Arthur est parti étudier dans le cadre d’un programme d’échange en Corée du Sud lors de sa deuxième année de licence en Histoire de l’art. Après son séjour à l’université de Myongji à Séoul en 2022 il a rédigé un guide avec des conseils pour les étudiants de l’UBE qui souhaitent partir dans le même pays.
Si vous avez décidé de partir en Corée je voudrais vous féliciter pour cette belle décision ! C’est une grande preuve de courage que de partir aussi loin, et d’aller étudier dans un pays qui vous est inconnu.
Il y a beaucoup d’avantages quand on part pendant sa période d’études comme notamment l’apprentissage ou l’approfondissement d’une ou plusieurs langues. Les études à l’étranger vont vous permettre, et encore plus en Corée du Sud, de découvrir une nouvelle culture, de nouvelles manières de faire et d’appréhender des choses faisant de vous des individus bien plus complets car mondialement connectés. Mondialement connectés, car partir à l’étranger va vous permettre de créer un nouveau cercle d’amis de partout dans le monde.
Outre tout ce qui va être relatif à l’enseignement, vous allez pouvoir vous découvrir vous-mêmes mais surtout la capacité à vous adapter, à vous débrouiller et devenir plus indépendants et autonomes plus rapidement que si vous étiez restés en France dans le confort de ce que vous connaissez. De plus, un étudiant qui a fait un semestre ou une année à l’étranger est très prisé lors des entretiens d’embauche et a plus de chance de trouver un travail. Alors, laissez-moi une nouvelle fois vous féliciter pour se choix de partir à l’étranger parce que je suis persuadé que vous allez adorer la Corée du Sud ! Ce choix qui peut vous paraître anodin, en vérité ne l’est pas et l’aventure vous ouvre les bras chaleureusement.
Démarches administratives
La première étape dans la préparation de votre mobilité sont les démarches liées à votre candidature auprès de l’UBE et auprès de l’université coréenne ainsi que l’obtention de visa, d’aides financières et d’autres documents importants. C’est sans doute la partie la plus pénible mais aussi la plus importante. Soyez réactifs, surtout en ce qui concerne les formalités auprès de l’université coréenne car vous serez prévenus au dernier moment des démarches à effectuer et tout devra être fait dans l’urgence.
AVANT LE DÉPART
Étape 1 : candidature à l’UBE
Pour partir, vous devez être sélectionnés par votre département, vous allez ensuite constituer votre dossier administratif de mobilité auprès du pôle des Relations internationales de l’Université Bourgogne Europe (UBE) via le logiciel Mobility-Online (plus d’informations sur la page Études à l’étranger). Un des documents à rendre sera le contrat d’études (learning agreement) où vous serez obligés de noter tous les cours que vous allez suivre à l’université coréenne.
Bon à savoir : pour avoir la liste des cours, vous pouvez utiliser l’application Naver Band qui sert de moyen de communication avec le bureau des relations internationales de l’université coréenne mais aussi avec des Oulami qui sont des étudiants coréens qui parlent anglais et accompagnent des étudiants internationaux. Si toutefois la communication ne se fait pas sur Naver Band, il faudra contacter le bureau des relations internationales de l’université de Myongji via leur site web. Attention – uniquement les cours de la liste que vous recevrez de leur part sont dispensés en anglais ! Ne paniquez pas si vous ne trouvez pas de cours en anglais en histoire de l’art – il y a toujours des solutions et les cours dispensés sont volontairement très larges à tel point que vous allez vous retrouver à parler de toutes les disciplines qui composent les sciences humaines. Votre learning agreement doit être signé par votre coordinateur d’échange à l’UBE mais aussi par l’université coréenne. Il arrive souvent que votre learning agreement change une fois arrivés à l’université partenaire – vous serez peut-être obligés de modifier votre choix de cours pour diverses raisons (emploi du temps, manque de places…).
