à la fin des années 1880. Dans la boutique du père Tanguy, à Paris, ses toiles deviennent pour certains une révélation. Leur radicalité ouvre la voie à de nouvelles manières de penser la peinture, jusqu’aux recherches qui conduiront progressivement vers l’abstraction.

L’intérêt de l’exposition tient donc à ce double regard : regarder Cézanne, mais aussi regarder ceux qui ont regardé Cézanne. Une manière particulièrement stimulante de comprendre comment se construit une histoire de l’art, entre influences, ruptures, appropriations et réinventions.

Exposition Cézanne et nous au Grand Palais à Paris, ou quand un peintre change le regard sur l’art !

À découvrir en famille

Cézanne et nous peut se découvrir avec des enfants sans attendre qu’ils possèdent des connaissances en histoire de l’art. Le parcours offre au contraire de nombreuses portes d’entrée très concrètes : observer une montagne, une nature morte ou des personnages, comparer deux tableaux, repérer les couleurs, les formes et les différences de composition. Le Grand Palais propose par ailleurs des offres spécifiques pour les familles et les groupes scolaires.

En maternelle – cycle 1

Une visite peut privilégier l’observation et le langage : « Que vois-tu ? », « Quelles formes reconnais-tu ? », « Quelles couleurs remarques-tu ? ». De retour en classe, ou à la maison, les enfants peuvent réaliser une composition inspirée d’un paysage de Cézanne en travaillant formes, couleurs et gestes. Cette démarche rejoint le domaine « Agir, s’exprimer, comprendre à travers les activités artistiques », qui donne une place importante aux arts du visuel et à la rencontre avec les œuvres.

Du CP au CM2 – cycles 2 et 3

L’exposition permet d’approfondir la représentation du monde : dessiner une nature morte, comparer une photographie et une peinture d’un même paysage, expérimenter différentes manières de représenter une pomme ou une montagne. Les arts plastiques travaillent notamment la représentation, la matérialité, la couleur et la relation entre l’œuvre et le regardeur.

Au collège – cycles 3 et 4

Cézanne devient un excellent point de départ pour étudier la naissance de l’art moderne. Les élèves peuvent comparer une œuvre de Cézanne avec Picasso, Matisse ou Mondrian et réfléchir à la notion d’influence. L’histoire des arts invite précisément à identifier, analyser et situer les œuvres pour mieux comprendre leurs relations.

Au lycée

L’exposition ouvre enfin sur des problématiques plus ambitieuses : comment un artiste transforme-t-il les codes de son époque ? Comment une œuvre devient-elle une référence ? Pourquoi les générations suivantes s’en emparent-elles ? Ces questions trouvent naturellement leur place dans les enseignements d’arts plastiques et d’histoire des arts, qui encouragent la mise en relation des œuvres, des artistes et des contextes de création.

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Hakim Aoudia.

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