Portraits de camping-caristes - UNI VDL

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Qui sont les camping-caristes ? La réponse est multiple tant les pratiques sont personnalisées. Nous avons été à la rencontre de ces touristes itinérants qui nous racontent leur mode de fonctionnement et leur passion pour le camping-car.

La France compte pas loin de 2 millions de camping-caristes tandis qu’en Europe ils sont près de 6 millions. Des chiffres qui montrent l’importance de cette clientèle pour l’économie touristique de l’Hexagone. Français et Européens aiment particulièrement ses bords de mer et les territoires les plus reculés, appréciés pour leur beauté, leur gastronomie et leur histoire. Surtout, les camping-caristes voyagent désormais en toute saison afin d’éviter la foule estivale. Ils visitent musées et châteaux, se baladent dans les petits villages chargés d’histoire, accèdent aux richesses culturelles des moyennes ou grandes villes, se restaurent ou fréquentent les petits commerces en toute tranquillité. Chaque camping-cariste est unique, animé par ses propres centres d’intérêt. Tous saluent la qualité de l’accueil qui leur est réservé et n’hésitent pas à dépenser sur place. Nous avons rencontré des camping-caristes qui nous racontent leur manière de voyager.

« Nous retournons dans les lieux où nous sommes les bienvenus »

PATRICIA ET PASCAL BELANT, 66 et 67 ans, Limousin

« Nous pratiquons le camping-car depuis 1982. Désormais à la retraite, nous partons six ou sept fois par an, toute l’année, sauf en juillet-août où il y a trop de monde. Le plus souvent nous réalisons des voyages d’une à deux semaines. Auparavant, nous pouvions nous stationner librement. Aujourd’hui, c’est plus compliqué. Dans les régions les moins touristiques on y arrive. Désormais il y a des aires absolument partout, parfois chères, et de plus en plus de petites villes interdisent le stationnement en dehors de ces aires, surtout lorsqu’elles sont gérées par une société privée. Nous privilégions les emplacements gratuits, notamment dans des petits villages qui proposent deux ou trois emplacements. Nous fréquentons alors le marché et les petits commerces du lieu. Nous nous rendons également au restaurant au moins une ou deux fois à chaque sortie. Nous voyageons essentiellement en France, afin de découvrir de nouvelles régions. Nous fréquentons les monuments ou les musées, mais aimons aussi nous balader dans la nature, à pied ou à vélo. Pour nous, la qualité de l’accueil que l’on nous réserve est essentielle. D’ailleurs, lorsque nous nous déplaçons, nous retournons dans les lieux où nous avons été les bienvenus. »

« Le camping-car, c’est le meilleur moyen de partir, d’être dépaysé, et de vivre des aventures »

JEAN-MARC CAUMARTIN, 61 ans, Hautes-Pyrénées

« Durant mon enfance, mes parents ont eu une caravane puis un camping-car. Avec nous, ils sillonnaient la France, mais aussi l’Europe : l’Allemagne, l’Italie, la Yougoslavie, la Grèce. C’était un vrai dépaysement, une aventure de tous les jours peu onéreuse. J’ai eu mon premier camping-car à vingt ans. Une fois marié, nous sommes partis avec nos enfants à toutes les vacances scolaires car ma femme et moi étions professeurs. Aujourd’hui je voyage toujours en camping-car. C’est le meilleur moyen de partir, d’être dépaysé et de vivre des aventures. Je pars avec mes petits-enfants une dizaine de jours l’été et aussi quelques jours pendant les petites vacances scolaires. Nous allons au camping, ça leur fait de chouettes souvenirs. Nous partons aussi très souvent en week-end car nous sommes proches de la montagne. Avec ma femme nous partons surtout en dehors des vacances. Je pense qu’on part 10 jours au moins six fois dans l’année et en week-end au moins une fois par mois. J’aime l’authenticité, me sentir le bienvenu. Si le lieu nous plaît, on reste plus, sinon on s’en va. Nous n’aimons pas les aires payantes où l’on est parqué avec tous les camping-cars. Nous avons peu de besoins : une borne de vidange et un accès à l’eau pour les séjours longs, que l’on trouve toujours sur le chemin. Je trouve qu’il y a beaucoup de dérives avec les aires payantes, très chères, avec parfois peu de services. On n’a pas de place et il faut réserver. Ça va à l’encontre de tout ce qu’est le camping-car. Si vraiment je veux des services, je vais au camping, c’est normal de payer : il y a la piscine, les animations pour les enfants. Sur les aires il n’y a rien ou presque, on paye pour se garer. Je ne vais pas dans ces villes je préfère faire quelques kilomètres de plus et aller dans un autre village où on est bien reçu. »