Étape 2 : demande d’aides financières
Vous êtes potentiellement éligibles à plusieurs bourses si vous partez en Corée du Sud – la bourse du Conseil régional de Bourgogne-France-Comté et l’aide ministérielle à la mobilité internationale (dédiée aux boursiers du Crous qui gardent en parallèle leur bourse sur les critères sociaux même s’ils partent à l’étranger). Vous pouvez vous renseigner sur ces bourses sur la page Aides financières du pôle des Relations internationales. Renseignez-vous également auprès de l’ambassade coréenne en France s’il est possible d’obtenir la bourse du gouvernement coréen pendant votre mobilité.
Étape 3 : avoir toutes les assurances nécessaires indiquées par le pôle des Relations internationales
Consultez la page du pôle des Relations internationales de l’UBE Formalités obligatoires – paragraphe Souscrivez les assurances nécessaires.
En Corée j’avais le choix d’être rattaché à leur système de santé. La durée de la démarche : plusieurs semaines. Prix : environ 40 euros par mois. Même si cette option vous est proposée, il faudra quand même souscrire à une assurance privée avant de quitter la France afin d’être couverts pendant les premières semaines de votre séjour sur place, le temps de réaliser toutes les démarches nécessaires pour intégrer le système coréen. De toute façon il est obligatoire d’avoir une assurance pour le premier mois – il s’agit d’une demande de l’université de Myongji sans quoi vous ne pourrez pas entrer dans le pays.
Mais l’affiliation à l’assurance maladie coréenne n’est pas obligatoire – il est possible de souscrire à une assurance privée en France couvrant toute la période de votre séjour en Corée. Retrouvez les informations actualisées sur la couverture santé à l’étranger sur le site de l’assurance maladie française.
Étape 4 : candidature auprès de l’université de Myongji
En parallèle de la candidature via le logiciel de l’UBE Mobility Online, il faut aussi faire les démarches auprès de l’université coréenne.
Après mon acceptation par l’UBE pour partir en échange, mon nom a été transmis à l’université coréenne par le pôle des Relations international de l’Université Bourgogne Europe. J’ai reçu par mail le lien vers le site sur lequel j’ai fait ma candidature auprès de l’université partenaire. J’ai eu moins d’un mois pour finaliser mes démarches et obtenir tous les documents demandés, et notamment avoir un entretien avec un médecin puis faire des analyses médicales comme le test de la tuberculose. Il ne faut donc pas s’y prendre au dernier moment.
J’ai également été obligé de soumettre une attestation de langue – on pouvait présenter la certification TOEIC ou TOPIC ou demander une attestation de bonne maîtrise de l’anglais à son professeur à l’UBE. J’ai aussi fait traduire plusieurs documents en anglais : certificat de scolarité, relevé de notes…
Après cette démarche de candidature, l’université de Myongji me contactait régulièrement – d’abord par mail puis via l’application Naver Band. J’ai aussi téléchargé l’application KakaoTalk afin de communiquer avec les professeurs mais surtout avec mon parrain international qui était en charge de m’aider à finaliser mon choix de cours.
Étape 5 : examens médicaux avant de partir
J’ai été obligé de faire tout un tas de visites médicales pour voir si je suis en bonne santé aussi bien physique que mentale – prise de sang pour voir si je n’ai pas l’hépatite A et B et si mes vaccins sont à jour pour ces deux infections, le test de la tuberculose (avec la traduction en anglais) qui devait être fait au maximum un mois avant mon arrivée sur le territoire sud-coréen.
J’avais besoin de présenter mes résultats pour pouvoir finaliser ma candidature auprès de l’université coréenne et pour réserver mon logement, proposé par l’université de Myongji.
Étape 6 : demande de visa
Le site de demande de visa (KVAC) n’était pas très clair. J’ai eu le choix de faire appel à une agence spécialisée dans les demandes de visa (230 euros de frais) ou gérer le dossier moi-même (114 euros). Dans tous les cas, c’était à moi de remplir tous les papiers. Pour demander votre visa, vous aurez besoin de l’attestation d’admission de l’université coréenne.
