Trop de déchets sont jetés dans la nature, sur le bord des routes, sur les berges du canal (ou dans le canal !) et dans nos espaces naturels sensibles, engendrant une pollution visuelle et une pollution tout court... Un véritable fléau contre lequel le Département a décidé de s'engager fermement. Il lance une campagne de sensibilisation pour alerter la population.
Trop, c'est trop ! Bouteilles, canettes, emballages de fast-food, plastique et autres matériaux envolés de remorques, pneus, bouteilles de gaz, dépôts sauvages d’ordures... Les agents des Routes constatent une hausse du volume de déchets qui souillent les bords des routes : « On a beau les ramasser, deux ou trois jours après, il y en a de nouveau autant… ». En 2025, ils ont collecté 150 tonnes d’ordures qui ont été collectées, ce qui représente le poids de quatre tramways ou celui d'un demi-A 380 ! Une tâche éloignée de leur mission première : l’entretien des chaussées. La vigilance est renforcée au printemps, avant le fauchage des accotements : les immondices sont alors broyées et se transforment en micro-déchets, susceptibles de polluer l’environnement pendant des décennies, voire des siècles.
Un coût important pour la collectivité
Plus aucune zone n'est épargnée, les incivilités se déplaçant même dans les espaces jusqu'ici préservés : dès l'arrivée des beaux jours, le volume de déchets collectés sur les berges du canal d'Orléans (par des salariés d'une association d'insertion) et dans les espaces naturels sensibles explose. « On a même déjà dû faire enlever un canapé ! », rapporte Stéphane, responsable exploitation canal d'Orléans.
Un phénomène qui coûte cher à la collectivité (300 000 € pour les routes, 10 000 € pour la véloroute), en plus du temps que cela représente pour les agents (dont ce n'est pas la mission principale).
Le président Marc Gaudet et le vice-président en charge des Mobilités et de l’Aménagement du territoire, Hervé Gaurat, ont annoncé vouloir prendre contact avec les organismes gérant les déchetteries pour discuter de la possibilité d’augmenter les volumes de dépôt des professionnels. Ils aimeraient aussi que les déchetteries puissent accepter plus aisément les dépôts de pneus et de bouteilles de gaz, pour éviter les dépôts sauvages. Des contacts vont également être pris avec la Fédération du Bâtiment et des Travaux publics (des camions mal bâchés laissant souvent échapper des déchets). Duy-Khang, agent d'exploitation des routes, raconte qu'il y a quelques jours, lui et ses collègues ont retiré une quinzaine de pneus d'un fossé en bord de départementale !
Les agents des routes trouvent de plus en plus de bonbonnes de protoxyde d'azote : 300 par mois ! Au delà de la dangerosité avéré de ce gaz pour la santé et des risques inconsidérés que les consommateurs prennent et font prendre aux autres usagers sur la route, les cartouches ne sont pas acceptées en déchetterie et explosent dans les fours des usines de traitement quand elles sont jetées dans les ordures ménagères. « Une prise de conscience est indispensable, commentent Marc Gaudet et Hervé Gaurat. Des solutions devraient être proposées au niveau national. »
Une vidéo de sensibilisation à destination du grand public a été réalisée. Des panneaux vont également être implantés pour sensibiliser la population et des flyers distribués en déchetterie et dans les collèges.