Collectivité de la Polynésie française : délégation de service public pour l'exploitation du réseau des transports en commun terrestres

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L’amélioration du réseau de transport en commun de Tahiti constitue un enjeu majeur pour la Polynésie française, qui vise à offrir un service plus attractif et accessible pour la population, conformément aux objectifs du schéma directeur des transports collectifs et déplacements durables. L’objectif est que le réseau soit plus rapide, plus fiable et plus confortable, au service de l’ensemble de la population et non uniquement des usagers n’ayant pas d’autre solution que de prendre le bus, comme cela reste très majoritairement le cas. 

Le nouveau contrat de délégation de service public, couvrant désormais toute l’île de Tahiti, a permis des progrès : renouvellement complet de la flotte du délégataire, amélioration du confort et meilleure adaptation de l’offre. Toutefois, seul un bus sur dix est au moment de l’instruction accessible aux personnes à mobilité réduite.

Il reste encore des insuffisances : il y a souvent des embouteillages qui retardent les bus, certains roulent très lentement à cause de la circulation, et les horaires ne sont pas toujours respectés. Il n’y a pas assez de bus, surtout le matin et le soir, et les horaires de circulation sont limités. Certaines lignes sont saturées, ce qui oblige les usagers à attendre le bus suivant. Le dernier avenant au contrat, signé en mai 2025, prévoit une augmentation du nombre de bus, mais sa mise en œuvre dépend du recrutement de conducteurs qualifiés, alors qu’il y a un manque de chauffeurs, accentué par l’absence de formation locale depuis 2019 et les départs à la retraite à venir.

Des améliorations sont constatées pour le transport scolaire en ce qui concerne les horaires de ramassage, mieux adaptés, et le confort des véhicules. Des efforts doivent toutefois être poursuivis pour la prise en charge des collégiens et des lycéens sur certaines lignes régulières.

Sur le plan financier, le contrat repose sur une contribution annuelle importante de la Polynésie française (1,1 milliard F CFP, portée à 1,3 milliard en 2025), représentant plus de la moitié des recettes du service. Le délégataire bénéficie également d’aides en carburant et d’avantages fiscaux importants, au titre de la défiscalisation nationale et locale, ce qui limite son exposition au risque économique.

Le contrôle du contrat, longtemps insuffisant, s’est renforcé depuis 2023 grâce à la mise en place d’une stratégie de suivi et au déploiement de nouveaux outils d’exploitation en 2025. Ce progrès doit se poursuivre afin d’assurer un suivi complet du transport scolaire, de la performance du réseau et de l’équilibre financier de la délégation de service public. La Polynésie française doit aussi procéder au réexamen des conditions financières.

Si l’exécution du contrat de délégation de service public a permis des améliorations de l’offre de transport en commun, la poursuite des efforts récemment engagés apparaît indispensable pour développer la fréquentation et améliorer encore le service rendu aux usagers.

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sdurouchard