Succès assuré pour « La correspondante« , un roman épistolaire de la veine de « 84, Charing Cross Road« . Une lecture facile et délicieuse, dans un style typiquement anglo-saxon. L’américaine Virginia Evans fait une entrée remarquée dans le monde littéraire avec ce premier livre, La correspondante, un roman épistolaire qui connait déjà un beau succès. La traduction de l’anglais (US) est signée par Leïla Colombier. Livre : La correspondante de Virginia Evans, aux Éditions de La Table Ronde, ou un roman épistolaire au succès assuré !
La correspondance constitue sa façon de vivre
Sybil est une vieille dame. Cette ancienne avocate vient d’avoir 73 ans, elle vit seule à Annapolis sur la côte est des US entre Washington et Baltimore.
Elle a des enfants (adultes), un fils : Bruce, une fille : Fiona, et même des petits-enfants.
Elle entretient de nombreux échanges épistolaires avec des correspondants de toute sorte : sa famille bien sûr, des ami(e)s, des auteur(e)s de romans (elle lit beaucoup), et même quelques célébrités, …
« Le lundi, autour de dix heures ou dix heures et demie, Sybil Van Antwerp s’assoit à son bureau. La correspondance constitue sa façon de vivre. »
Le voile que procurent l’encre et la page
Les courts chapitres sont faits de ces lettres, celles qu’elle envoie – ou pas, celles qu’elle reçoit, et même quelques e-mails. On retrouvera même quelques lettres de jeunesse au fond d’une vieille boîte.
Pour cette ancienne avocate, l’important c’est « le mot écrit noir sur blanc. Ce sont les lettres. Les livres. La loi. Tout ça va ensemble. »
Et peut-être puise-t-elle son assurance « derrière le voile que procurent l’encre et la page ».
Un récit captivant
Les lettres sont l’occasion de partager quelques petits riens de l’ordinaire, ces toutes petites choses dont la vie est faite comme l’écrivait Christine Montalbetti.
« Je vais bien. Nous avons eu un beau printemps. Mes dahlias resplendissent, je suis très contente. Et voilà à quoi j’en suis réduite, une vieille dame en train de faire son rapport de jardinage. »
Mais au fil des échanges qui se croisent, on devine quelques petites intrigues, quelques secrets qui vont se dévoiler peu à peu : le livre est remarquablement construit et se lit comme un récit captivant.
Il y a des lecteurs compulsifs, Sybil est une correspondante assidue :
« Comment est-ce que je remplissais mes journées ? En lisant, en écrivant des lettres ? Rien d’autre que ça ? »
une habitude si désuète et peu pratique
Qu’est-ce donc qui attire inexorablement les lecteurs (qui nous attire) vers les romans épistolaires ?
Serait-ce parce que le courrier postal est une espèce en voie de disparition à l’heure des réseaux numériques et de l’immédiateté ? Parce que les services postaux vont bientôt s’arrêter ?
Ou parce qu’écrire une lettre est devenu un geste démodé, désormais lourdement chargé de nostalgie, comme le dit si bien l’un des personnages : « je suis curieux de savoir comment, ou pourquoi, vous avez pu garder une habitude si désuète et peu pratique ».
Ou peut-être parce que sous sa forme littéraire (le roman), l’échange épistolaire est une adresse à un correspondant qui n’est que de fiction, et donc finalement plutôt au lecteur lui-même ? Alors le style, la syntaxe, de la lettre répondent à des codes qui interpellent et mobilisent le lecteur, seul réel destinataire de la lettre du roman.
Une excellente recette
Quoiqu’il en soit, on ne compte plus les récits épistolaires devenus des best-sellers comme le terrible Inconnu à cette adresse ou le plus sympathique Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ou encore le 84, Charing Cross Road, qui est d’ailleurs cité dans ce roman.
La correspondante partage d’ailleurs pas mal de points communs avec Charing Cross : dans les deux cas, il est question de correspondance bien sûr, mais également de livres et de lectures. Les ingrédients essentiels d’une excellente recette qui a fait ses preuves et qui sait toujours régaler ses lecteurs.
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Par Bruno Ménétrier. Les bouquins de Bruno Ménétrier.