Devoir de mémoire - biographie d'Ernest THIENNEST - Ville de Saint-Étienne-du-Rouvray - Site officiel

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Fiche d’identité

Naissance : 29 mars 1892, Saint-Étienne-du-Rouvray
Disparition : 29 septembre 1915 (23 ans), Frévin-Capelle (62)
Profession : journalier
Grade : soldat, 119e Régiment d’Infanterie, classe 1912
Campagne contre l’Allemagne : du 2 août 1914 au 29 septembre 1915 (1 an et 1 mois).

À quoi ressemblait-il ?

Les archives ne mentionnent pas de description physique d’Ernest Thiennest.
Il avait un niveau d’instruction primaire, ce qui signifie qu’il avait terminé l’école à 13 ans, sans passer le certificat d’études.
Il était célibataire et vivait aux Andelys, avec ses parents.

Biographie

Ernest Placide Thiennest naît le 29 mars 1892 à Saint-Étienne-du-Rouvray (76). Il est le premier enfant d’un couple d’ouvriers textiles originaires de l’Eure. Rapidement, la famille déménage et part s’installer à Fleury-sur-Andelle (27), où naît une petite sœur, Julie, en 1895, puis un petit frère, René, en 1902. Dans les années qui suivent, Ernest Thiennest, désormais adolescent, et ses parents emménagent aux Andelys (27). Le garçon y devient journalier.

En octobre 1913, Ernest Thiennest se présente aux bureaux de l’Armée pour son service militaire obligatoire de deux années. Il a alors 21 ans et rejoint le 5e R.I. (Régiment d’Infanterie), au sein duquel il fait ses classes.

Lorsque la guerre éclate, en août 1914, le jeune homme est immédiatement envoyé vers la Belgique envahie. Le premier combat face aux Allemands a lieu près de Charleroi… c’est un échec cuisant. Le 5e R.I. bat en retraite pendant plusieurs semaines, comme le reste de l’armée française, avant de s’arrêter sur l’ordre du général Joffre. Là, une grande offensive générale aboutit à la victoire de la Marne. Les combats continuent dans l’Aisne, près du Godat, entre septembre 1914 et avril 1915. Petit à petit, la guerre de position se met en place : les tranchées sont creusées et les armées se figent. Le 8 juin 1915, Ernest Thiennest est affecté au 24e R.I., qui combat dans l’Artois depuis le mois de mai. Le 24e R.I. vient d’essuyer de très lourdes pertes : il est reconstitué à partir de troupes venues d’autres régiments (comme notre soldat) ou de bleuets (jeunes recrues) fraichement intégrés à l’Armée.

En juillet 1915, Ernest Thiennest et ses camarades sont envoyés près de Neuville-Saint-Vaast (62), tenir des tranchées fraichement conquises. Le secteur est agité. L’Historique régimentaire évoque les cadavres qui s’accumulent, les tranchées à peine creusées dans lesquelles on peine à s’abriter,  le pain moisi, les mouches bleues innombrables, les combats à la grenade (2 ou 3 par nuit) et les bombardements incessants… Le 24e R.I. y passe une dizaine de jours avant d’être relevé. Il y reviendra une seconde fois début août, tenir le secteur sous une pluie diluvienne qui remplit les tranchées d’eau et de boue. Le 16 août 1915, les régiments se réorganisent. On prépare une grande offensive pour le mois de septembre…la 3e Bataille de l’Artois. Notre soldat change de nouveau de régiment et est affecté au 119e R.I. Celui-ci se trouve dans la région depuis le mois de mai 1915. De nombreux stéphanais ont trouvé la mort dans les combats qui ont eu lieu depuis.

À la fin du mois de septembre, le 119e R.I. doit mener une grande attaque pour reprendre le Bois de la Folie, solidement gardé par les troupes allemandes. Le premier jour de l’offensive, le 25 septembre 1915, l’artillerie française n’a pas suffisamment préparé le terrain… lorsque les soldats jaillissent hors des tranchées, ils sont méthodiquement fauchés par le feu des mitrailleuses ennemies et ne font pas plus de dix pas avant d’être abattus… Ernest Thiennest, qui fait partie de la 2e compagnie, est grièvement blessé et évacué. Il meurt, à 23 ans, des suites de ses blessures dans un hôpital de campagne, à Frévin-Capelle.

Anecdotes

  • Dans le Journal de marche rédigé par l’officier en charge du 119e R.I., la description de l’attaque du 25 septembre est succincte. A la fin de la journée, particulièrement meurtrière pourtant, seuls les noms des officiers et sous-officiers tués ou blessés sont recensés…nulle part des chiffres concernant les simples soldats n’apparaissent…preuve du peu de cas qu’on leur accordait parfois.
  • Le nom d’Ernest Thiennest n’apparaît pas sur le monument aux morts de Saint-Étienne-du-Rouvray, uniquement dans le Livre d’Or, qui recense les soldats de la commune morts pour la France. Sa famille habitant aux Andelys (par ailleurs dernière adresse du jeune homme), le nom a été inscrit sur le monument de cette commune.

Le 25 septembre 1915, une journée meurtrière pour les Stéphanais

Ce jour-là, d’autres Stéphanais tombent dans la région de Neuville-Saint-Vaast (62) :


Sources : fiche matricule, acte de naissance et de décès, registre d’état civil de Fleury-sur-Andelle, fiche MdH, Livre d’Or, Historiques des 5e, 24e et 119e R.I., JMO du 119e R.I.
Auteurs : Ariane Biard, professeure d’Histoire-Géographie et Mamadou TOURE, 3eC, collège Paul Eluard, 2026.

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