Mademoiselle de Park Chan-Wook : un film fastueusement fastidieux ! - CulturAdvisor

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Mademoiselle est d’abord un film d’escrocs et de faux-semblants, parcouru d’érotisme. Dans une crépusculaire Corée sous occupation japonaise, qui impose aux dialogues une double langue (avec des sous-titres blancs ou jaunes, suivant que l’on parle japonais ou coréen), ce film développe une intrigue basée, tout à la fois, sur une duperie au troisième degré et la décadence d’une bourgeoisie collaborationniste, où la fascination pour la culture et le pouvoir de l’occupant japonais rend toute identité culturelle, et donc sexuelle, incertaine. Mademoiselle de Park Chan-Wook, avec Kim Min-Hee, Tae-ri Kim et Jung-woo Ha : un film fastueusement fastidieux !

Un univers instable qui transpire le sadisme

Dans cet univers instable, l’étrange château de Mademoiselle, riche héritière convoitée par un pseudo-comte escroc, est un manoir labyrinthe qui mêle une architecture victorienne surchargée à l’épure japonaise, et dont le centre est la riche bibliothèque, métaphore de l’écrit comme seule certitude et lieu de lecture par une femme de textes érotiques pour des hommes condamnés à la textualité de la sexualité, où le sexe ne se vit plus que par les mots. Le sadisme, qui transpire de ces lectures, parait satisfaire cet aréopage de pervers gentlemen, semblant tout droit sortis de “La volonté de savoir” de Michel Foucault, qui dans son histoire de la sexualité, s’intéresse à cet anonyme anglais qui n’écrivit pas moins de onze volumes sur sa vie sexuelle (My secret Life)…

Mademoiselle de Park Chan-Wook, avec Kim Min-Hee, Tae-ri Kim et Jung-woo Ha : un film fastueusement fastidieux !

Un scénario qui donne peu d’amplitude au sujet

Mais toute cette belle construction esthétisante, filmée avec un maniérisme à la hauteur du décor, ne tient pas faute d’un scénario qui donne peu d’amplitude au sujet. Ainsi, si la première partie nous intrigue par sa machination sophistiquée, la deuxième s’enlise dans une déconstruction de la première avec un interminable flash-back démonstratif. Quant à la troisième partie, elle consiste à opposer, dans une sorte d’apothéose fantastique, le tête à tête de deux hommes dans une sanglante émasculation digitale, à un corps à corps féminin comme révélation ultime d’un absolu de la sexualité.

Tout ce faste ne fait pas sens…

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Par Gérard Poitou. MagCentre.

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