Rochefort-Océan : un AJT’er Work inspirant à Paris

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Rochefort-Océan : un AJT’er Work inspirant à Paris

Mercredi 4 février, l’AJT a renouvelé l’expérience de son nouveau format de rencontre : “AJT’er Work” – Destination. Pour cette seconde édition, après une inauguration réussie l’an passé par le Ventoux, c’est la destination Rochefort-Océan qui était à l’honneur à la Maison de la Nouvelle-Aquitaine.

Cette escale parisienne n’aurait pu voir le jour sans l’entremise du Club de la presse des Offices de tourisme et l’implication de son président, Lesly Reynaud. C’est grâce à cette mise en contact que l’AJT a pu sceller ce partenariat avec Rochefort-Océan, nous offrant une immersion complète dans les enjeux et les pépites du territoire.

En ouverture, Philippe Bourget, président de l’AJT, a rappelé l’esprit de ces rendez-vous : un moment d’échange direct, utile et sans fioritures, pensé pour tisser des liens concrets entre les journalistes de l’association et les acteurs de terrain.

Le président, Philippe Bourget, ouvre la soirée et présente nos partenaires de la soirée : Cécile Cailhol, Ronan Lucas et Charlotte Drahé de Rochefort-Océan.
Une destination « à taille humaine » qui joue collectif

Sous la conduite de Cécile Cailhol, responsable promotion et relation presse de l’office de tourisme, les invités ont plongé dans l’ADN de Rochefort-Océan. Ici, le tourisme ne se “force” pas. Il se cultive avec un souci constant de l’équilibre. Le territoire, labellisé Grand Site de France depuis 2020 pour l’ensemble “Estuaire de la Charente – Arsenal de Rochefort”, prépare d’ailleurs activement le renouvellement de cette distinction pour 2026.

Le message est clair : paysages préservés, flux maîtrisés et tourisme responsable ne sont pas des slogans, mais une réalité opérationnelle. Pour le journaliste, c’est la promesse de sujets authentiques, loin du surtourisme, où la qualité de vie des habitants reste le premier gage de l’accueil des visiteurs.

Les journalistes de l'AJT à l'écoute !
Un décor de pierre et d’eau au service du récit

Rochefort-Océan, c’est d’abord une géographie singulière. Ville “neuve” du XVIIe siècle née de la volonté de Louis XIV, Rochefort déploie son urbanisme en damier et ses joyaux industriels, à l’image de la spectaculaire Corderie Royale.

Mais la destination s’étire bien au-delà des remparts avec :

  • Le Pont Transbordeur, dernier géant d’acier de ce type en France, aujourd’hui encore trait d’union pour les piétons et cyclistes.
  • Un archipel de sentinelles : Fort Boyard, l’Île d’Aix, ou encore l’Île Madame, accessible à pied au rythme des marées.
  • Le clin d’œil « Vintage » : En 2026, la destination fêtera les 60 ans du tournage des Demoiselles de Rochefort. Un événement prévu fin mai qui promet de remettre de la couleur dans les rues de la cité.
La Maison Pierre Loti se dévoile

C’est un des points chauds du patrimoine local : la Maison Pierre Loti, personnage fantasque, écrivain, marin, très attaché à sa ville de Rochefort. Elle a été rouverte en juin 2025 après une douzaine d’années de travaux. Véritable invitation au voyage immobile, ce lieu est victime de son succès. Avec des jauges limitées à 10 personnes par visite, les réservations sont quasiment closes et même difficiles pour tout projet de reportage. À noter : Dès juin prochain, des créneaux d’une heure avec audioguide devraient permettre d’élargir l’accès à ce temple de l’exotisme.

