Les réunions de mi-année des Nations unies (ONU) sur le climat se sont ouvertes à Bonn, et la pression s’intensifie pour que les négociations climatiques débouchent sur des politiques fondées sur les droits humains et la justice sociale. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) appelle les négociateurs et négociatrices à veiller à ce que la protection des droits humains, la participation publique et un espace civique ouvert soient au cœur de la coopération pour la sortie des énergies fossiles.
8 juin 2026. Aujourd’hui débute la conférence climatique de juin des organes subsidiaires (SB64) au siège du Secrétariat des Nations unies pour le climat en Allemagne, marquant le lancement du processus de négociation officiel qui mènera à la grande Conférence des Parties (COP) des Nations unies sur les changements climatiques, prévue en novembre en Turquie. Ces pourparlers interviennent à un moment où se multiplient, tous horizons confondus, les appels en faveur d’une politique climatique fondée sur les droits humains.
Lors de la COP30, la société civile a obtenu une décision historique visant à mettre en place un mécanisme de transition juste afin d’accélérer et de coordonner l’action climatique qui fait progresser la justice sociale et les droits humains pour toutes et tous. Il y a quelques semaines à peine, l’Assemblée générale des Nations unies a voté en faveur de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice sur le climat, réaffirmant ainsi la pertinence des obligations juridiques contraignantes, y compris en matière de droits humains, pour la coopération climatique.
Par ailleurs, une « coalition des volontaires », composée de 57 États et de milliers d’organisations de la société civile, s’est réunie en avril en Colombie pour discuter de solutions concrètes, adaptées à leurs contextes nationaux, visant à éliminer progressivement les combustibles fossiles. Parallèlement, la présidence brésilienne de la COP30 espère aborder ces mêmes questions à travers une « Feuille de route vers Antalya ».
Aucun de ces projets ne peut relever ce défi sans placer la protection des droits humains au cœur des négociations et de la mise en œuvre. La FIDH travaille aux côtés de ses partenaires au sein du Groupe de travail sur les droits humains et le changement climatique pour informer les négociateurs sur ces questions et veiller à ce que les travaux menés à Bonn soient à la hauteur des principes relatifs aux droits humains et à l’espace civique.
La transition vers une économie sans combustibles fossiles nécessite la participation effective des personnes et des communautés concernées, ainsi que des défenseurs et défenseuses des droits humains, afin de mettre en place une économie respectueuse des droits humains qui n’exploite pas les ressources – y compris celles qualifiées de « critiques » ou « vertes » – et qui préserve la dignité.
Cette transition exige également un espace civique fort permettant aux défenseurs et défenseuses de proposer des solutions concrètes pour réduire les émissions et de dénoncer les violations découlant de projets et de politiques qui ne tiennent pas compte des droits humains.
La FIDH continuera à militer pour que la justice et les droits humains fassent partie intégrante de la solution à la crise climatique.