Les toilettes scolaires ne constituent ni un objet de recherche prisé ni un sujet central du fonctionnement des établissements. Elles restent bien souvent peu discutées, voire taboues. Pourtant, leur état, leur accessibilité et les conditions dans lesquelles les élèves peuvent – ou non – les utiliser, constituent un véritable enjeu de santé publique et de bien-être à l’école.
C’est dans ce contexte que le projet Repatocoly – REcherche PArticipative sur les TOilettes au COllège et au LYcée a été mené entre 2024 et 2025. Financé par la Région Bretagne et coordonné par l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et l’association Promotion Santé Bretagne, ce projet a réuni chercheur·ses, élèves et équipes éducatives de deux établissements bretons pour explorer ensemble les usages, les représentations et les difficultés associés aux toilettes scolaires.
Afin de prolonger ce travail, l’EHESP annonce la poursuite de la démarche avec le projet Repato2 – REcherche PArticipative sur les TOilettes dans le Secondaire sur la période 2026-2028.
Repatocoly : un projet de recherche sur les toilettes scolaires avec et pour les personnes concernées
Fondé sur une démarche participative, le projet Repatocoly visait à faire émerger une compréhension partagée du problème tout en associant les personnes concernées à la recherche de solution. En complément de cette recherche, l’enquête nationale EnCLASS s’est intéressée pour la première fois en 2024, aux représentations et aux usages des toilettes scolaires au collège. Les résultats montrent que seule la moitié des collégiens et collégiennes déclare se rendre aux toilettes sans retenue en cas de besoin d’uriner et que près des deux tiers estiment que les toilettes de leur établissement ne sont pas propres. Au-delà de documenter le problème, Repatocoly avait aussi pour objectif de faire émerger des pistes concrètes pour agir. Les participants ont contribué à concevoir des outils d’animation autour de ce sujet dont :
- un jeu de photo-expression ;
- des escape games.
Des actions qui ont permis aux élèves et aux équipes éducatives d’échanger sur leurs expériences et leurs perceptions des toilettes scolaires. La vidéo de présentation donne à voir sur cette démarche, l’expérience des établissements participants et les outils développés au cours du projet.
Reptato2 : poursuivre la démarche et préparer son déploiement au sein des établissements scolaires
Si Repatocoly a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives, comment permettre à d’autres établissements de s’approprier cette démarche voire ces outils afin d’améliorer la situation de leurs toilettes scolaires et le bien-être des élèves ? Pour répondre à cette question, un nouveau projet de recherche participative : Repato2 – REcherche PArticipative sur les TOilettes dans le Secondaire, soutenu à nouveau par la Région Bretagne, prolonge ce travail. Il vise à poursuivre la démarche expérimentée dans Repatocoly et à comprendre dans quelles conditions favoriser le dialogue et l’action autour des toilettes scolaires, le cas échant à partir des outils développés dans Repatocoly et à l’aide d’un kit d’accompagnement des équipes.
« Dans une logique d’école promotrice de santé, l’objectif est d’aider les établissements scolaires à créer un environnement propice à l’expression et à la levée des tabous entourant les toilettes voire à la modification des usages. »
Emmanuelle Godeau, enseignante-chercheuse à l’EHESP et coordinatrice du projet.
L’enjeu est de comprendre dans quelles conditions et par quels mécanismes cette démarche peut faire évoluer les représentations et les usages des toilettes et contribuer au bien-être des élèves. Il s’agit également d’étudier sa transférabilité, autrement dit d’identifier ce qui permettrait à d’autres établissements de se l’approprier et de l’adapter à leur contexte. L’objectif, à terme, est de disposer de connaissances et de repères concrets pour accompagner un déploiement de la démarche plus large au sein des collèges et lycées.