La couleur des souvenirs ou comment voir la vie autrement
Le jeudi 21 mai à 21h, au théâtre Jean Cocteau (Espace Saint-Exupéry), la pièce de théâtre « La couleur des souvenirs » sera proposée, avec Catherine Arditi, Fabio Marra et Dominique Pinon. L’histoire de Vittorio, un artiste peintre dont le champ visuel diminue peu à peu. Interview de Fabio Marra, auteur, acteur et metteur en scène.
Quelle est l’histoire de la couleur des souvenirs
« C’est un texte que j’ai écrit en 2022. Le point de départ de l’écriture a eu lieu le jour où j’étais dans un bar et où j’ai entendu des parents parler de leurs enfants, en leur attribuant des qualités et des défauts. Cela m’avait vraiment touché de les entendre, même sans faire exprès, leur donner déjà un rôle. À partir de là, j’ai construit la pièce autour de l’histoire de Vittorio, un artiste peintre faussaire atteint de la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge). Au fur et à mesure de la pièce, il ne voit plus rien. C’est à ce moment-là qu’il commence à percevoir les choses autrement, car jusqu’à présent, il s’était toujours caché sous les traits d’un autre peintre, sans vraiment montrer son oeuvre.»
C’est une pièce qui évoque également les rapports de famille. De quelle manière ?
« Le personnage de Vittorio se sent un peu coupable d’un acte qu’il a, ou n’a pas, commis quand il était tout petit. Il s’est toujours mis en retrait, en étant le spectateur de sa propre vie. Cette histoire parle aussi de pardon et de fratrie. Vittorio a peur de s’attacher aux choses, aux personnes, car il a peur de ne pas les mériter. C’est pour cela qu’il s’éloigne de lui-même avant que cela n’arrive. C’est un ressenti qui a réellement bouleversé la vie de son fils, que j’incarne. »
La mise en scène de la pièce est particulière, notamment avec l’introduction d’une vidéo qui évoque les effets de la DMLA ?
« À chaque fois que je vais au théâtre, je suis assez perturbé par l’élément vidéo, car je trouve qu’il entre en conflit avec la vision théâtrale et l’oeil du spectateur, qui ne sait pas où regarder. J’ai vu très peu de pièces qui réussissaient à amalgamer les deux choses. C’est ce qui me faisait peur, mais en même temps j’avais très envie de l’utiliser, car je sentais qu’avec cette histoire et la construction de ce personnage, on avait besoin de donner cette même sensation de perte de vue aux spectateurs. Au vu de leurs retours, ainsi que de ceux des professionnels, apparemment c’est très réussi, et j’en suis très content, car cela apporte un plus à la pièce. »
Pouvez-vous nous parler des acteurs de la pièce ?
« J’ai la chance d’être sur scène avec des interprètes que j’admire beaucoup, dont Catherine Arditi. Ce n’est pas la première pièce que nous avons la chance de partager, contrairement à Dominique Pinon, avec qui je travaille pour la première fois et avec lequel il y a une vraie entente humaine et artistique. J’espère donc que ce ne sera pas la dernière. Il y a aussi Sonia Palau, Floriane Vincent et Aurélien Chaussade, avec lesquels j’ai créé la compagnie Carrozzone et avec qui je collabore à chaque spectacle. »
Rendez-vous le jeudi 21 mai, à 21h à l’Espace Saint-Exupéry.
À partir de 12 ans