Faisant écho aux préoccupations de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et de ses organisations membres, quatre rapporteur·es spéciaux·les des Nations unies ont exprimé leurs profondes inquiétudes et ont appelé les responsables à répondre de leurs actes face à la dégradation rapide de l’espace civique. Cette situation, étayée par des informations crédibles, affecte les peuples autochtones et les défenseur·es des droits humains en Équateur.
8 avril 2026. Les expert·es indépendant·es exigent la fin de toute persécution, criminalisation et représailles à l’encontre des défenseur·es et peuples autochtones en Équateur. Leur déclaration conjointe a été publiée par les Rapporteur·es spéciaux·les sur les droits des peuples autochtones, les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association, les défenseur·es des droits humains, la promotion et la protection des droits humains et les libertés fondamentales dans la lutte contre le terrorisme.
La triple crise planétaire nécessite des solutions basées sur la justice et les droits de la nature, comme celles portées par les peuples autochtones. Mais en Équateur, ces protecteur·ices essentiel·les sont confronté·es à un usage excessif - et parfois létal - de la force durant les manifestations, des détentions arbitraires sur la base d’accusations de terrorisme, et le gel de leurs comptes bancaires personnels et de leurs organisations.
Pendant ce temps, des projets d’extraction sont menés sur les territoires autochtones sans consentement libre, préalable et éclairé des populations concernées.
Le Rapporteur des Nations unies sur les droits des peuples autochtones a reçu plusieurs témoignages concernant ces violations, lors d’une conférence universitaire sur la transition juste et les peuples autochtones, organisée en mars 2026 par la FIDH et son organisation membre Acción Ecológica, à l’Université Andina Simón Bolívar de Quito. Il a ensuite rendu visite à des peuples autochtones dans tout le pays, afin d’évaluer la situation des procédures spéciales.
Par ailleurs, la FIDH et neuf autres organisations internationales ont mené une mission de solidarité et de recherche en Équateur du 2 au 5 mars. Cette visite a également confirmé la grande vulnérabilité des défenseur·es des droits humains, des peuples autochtones, des communautés rurales et des communautés afrodescendantes. Un rapport sera publié dans les mois à venir.
La FIDH et ses organisations membres continueront d’appeler l’Équateur à respecter les normes internationales et à mener des enquêtes exhaustives sur ces violations. Nous exprimons notre solidarité avec les personnes qui protègent nos droits face à des pressions toujours plus fortes.