Santé, Sécurité/vigilance
Publié le 15/04/26
Protoxyde d’azote, attention au danger !
Il n’a d’hilarant que le nom. Le protoxyde d’azote fait de plus en plus de ravages chez les jeunes. Ce gaz de pressurisation, à usage médical, est employé pour ses propriétés anesthésiques et analgésiques lors des soins. Il existe aussi à usage culinaire, mais il est aujourd’hui détourné pour une utilisation récréative en raison de ses propriétés euphorisantes. Le « proto », comme il est surnommé par ses usagers, est alors inhalé à l’aide d’un ballon.
Des conséquences dévastatrices
Cet usage détourné du protoxyde d’azote est en forte augmentation en France ces dernières années, en particulier chez les 18-25 ans. Les accidents de la route et les cas d’intoxication sévères liés à cette consommation se multiplient. L’année dernière, 522 cas graves ont été notifiés au Réseau national d’addictovigilance.
Les conséquences de l’utilisation de ce gaz hilarant peuvent être dévastatrices, et parfois irréversibles. En effet, il agit sur la vitamine B12 présente naturellement dans notre corps, qui influe sur le fonctionnement des nerfs. Sa consommation peut donc entraîner des fourmillements dans les mains ou les pieds, une perte de sensibilité, une perte de force dans les jambes, des difficultés à marcher, voire des paralysies. D’autres risques existent également, comme des malaises, des troubles du rythme cardiaque ou des accidents liés à une perte de connaissance.
À savoir :
Environ 80% des cas graves présentent des atteintes neurologiques.
Les signaux d’alerte
Un changement de comportement chez l’un de vos proches (isolement, irritabilité, fatigue inhabituelle) ou des troubles physiques (fourmillements, difficultés à marcher) sont des signaux qui peuvent vous alerter sur une forte consommation de protoxyde d’azote.
Que dit la loi ?
Depuis 2021, la vente de protoxyde d’azote est interdite aux mineurs. En ce qui concerne les personnes majeures, aucune loi n’encadre actuellement sa consommation. Toutefois, plusieurs textes sont à l’étude afin d’en interdire la vente en dehors des professionnels.
À Franconville, l’arrêté municipal 25-788 interdit la détention, l’usage et le dépôt de cartouches de protoxyde d’azote, à des fins d’utilisation de gaz hilarant, dans de nombreux lieux de la ville : parcs et espaces municipaux (Cadet-de-Vaux, Bois des Éboulures…), places Charles de Gaulle, de la Gare, de la République et Maurice-Ravel, aux abords des établissements scolaires ainsi que sur les parkings.
Info dernière minute :
La Préfecture du Val d’Oise a pris l’arrêté 2026-323 interdisant, depuis le 20 mars et jusqu’au 31 mai 2026 :
– La vente de protoxyde d’azote aux particuliers
– Sa consommation dans l’espace public
– L’abandon de cartouches ou récipients sur la voie publique
La vente reste autorisée uniquement aux professionnels sur présentation des justificatifs requis.
Depuis le début de l’année, près de 25 000 bouteilles de protoxyde d’azote (dont 23 000 dans un entrepôt) ont été saisies par les forces de l’ordre dans le département.