Fragilisés et blessés par la guerre

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Face aux conflits actuels, cette chronique de Florence Gros, directrice de la Fondation OCH sur Radio Notre-Dame, évoque les conséquences psychiques de la guerre, l’accompagnement des blessés et l’importance de ne laisser personne seul face à ses blessures.

Clara : L’actualité internationale est tendue vers tous ces pays en guerre. Est-ce que cette actualité a un écho à l’OCH ?

Les écoutants de l’OCH témoignent que la peur de la guerre et des conflits génère de l’anxiété, surtout chez les personnes dont le psychisme est déjà fragile. Je crois aussi que nous pouvons tous passer par des moments d’inquiétude incontrôlable, parce que nous avons assez peu de pouvoir sur ce qui se passe dans les pays en guerre.

Par ailleurs, dans notre raison d’être, la Fondation OCH commence ainsi : « À l’écoute du monde, de sa beauté et de ses cris, animée d’une grande espérance, l’OCH témoigne, agit… ». À travers notre écoute, nous nous laissons interpeller par le monde et ses cris divers. Un monde qui, aujourd’hui, de fait, crie sa souffrance devant la violence de la guerre. Comment ne pas se laisser toucher par ses conséquences humaines et matérielles ?

Clara : Comment l’OCH peut-elle agir, peut-elle se faire proche de cette réalité ?

Nous agissons avec nos petits moyens. Nous avons des liens avec des pays en guerre par l’intermédiaire d’amis ou d’associations, tout particulièrement avec l’Ukraine et le Liban. Ces amis nous témoignent de la dureté de ce qu’ils vivent, de leurs besoins d’aides concrètes et aussi de leur espérance édifiante.

La Fondation OCH a choisi de soutenir financièrement des lieux de vie accueillant des personnes handicapées dans ces pays avec lesquels nous entretenons des liens privilégiés. Mais nous avons aussi une proximité géographique très concrète avec l’École militaire : une seule rue nous sépare. Rencontrer des militaires en uniforme aux alentours de la Fondation nous invite à ne pas oublier leur engagement et leurs familles.

Avec sa revue Ombres & Lumière, l’OCH nous informait en 2023 de l’existence des maisons Athos. Nous prenions conscience que plus de 3 000 blessés de guerre, en France, souffrent de blessures imperceptibles mais extrêmement profondes. Les maisons Athos, présentes dans quatre villes (Cambes, Auray, Toulon et Coise), permettent aux blessés exclusivement psychiques de se relever dans un environnement non médicalisé. Randonnées, visites culturelles, sport, jardinage, cuisine… de nombreuses activités rythment leurs journées.

Cet article de la revue Ombres & Lumière m’a permis de prendre la mesure des souffrances psychologiques des militaires blessés. En ce moment, chaque jour, des personnes sont traumatisées par la guerre. Le fondateur de Frères d’âmes s’est récemment tourné vers l’OCH pour nous le rappeler.

Clara : « Frères d’âmes », est-ce une association ? Quel est son but ?

Ludovic Ruppé a créé l’association Frères d’âmes en janvier 2022 pour venir en aide à toutes les personnes qui tentent de se relever de blessures post-traumatiques invisibles et dévastatrices. Lui-même est réformé pour blessure de guerre après 25 ans dans les commandos marine et les forces spéciales. Il a réussi à se reconstruire.

Aujourd’hui, il met son expérience de résilience au service des personnes ayant vécu un stress post-traumatique dans les métiers de la défense, de la sécurité, de la santé et des secours. Située dans le Morbihan, cette association se structure et agit au plus près des besoins des blessés et de leurs familles.

Elle tisse des liens, assure une présence et une veille solidaire, apporte une aide spirituelle et redonne confiance aux blessés et à leurs proches car, dit-il, la blessure impacte toute la famille et peut être destructrice. Ludovic croit en la force de l’équipe. L’OCH y croit aussi. Faisons connaître Frères d’âmes, les maisons Athos et l’ensemble des initiatives qui ne laissent personne seul face à ses blessures.

RND 8 avril 2026 – Fragilisés et blessés par la guerre

Recapiti
Maxime Jaly