« Nous dépensons là où nous sommes bien reçus »

JEAN-LUC ET ANNIE DEBRABANT, 75 et 72 ans, Allier

« Nous voyageons seuls ou dans le cadre de voyages organisés par notre club. Nous pratiquons le camping-car depuis une quinzaine d’années et avons parcouru près de 200 000 km, 60 % en France et le reste à l’étranger. En 2025, nous sommes partis 125 jours au total et hors-saison. Nous aimons faire des découvertes culturelles, visiter des musées et découvrir de beaux paysages. En matière de stationnement, pour les nuits nous privilégions les aires d’accueil à un prix raisonnable. Beaucoup de petites communes ont aménagé des aires très agréables. La journée, nous souhaitons pouvoir stationner sans trop de difficultés. Si l’on se heurte à des panneaux interdisant le stationnement des camping-cars ou que l’on nous propose des endroits proches des grands axes, nous quittons les lieux et allons dépenser notre argent là où nous sommes bien reçus. Nous n’hésitons pas, en effet, à fréquenter les commerces de type boulangerie ou charcuterie afin d’acheter les spécialités locales. De même, nous allons au restaurant une à deux fois par semaine. Cela fait partie du plaisir de voyager. »

« Nous allons très souvent au restaurant »

BRIGITTE ET GILLES DUPONT, 69 et 70 ans, Somme

« Nous sommes adeptes du camping-car depuis une vingtaine d’années. Au début, lorsqu’on travaillait, on partait plutôt le week-end, souvent dans le cadre de sorties organisées par le club (Camping-car club Nord Picardie) auquel nous adhérons. Désormais à la retraite, nous sortons toujours avec le club, mais aussi seuls, souvent pour préparer des sorties. L’été dernier, nous sommes partis deux mois. De manière générale, nous fréquentons les aires d’accueil, sauf lorsque nous emmenons nos petites-filles en vacances. Dans ce cas nous séjournons en camping afin qu’elles puissent bénéficier de la piscine et des activités proposées. Nous aimons les villes et réalisons de nombreuses visites de châteaux. Nous allons aussi très souvent au restaurant et fréquentons les commerces, alimentaires ou pas, installés dans les centres-villes. Nous adorons les marchés et sommes fans de produits locaux. Globalement, nous fréquentons les villes et villages où l’on peut se garer en journée ou qui disposent d’une aire d’accueil proche du centre-ville. Si l’on se sent bien accueilli, nous n’hésitons pas à faire des dépenses et à transmettre l’information aux autres camping-caristes. Finalement, tout est lié au stationnement, notamment en journée. Certaines communes ont compris que nous faisions vivre le commerce local alors que d’autres ne veulent pas entendre parler de nous. »

« Visiter la famille sans être obligés de dormir chez elle »

JEAN-LOUP FRILLEY, 61 ans, Bouches-du-Rhône

« Nous pratiquons le camping-car depuis 2018. Nous partons deux fois par an, à l’automne et au printemps, pour une durée de deux à trois semaines. Nos principales destinations sont les villes où l’on peut visiter de la famille sans être obligés de dormir chez elle. Pour nous y rendre, nous fréquentons de préférence les petits villages que nous choisissons en fonction de notre heure d’arrivée, généralement vers 17h/17h30, car nous n’aimons pas conduire la nuit. Nous essayons donc de trouver un endroit pour la nuit avant la tombée du jour. On parcourt en moyenne 350 à 400 km par jour, un peu le matin, le reste l’après-midi. Nous utilisons le camping-car afin de nous balader et pouvoir nous arrêter en ayant tout sous la main et en toute autonomie. Dans les villages où nous séjournons, nous fréquentons les petits commerces et les marchés le cas échéant. Ce que nous attendons en termes d’accueil ? Que les communes mettent à disposition des aires de stationnement à des tarifs corrects, avec borne électrique et point de vidange à proximité des centres-villes. Depuis quelques années, on remarque que beaucoup de petits villages ont compris que permettre aux camping-cars de stationner près du centre dynamisait leurs commerces. »

« Des aires proches du centre-ville afin que l’on puisse s’y rendre à pied »