Mon visa était numérique (je n’ai pas eu de tampon dans mon passeport) et j’ai aussi reçu une attestation (visa garant form) que je devais garder sur moi car dans certains cas on peut nous le demander à l’aéroport.
Le visa m’a servi pour entrer sur le territoire sud-coréen puis j’ai demandé une carte de résident. En attendant d’avoir ma carte de résident, je ne pouvais pas sortir et revenir en Corée avec le même visa sinon il aurait fallu refaire toutes les démarches et obtenir un nouveau visa.
Étape 7 : inscription auprès des autorités ministérielles françaises
Avant de partir, vous devez vous inscrire sur l’application Ariane afin d’être signalés auprès des autorités françaises à l’étranger.
Si vous restez à l’étranger plus de six mois, vous pouvez également vous inscrire sur le Registre des Français établis hors de France après du Consulat général de France une fois dans le pays d’accueil.
UNE FOIS SUR PLACE
Étape 8 : attestations d’arrivée
Il faut faire signer les attestations d’arrivée par l’université de Myongji afin de les envoyer au pôle des Relations internationales de l’UBE et au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté pour pouvoir recevoir les premiers versements de bourses.
Bon à savoir : je n’avais pas besoin d’effectuer de démarches particulières pour m’inscrire à l’université de Myongji une fois sur place – l’inscription administrative est faite à distance.
Étape 9 : demande de la carte résident sud-coréen (ARC)
Les démarches se font en ligne et l’université de Myongji communique assez bien dessus. J’ai soumis plusieurs documents avec ma demande : certificat d’hébergement, certificat de scolarité de l’université coréenne, photocopie du visa garant form, photocopie du passeport, photo d’identité. Une fois ces démarches faites, j’ai été convoqué pour donner mes empreintes digitales pour la biométrie de l’ARC au service d’immigration.
Recommandations
Logement
Comme solution de logement, je conseille soit les Airbnb soit les deux propositions de l’université de Myongji.
Dortoirs sur le campus avec deux types de chambre
- Une chambre pour deux personnes avec deux lits simples et une salle de bain dans la chambre. Prix : 1.000-1.100 euros pour le semestre.
- Une chambre pour quatre personnes avec deux lits superposés et une salle de bain dans la chambre. Prix : 700-800 euros pour le semestre.
Je vous conseille d’ajouter à ce tarif une quarantaine d’euros pour le temps que vous restez (soit un semestre soit un an) afin d’avoir une couette, un coussin et un surmatelas. Ces équipements sont à vous, il n’y aura pas de restitutions par la suite. Le wifi est disponible dans les chambres seulement via un câble Ethernet ou si vous achetez un routeur WIFI directement sur place (20€/30€). Le point négatif du dortoir est que vous ne pouvez pas rentrer ou sortir du logement entre 1h et 5h du matin. L’université propose aussi d’acheter des tickets repas pour manger à la cafétéria le midi (si vous restez un semestre, je vous conseille de prendre 50 ou 100 tickets). C’est un bon moyen de découvrir les spécialités sud-coréennes et la nourriture est plutôt bonne.
Toutes les informations sur la réservation d’un logement se trouvent sur le site internet de l’université ou sur l’application Naver Band. Pas d’inquiétude, la communication est assez bien faite, vous êtes guidés mais il faut être réactif. Ayant beaucoup de demandes pour les chambres de deux personnes, vous serez peut-être réaffectés à une chambre de quatre personnes si plus aucune chambre double n’est disponible. Attention, pour la demande des dortoirs vous devez être réactifs – le premier arrivé est le premier servi en sachant que les étudiants sud-coréens postulent également pour le même dortoir.
Stay for U
Il s’agit d’un autre type de logement proposé par l’université – des petites chambres (7 ou 10 m2) avec une salle de bain, suitées dans le quartier d’Hongdae. Prix : 400 euros/mois avec une caution d’environ 350 euros. Ces logements se trouvent à 15-20 minutes en bus du campus.
Les Airbnb
C’est une solution qui est envisagée par beaucoup d’étudiants étrangers. En effet, pour les étrangers en Corée du Sud pouvant subir quelques restrictions en termes de logement, cette possibilité apparait comme une solution alternative.
