Passage de relais de nos artistes associés - La Passerelle

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La plus belle rencontre, pour vous, ce serait laquelle ?

Mathieu : Une rencontre très forte qui te change, toi, en tant que citoyen et artiste. C’était pour un projet qu’on a mené au lycée agricole de Caulnes, je n’aurais jamais été spontanément rencontrer des jeunes de ce milieu. On allait vraiment en terre inconnue, on ne savait pas du tout ce qui allait se passer. Cela a été un moment très fort avec ces jeunes car, quand on a commencé, ils n’en avaient rien à faire du théâtre et de l’art vivant. Et nous, on découvrait qu’ils se levaient à cinq heures et demie du matin pour traire les vaches à seize ou dix-sept ans. Ça a commencé le premier jour comme un choc civilisationnel, ils semblaient être vraiment contre nous, il y avait des engueulades très fortes entre eux, beaucoup de tensions, on a failli arrêter… Et puis la rencontre de deux mondes s’est faite, et finalement cela a été quatre jours intenses. Ils étaient tous très méticuleux, très à cheval sur le fait qu’il faut s’investir dans le travail. Et ça leur a parlé, au théâtre, la même rigueur qu’on peut avoir dans l’apprentissage des textes, le fait d’être généreux, tolérants les uns avec les autres. On s’est rencontrés par cet intermédiaire et on a proposé de créer un petit spectacle d’une heure, où on se baladait dans leur lycée avec des performances artistiques. Ils nous ont fait confiance et les élèves ont vécu un moment de vie très fort avec nous.

Un collectif d’artistes sème ses Ligne(s) – Récit du Collectif OS’O au Lycée Agricole de Caulnes à lire

Avez-vous des regrets ?

Mathieu : L’éloignement géographique, forcément. On est basés à Bordeaux. Quand on vient deux/trois jours, ça passe très vite.

Roxane : C’est le grand dilemme du collectif, on est nombreux, on vient de loin, il y a le logement, etc. Alors que l’on sait que les rencontres se font sur la durée. C’est vrai que, parfois, on aurait eu envie de rester plus longtemps.

Mathieu : Nous sommes cinq. Et dès qu’on veut que tout le collectif porte un projet, c’est plus lourd financièrement. Il n’y a pas qu’un seul artiste…

Comment est le public de La Passerelle ?

Tom : Eh bien, c’est difficile à dire… Il faut être sincère ? (rires)

Bess : Il a évolué avec nous. Il a évolué parce qu’on l’a vécu hier soir [lors de la représentation de Timon / Titus] et c’est la première fois où on s’est dit : « Tiens, le public de Saint-Brieuc est avec nous ».

Mathieu : Ce n’était pas le cas avant, à l’exception des petites formes présentées hors les murs. Il est vrai qu’il y a aussi la configuration du Théâtre Louis Guilloux, avec cette distance énorme entre la scène et le premier rang du public, qui met quand même un sacré frein. Parfois on a eu l’impression qu’on avait fait une représentation de fou, puis derrière, les applaudissements étaient mous… (rires)

Tom : CAVERNE, c’étaient les premières représentations, c’est toujours un peu plus fragile, mais on a joué aussi X et L’Assommoir et on a ressenti la même chose…

Bess : Mais hier, vraiment, cela a été une adhésion, on était ensemble ! Ce sont ces représentations-là, magiques, où tu sens qu’on est tous dans la même pièce.

Mathieu : Et on s’en va, là…

Bess : Cela nous aura pris trois ans ! (rires) Mais il y a aussi des rencontres qu’on a faites avec le public sur des temps de déjeuner où tout le monde mangeait ensemble. C’était des moments très chaleureux. On sent qu’à La Passerelle il y a un vrai public de fidèles.

Votre endroit préféré dans La Passerelle ?

Roxane : Le foyer du Petit Théâtre !

Bess : Et le Petit Théâtre, même si on n’y a jamais donné de représentations. Dès qu’on y entre, on s’y sent bien. Enfin, moi ça me donne envie d’y jouer.

Est-ce qu’il y a un endroit que vous aimez beaucoup à Saint-Brieuc ?

Tom : Il y a un endroit qu’on adore, c’est la vallée [de Gouédic]. Du centre-ville, on peut aller jusqu’au port du Légué en courant, cette balade est géniale !  Et il y a l’église qui est incroyable aussi, de l’autre côté de la vallée. La chapelle Saint-Yves, avec des mosaïques d’Odorico.

Bess : Et l’endroit le plus réconfortant, c’est le Donkey’s Coffee Shop, qui est juste à côté de l’entrée des artistes. Il fait partie de notre vie à Saint-Brieuc !

Un ou des conseils à nous donner au moment de passer le flambeau ?

Mathieu : Oui, il faut faire beaucoup de compliments à Guillaume Blaise, énormément, quotidiennement ! (rires) Plus sérieusement, accompagnez vos spectacles avec des actions de médiation envers plusieurs types de public. Et osez des propositions hors les murs !

Bess : Écouter l’équipe de La Passerelle qui a beaucoup d’idées, d’envies, c’est très riche et stimulant. S’appuyer sur eux parce qu’ils savent ce qui rend le public curieux, etc. Et puis, il faut que cela parte de vos désirs aussi…


Assistez à la conclusion des trois années du Collectif OS’O en tant qu’artistes associé·es avec :

Ceci n’est pas un musée – une déambulation théatrâle – le jeudi 11 juin à 18h30 et 21h
et Y’a pas de raison de paniquer ! – un projet construit avec des comédien·nes amateur·rices costarmoricain·es – le samedi 13 à 20h et dimanche 14 juin à 15 & 18h

Et découvrez la compagnie La Volige avec :

Monte-Cristo – un récit-concert librement adapté du roman d’Alexandre Dumas.

Recapiti
Erwan Maguet