Les Ami.es de l'Îlot 8 assignent en justice la délibération du Conseil Municipal pour le saccage programmé de l'Îlot 8, le déclassement et la vente d'espaces publics, l'invalidation du principe urbain original sur l'ensemble de la ZAC Basilique.

Compatibilità
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Photo ©B. Chaljub

Une course de vitesse est engagée.
Le 20 novembre la majorité du Conseil Municipal adopte une délibération décidant de la
résidentialisation de l’Îlot 8 conçu par Renée Gailhoustet (privatisation de fait des accès publics et
de la dalle) , de déclasser des espaces publics et de les vendre, avec pour conséquence la destruction
des escaliers et passerelles formant la promenade haute entre tous les îlots près de la Basilique.
Le 24 novembre les permis de construire sont déposés pour retourner les halls des locataires vers
les rues.
Le 26 novembre la demande est affichée, démarrage du compte à rebours de 2 mois pour autoriser
les permis de construire. Le délai tombe avant les municipales. La réhabilitation des appartements
n’y figure pas, il y faudrait une déclaration préalable qui pour l’heure n’est à notre connaissance
toujours pas déposée.
Le 10 décembre se crée l’association les Ami.es de l’Îlot 8 à Saint Denis Basilique, regroupant
habitant.es de l’Îlot 8, de la ZAC, dionysiens, architectes, urbanistes, et historiens de l’architecture, à
commencer par le Collectif des architectes et urbanistes de la ZAC.
Le 20 janvier un recours est déposé par les Ami.es de l’Îlot 8 contre la délibération du Conseil
Municipal qui est le socle autorisant l’ensemble du projet.
Les locataires sont opposé.es à la résidentialisation, et à la hausse des loyers et charges qui en
découlera. Ils l’ont fait savoir par pétition. Il n’ont jamais été reçu.es.

Le faux prétexte invoqué c’est la sécurité. Mais il n’y a pas plus d’insécurité ici qu’ailleurs, plutôt
moins. La véritable sécurité est assurée par la fréquentation régulière des habitants, la vie sociale et
citoyenne, l’ouverture au public, la tenue d’évènements partagés. La fermeture ou déplacement des
activités ou services publics n’y contribuent pas , alors qu’il y a là des espaces propices au vivre
ensemble, des locaux qui ont été fermés, dont la réouverture permettrait une vie citoyenne
démocratique sans problème de sécurité !

Photo ©LD

Le principe urbain original de l’ensemble de la ZAC Basilique se trouve invalidé par cette
décision.
Retourner les halls des locataires sur les rues c’est revenir à la séparation des espaces d’habitation et
de commerce alors que l’architecte est précisément reconnue pour avoir innové en inventant ces
solutions uniques de dialogue entre espaces sociaux, privés et publics.
Déclasser puis vendre et fermer le passage vers la grande place centrale Jean Jaurès n’ a même rien
à voir avec le projet de résidentialisation : c’est donner comme principe directeur le seul
développement commercial, alors que des milliers de dionysiens empruntent quotidiennement ces
passages pour se rendre au métro ou circuler dans la ville. A terme c’est la possibilité de fermer
complètement cet espace comme tous ces tristes centres commerciaux de banlieue plus ou moins en
déshérence. C’est ce que permet le vote d’une convention qui lie les collectivités publiques à la
SCI Commerce Basilique pour l’ensemble de l’opération.
Ce n’est pas seulement le caractère patrimonial du bâtiment de Renée Gailhoustet qui se perdrait :
dans la Zac et le centre-ville tout un projet urbain qui ne dit pas son nom a d’ailleurs débuté dans
les travaux autour du métro et Place Jean Jaurès, sans l’avis des dionysiens, et Saint-Denis pourrait
y perdre son âme.

Photo ©Pierre Trovel

Les verrières depuis la dalle ©Isabelle Concheiro

La promenade haute qui fait pourtant l’objet de visites patrimoniales, disparaîtra irrémédiablement
avec la démolition des passerelles, et avec elle cette audacieuse invention urbaine des architectes
Jean et Maria Deroche (ilot4) et Francis Gaussel (ilot9), aux côtés de cette équipe d’architectes
novateurs, Roland Simounet (ilot1), Bernard Paurd et Serge Lana (ilot2), Jacques Bardet (ilot3 et
12), , Olivier Girard (ilot5), Georges Maurios (ilot6), Guy Naizot (îlot 7), Henri Gaudin (ilot10),
Oscar Niemeyer qui font l’identité du Saint-Denis contemporain.

Le classement en cours Site Patrimonial Remarquable pour l’ensemble du centre-ville ancien n’est
pas protecteur, pas plus que le label architecture remarquable pour la ZAC qui se fait attendre
depuis plus d’un an, on ne sait pourquoi. Et quelle absurdité de démolir puis de prétendre classer ce
que l’on vient de démolir !

Ambiance sous les verrières

Les verrières depuis la dalle ©Isabelle Concheiro

Le 03 février, Ami.es de l’Îlot 8, Sites & Monuments et Docomomo ont renouvelé ensemble une
demande officielle d’instance de classement auprès de la Directrice Générale des Patrimoines et de
l’Architecture, qui pourrait bloquer le projet le temps d’un réexamen entre les parties concernées.
Le délai de deux mois p

Recapiti
François Besseron