MARC ET STELLA RENZO, 69 et 67 ans, Allier

« Nous avons eu notre premier camping-car en 2011. Aujourd’hui nous en sommes au sixième et il nous convient parfaitement. Nous voyageons seuls, avec notre club ou en voyage organisé. Au cours de l’année, nous sortons au moins sept à huit fois pour une durée minimum de trois jours. En revanche, de fin octobre à fin mars, nous laissons notre véhicule au garage car je n’aime pas conduire sur la neige ou le verglas. Pour moi, le camping-car, c’est comme un studio. On peut y stocker nos vélos, nos vêtements et être très autonome. Le plus souvent, nous allons en Bretagne/Vendée ou dans l’Hérault et les Pyrénées-Orientales. Nous nous arrêtons sur des aires sécurisées et visitons les musées, les châteaux et autres sites culturels. Nous fréquentons les commerces locaux et allons au restaurant environ trois fois par semaine afin de découvrir les spécialités locales. Pour la nuit, nous recherchons des aires proches du centre-ville afin de s’y rendre à pied. Parfois, il faut stationner à 3 ou 4 km ce qui nous oblige à nous déplacer à vélo. De plus en plus, nous sommes confrontés à des barres de hauteur ou des panneaux d’interdiction. Nous les respectons mais nous nous demandons si c’est toujours justifié. Ce qui est certain, c’est que nous retournons régulièrement là où nous avons été bien accueillis. C’est d’autant plus agréable que l’on a nos repères, savons où se trouve la boulangerie, la pharmacie, etc. »

« Un bon accueil est un critère déterminant pour revenir »

CONSTANCE ET JÉRÉMIE, 44 et 46 ans, créateurs de la chaîne YouTube JeTripEnVan, Belgique

« Nous voyageons le plus souvent en couple, appréciant la liberté et la flexibilité qu’offre le camping-car. Pendant les vacances scolaires, le camping-car devient un véritable espace de partage familial, nous permettant de parcourir les quatre coins de la France avec nos quatre enfants et de vivre des moments privilégiés ensemble. Nous pratiquons le voyage en véhicule de loisirs depuis six ans et partons très régulièrement, toute l’année, à raison d’une à deux escapades par mois minimum, sur des durées variables. Nos destinations se décident au feeling, en fonction de la météo, de nos envies et du rythme du voyage. Nous privilégions les petites communes, les zones rurales et les endroits calmes, loin des grandes agglomérations. Notre pratique est davantage tournée vers la nature, les paysages et les activités de plein air. Pour nous approvisionner, nous alternons entre grandes surfaces et commerces de proximité, afin de consommer local lorsque cela est possible. Pour nous arrêter, nous recherchons un stationnement adapté aux camping-cars, clairement identifié, sécurisé et respectueux des voyageurs comme des habitants. Lorsque nous bénéficions d’un accueil de qualité, nous revenons systématiquement. Un bon accueil est un critère déterminant pour revenir. Nous partageons notre expérience sur internet afin de transmettre notre passion du voyage en camping-car, encourager les échanges entre passionnés et aider les voyageurs à mieux préparer leurs itinéraires. Ce partage se fait notamment via notre chaîne YouTube JeTripEnVan, dédiée au voyage nomade et à l’aménagement. »

« Dans les villages qui nous accueillent bien je mets un point d’honneur à acheter quelque chose sur place »

YVAN BILLARD, 66 ans, Allier

« Je pratique le camping-car depuis cinq ans. Les deux premières années je voyageais seul. J’avais acheté un scooter et une remorque pour pouvoir me balader une fois mon camping-car stationné. Depuis deux ans, je participe à toutes les sorties de mon club, ABCV. Cela me permet de ne pas voyager seul et de faire des visites que je ne ferais peut-être pas autrement. Le club organise quatre à cinq sorties chaque année. En général je pars quatre ou cinq jours avant et prolonge la balade d’une semaine à 10 jours. Seul ou en groupe, je prends la route de février à novembre. Je me suis fixé un objectif : visiter tous les Plus Beaux Villages de France. Je me rends dans les musées, notamment les insolites. Pour la nuit, je recherche un emplacement éloigné des axes routiers. Lorsque je suis dans un endroit, je fréquente les petits commerces, boulangerie ou poissonnerie, ainsi que les restaurants. Si je programme une sortie, je regarde toujours les marchés. C’est agréable et on repart toujours les mains pleines. Si certaines régions n’apprécient pas notre présence, beaucoup de villes et villages nous accueillent très bien. Dans ce cas, je mets un point d’honneur à acheter quelque chose sur place. C’est une manière de dire merci. »

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