Compte bancaire
Vous pouvez voir avec votre banque française concernant les conditions de paiements par carte bancaire à l’étranger, souscrire à une banque en ligne (ce qui était mon cas) ou ouvrir un compte bancaire en Corée. Si vous optez pour une banque en ligne, ne faites pas les démarches au dernier moment car vous devez commander votre carte physique. Le paiement sans contact n’est pas rependu en Corée. Il faudra insérer votre carte à chaque fois.
La solution que préconise l’université de Myongji est l’ouverture d’un compte bancaire en Corée mais je ne trouve pas cela vraiment utile si l’on reste seulement un semestre. Cependant c’est une solution simple – vous pourrez payer et retirer de l’argent sans frais. Il y a même une banque qui se trouve sur le campus, dans le bâtiment 5.
Abonnement téléphone
Pour vivre en Corée du Sud, votre téléphone sera votre meilleur ami ne serait-ce que pour vous déplacer et traduire. De plus, un numéro de téléphone est nécessaire et vous sera très souvent demandé, notamment pour les démarches administratives.
Si vous n’avez pas ouvert un compte bancaire en Corée qui vous permettrait d’avoir un forfait classique avec un prélèvent mensuel automatique, vous pouvez utiliser les cartes prépayées de KT, LGU+ ou SKT. Cependant, les fournisseurs mentionnés ne proposent pas beaucoup d’Internet mais Chingu-mobile peut être une alternative (il y a plusieurs boutiques à Séoul).
Vous pouvez recharger cette carte prépayée tous les mois mais je vous conseille de le faire directement pour 4-5 ou 6 mois. Chingu-mobile propose plusieurs forfaits, j’ai pris le Speed-up data. Les appels et SMS sur le territoire sud-coréen sont illimités. Pour avoir une carte SIM, il suffit d’aller en boutique à Séoul ou alors de la commander sur internet et la récupérer directement à l’aéroport d’Incheon. Les frais téléphoniques pour 4 mois m’ont coûté environ 55€.
Bon à savoir : le wifi public est présent partout à Séoul, même dans les bus.
Transport
Séoul dispose d’un réseau de transport en commun très répandu avec métro et bus.
J’ai acheté la carte de transport T-Money que l’on trouve dans les boutiques 7-eleven, GS25 ou encore Nice 2 C U. Il est aussi possible de l’obtenir directement à l’aéroport. Elle se recharge uniquement par cash au niveau des bornes de métro ou alors directement dans les boutiques – il suffit juste de se rendre à la caisse et de demander de recharger votre T-Money. Il faudra la recharger en espèces. Le prix unitaire du billet de transport est d’environ 0,90 €. À noter qu’il faut valider sa carte en entrant dans le bus mais aussi en sortant. Malheureusement, les systèmes d’abonnement n’existent pas en Corée du Sud.
En ce qui concerne les taxis, il faut télécharger l’application Kakao T ou utiliser l’application Uber.
Bonnes adresses
Coiffeur : c’est toujours utile, alors je vous conseille le salon Fade Black et le coiffeur El Vato – il est Sud-Coréen/Togolais et parle français !
Sorties
Si vous êtes fan de K-pop je vous conseille le quartier de Hongdae qui est un quartier étudiant où des spectacles de rue de K-pop sont réguliers. Vous trouverez danses et chants. Outre la K-pop, vous trouverez de nombreuses boîtes de nuit et bars avec toutes les ambiances que vous désirez. Vous trouverez aussi de nombreux karaokés très populaires en Corée du Sud et je vous conseille d’en faire au moins un. Le deuxième quartier est Itaewon qui est un quartier un peu plus festif de Corée du Sud ou les boîtes de nuit se succèdent. À noter que les boîtes de nuit en Corée du Sud ferment très tard, à 10h du matin et les entrées ne sont pas payantes.
Voyages et visites
De nombreuses excursions peuvent être prévues par les memb