Dès la première scène de la pauvre petite fille riche qui pleure sur son sort et s’inquiète de ce que penseront d’elle ses petits enfants, qu’elle n’a pas encore : une seule solution, la rigolade ! Pour le réconfort, un film de Vincent Macaigne, avec Emmanuel Matte, Pascal Rénéric et Laure Calamy : affreux, sales et méchants !
Un film visiblement très improvisé
Malheureusement, ce film n’assume pas le comique que les situations fictionnelles pourraient nous offrir, en guise de réconfort, en ces temps troublés. Non, il prend très au sérieux ce conflit existentiel entre les ignobles riches et les salauds de pauvres, avec comme simple prétention en haut de l’affiche (plagiant l’affiche du “Septième sceau” de Bergman), d’être “la claque du festival de Cannes” où il fut présenté dans une sélection bien nommée de l’association ACID.
Le débat est donc intense dans ce film visiblement très improvisé, entre les méchants gosses de riches, fainéants voyageurs qui piquent les copines des autres “juste parce qu’ils ont du fric”, et les pauvres sales qui se décarcassent pour faire avancer une société où le seul horizon se résume par quelques phrases d’une brulante contestation comme : “l’avenir de la France, c’est les vieux” et “les bourgeois sont des salauds parce qu’ils achètent des appartements en centre ville empêchant les étudiants de s’y loger”, le tout agrémenté d’une kyrielle de “connards” hurlés sur tous les tons, bref des dialogues d’une rare intensité…
Un film sale avec une image carré
Mais saviez-vous que les pauvres se comportent eux-mêmes comme des affreux dès que la moindre parcelle de pouvoir leur échoit ?
À cette misère intellectuelle prétentieuse, s’ajoute la volonté très avant-gardiste de faire un film sale avec une image carré (quelle audace !), cadrée n’importe comment, mal éclairée, pas étalonnée et montée à la “va que je te pousse”, ça fait genre, coco !
Alors, lassé de cette imposture malsaine, il vous restera le loisir de repérer, si vous êtes Orléanais, les différents lieux de tournage dans cette bonne ville, qui n’échappe pas, elle aussi, à la vindicte langagière du réalisateur.
À moins que vous n’ayez pris la judicieuse précaution de vous asseoir au bord de la rangée, pour vous échapper plus facilement de ce film rabougri d’un vieux qui ressasse, avant l’âge, ses platitudes aigries.
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Par Gérard Poitou. MagCentre.