Ronan Lucas, directeur délégué adjoint du Parc naturel marin de l’Estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis. ©Frédérique Hermine
Le vivant comme fil rouge : entre marais et océan

Ronan Lucas, directeur délégué adjoint du Parc naturel marin de l’Estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, a apporté un éclairage sur cet écosystème de transition. Dans cet estuaire où l’eau douce rencontre le sel, les vasières sont des “usines” biologiques ultra-productives. C’est ici que bat le cœur de la conchyliculture française (huîtres et moules de bouchots). Pour sensibiliser sans interdire, le Parc mise sur l’immersion (exposition au Fort Liédot, au cœur de la forêt de l’île d’Aix) et la pédagogie via une charte de bonnes pratiques destinée aux pros des loisirs.

Oiseaux, sensibilisation et tourisme plus responsable

Le cœur de son propos, ce sont aussi les oiseaux. Ronan Lucas a rappelé que la mer des Pertuis constitue une halte migratoire exceptionnelle, notamment en hiver : les oiseaux y trouvent un garde-manger énorme (vers, petits coquillages, invertébrés) dans des zones abritées des tempêtes par les îles, avec des vasières et des petits fonds où chacun peut s’alimenter selon sa taille et sa technique de recherche. À marée haute, les marais deviennent des zones de repos indispensables. Ce jeu permanent entre mer et terre fait du site un maillon crucial des routes migratoires. Il cite l’exemple du bécasseau sanderling, venu du nord de l’Europe, qui peut reprendre des forces ici… à condition de ne pas être trop dérangé. D’où une responsabilité presque internationale : certaines espèces peuvent concentrer une part énorme, parfois l’essentiel, de leurs effectifs sur cet écosystème à une période donnée.

Mobilités douces et surprises écologiques

Rochefort-Océan se prête admirablement au “sans voiture”. Entre les boucles cyclables et les traversées fluviales, l’itinérance douce est reine. A découvrir : la station de lagunage, un site de traitement des eaux 100 % naturel devenu un spot d’observation ornithologique majeur en partenariat avec la LPO. Enfin, grâce au thermalisme (15 000 curistes par an), la ville reste vivante de février à décembre.

Charlotte Drahé, administratrice des musées de la Marine et de l’ancienne École de médecine navale.
Le Musée national de la Marine : la sentinelle de l’Arsenal fait peau neuve

L’intervention de Charlotte Drahé, administratrice des musées de la Marine et de l’ancienne École de médecine navale, a rappelé la place centrale du Musée national de la Marine dans le paysage rochefortais. Institution rattachée au ministère des Armées, le musée fonctionne en réseau de Paris à Toulon, faisant dialoguer toutes les cultures maritimes.

À Rochefort, le musée s’incarne dans l’ancienne résidence des commandants de la Marine. Ce monument historique vient de bénéficier d’une restauration méticuleuse, retrouvant ses couleurs d’époque, souvent surprenantes, et l’éclat de son escalier d’honneur.

Une riche actualité :
  • Le 14 février 2026 : Réouverture des portes après une refonte muséographique complète. Nouveau parcours, scénographie contemporaine en bois et éclairages modernisés subliment 350 ans d’histoire.
  • L’angle Pierre Loti : Le parcours souligne le destin de Julien Viaud, l’officier de marine derrière la plume de Loti.
  • Cap sur 2026 : Le musée sera le fer de lance des célébrations des 400 ans de la Marine, fondée en 1626 par Richelieu.

La Charente dans l’assiette

La soirée s’est clôturée par une dégustation du terroir : des huîtres de l’estuaire, des Pâtés de ragondin, des rillettes de salicorne, des fromages de chèvres locaux, une jonchée onctueuse, et étonnante pour les non-connaisseurs – un fromage frais étonnant –, le pineau des Charentes blanc et rouge – excellent –, les bières artisanales de l’Île d’Aix, des jus de fruits locaux et des galettes charentaises. La fin du workshop fut très appréciée, même par une “hirondelle”…

Rochefort-Océan se présente comme une destination complète, cohérente, riche en angles “patrimoine + nature”, et très prête à accueillir des sujets… Une belle promesse de reportages, pour les membres de l’AJT avec ce petit supplément d’âme maritime qu’on ne fabrique pas : il se transmet.

Caroline Paux

Recapiti
AJT