Chez nous de Lucas Belvaux, ou un film près de chez vous ! - CulturAdvisor

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Chez nous” est un film courageux et il est assez rare dans le cinéma français de s’attaquer de front à un vrai sujet politique, pour ne pas saluer cette tentative de description de l’intérieur du phénomène politique français le plus inquiétant de ces trente dernières années. Chez nous de Lucas Belvaux, avec Émilie Dequenne, André Dussollier et Guillaume Gouix, ou un film près de chez vous !

Une fiction d’analyse politique convaincante ?

Mais le courage suffit-il pour construire une fiction d’analyse politique convaincante ? À l’évidence, le personnage trop parfait de l’infirmière (Émilie Dequenne), entièrement dévouée à ses patients, comme à son père et à ses enfants, naïve colombe prise au piège des manipulations politiques, manque singulièrement d’épaisseur. À trop vouloir démontrer, le film ne laisse aucune autonomie fictionnelle à ce personnage totalement surdéterminé, qui finirait même par nous faire oublier que dans l’attirance pour le parti d’extrême droite, il y a toujours une dose de racisme et de xénophobie, ce qui n’échappe pas au père, vieux militant communiste resté fidèle à ses idées.

Chez nous de Lucas Belvaux, avec Émilie Dequenne, André Dussollier et Guillaume Gouix, ou un film près de chez vous !

L’ange rencontre le démon

Quant au personnage du médecin de province manipulateur de l’oie blanche, de la pauvre infirmière incapable de dépasser le vouvoiement imposé par une hiérarchie sociale qui autorise le médecin à la tutoyer, il manque à ce personnage un petit coté “chabrolien” pour qu’il soit un peu convaincant, et disons-le, le rôle convient à Dussolier comme une moufle à un manchot…

En fait, le film ne démarre vraiment que lorsque l’ange rencontre le démon, lorsque Pauline retrouve, par un hasard un peu téléphoné, un amour d’adolescence perdu de vue (Guillaume Gouix), devenu entre temps petite frappe (il fut un temps, on disait nervis fasciste), en charge des basses besognes du parti d’extrême droite.

Un manque de construction dramatique

Enfin, la fiction s’inscrit dans un réel quelque peu terrifiant, en nous plongeant dans cet univers trouble qui unit la vitrine officielle du parti d’extrême droite à des pratiques violentes de ratonnades et de provocations, l’autre réalité d’un parti “dédiabolisé”…

Dommage que “Chez nous”, dans sa description de ce phénomène politique inquiétant, soit une nouvelle illustration d’une certaine incapacité du cinéma français à bâtir des scénarios plus convaincants, qui sachent tisser message politique et fiction dramatique (on pense à “Moi, David Blake”), et la fin du film en forme de double pirouette illustre une ultime fois, ce manque de construction dramatique.

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Par Gérard Poitou. MagCentre.

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