Dans les coulisses de la découverte : les femmes et les hommes de la mosaïque - Ville de Soissons

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Épisode 4 –Une aventure collective au service du patrimoine

Derrière chaque découverte archéologique se cache une équipe passionnée. La mosaïque gallo-romaine mise au jour boulevard Jean-Mermoz n’échappe pas à la règle. Archéologues, restaurateurs, conservateurs du patrimoine, techniciens et spécialistes travaillent main dans la main pour étudier, préserver et transmettre ce témoin exceptionnel de l’histoire antique de Soissons.

Cette mobilisation illustre la complémentarité entre les services de l’État, le Département de l’Aisne, la Ville de Soissons et les équipes scientifiques réunies autour de ce chantier hors norme.

Les archéologues, premiers témoins de la découverte

Sur le terrain, le suivi des opérations est assuré par Johanny Lamant, archéologue et responsable de l’opération. Chargé des investigations réalisées dans le cadre de l’extension du réseau de chaleur, il coordonne les fouilles et les interventions archéologiques qui ont permis la découverte de la mosaïque. Les Soissonnais lui doivent déjà plusieurs découvertes importantes réalisées ces dernières années dans le quartier Saint-Crépin, contribuant à enrichir notre connaissance de l’ancienne Augusta Suessionum.

À ses côtés, Sébastien Bernez, chef du Service archéologique départemental de l’Aisne, et Anthony Lefebvre, son adjoint, assurent le pilotage scientifique, technique et administratif du projet. Spécialiste de l’Antiquité, Anthony Lefebvre accompagne depuis plusieurs années les nombreuses découvertes réalisées lors du déploiement du réseau de chaleur, un chantier qui révèle progressivement de nouvelles pages de l’histoire antique de la ville.

Les restaurateurs, gardiens d’un patrimoine fragile

Découvrir une mosaïque est une chose. La préserver en est une autre.

Pour relever ce défi délicat, plusieurs spécialistes de la conservation-restauration ont été mobilisés.

Betty Lefebvre, restauratrice de mosaïques et de décors peints, pilote les opérations de dépose du pavement antique. Habituée des interventions sur des vestiges romains, elle collabore régulièrement avec les équipes du Centre d’Étude des Peintures Murales Romaines (CEPMR) de Soissons, référence nationale dans son domaine.

Carole Acquaviva, conservatrice-restauratrice du patrimoine diplômée de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, apporte quant à elle une expertise reconnue à l’échelle internationale. Son expérience sur de nombreux sites archéologiques en France et à l’étranger constitue un atout précieux pour cette intervention particulièrement sensible.

Autre membre de l’équipe, Badidou Hadj Amar met au service du chantier plus de vingt années d’expérience dans la restauration du patrimoine antique. Formé entre Alger et Malte, il a notamment travaillé sur plusieurs ensembles décoratifs prestigieux avant de rejoindre les équipes du CEPMR.

Une expertise scientifique reconnue

Les investigations bénéficient également des analyses de spécialistes de renommée nationale. Parmi eux, Véronique Blanc-Bijon, chercheuse spécialiste de la mosaïque antique, a souligné l’intérêt exceptionnel de cette découverte. Selon elle, ce pavement constitue un témoignage rare et particulièrement instructif sur les techniques et les décors de la Gaule romaine. Sa dépose permettra d’étudier plus finement sa construction, sa datation et le savoir-faire des artisans qui l’ont réalisée il y a près de deux mille ans.

Le mot de l’élu : François Hanse, adjoint au Maire délégué à la Culture et au Patrimoine

« Derrière cette découverte spectaculaire, il y a surtout des femmes et des hommes passionnés qui consacrent leur énergie à préserver et transmettre notre patrimoine commun. Leur travail minutieux permet non seulement de sauvegarder un témoignage exceptionnel de notre passé, mais aussi de le rendre accessible aux générations futures. À Soissons, nous faisons le choix d’investir pour transformer la ville tout en révélant les trésors de son histoire. Cette mosaïque en est aujourd’hui l’une des plus belles illustrations. »

Un chantier exemplaire au service de notre histoire locale

Cette découverte exceptionnelle illustre parfaitement la richesse du patrimoine enfoui sous nos pieds et l’intérêt des opérations d’archéologie préventive menées en accompagnement des grands projets de transformation du territoire.

Grâce à la coordination des différents partenaires et à l’expertise de ces professionnels passionnés, ce trésor antique pourra être étudié, préservé et, demain peut-être, présenté au public. Une nouvelle preuve que les projets qui construisent le Soissons de demain permettent aussi de mieux comprendre les racines de son histoire.

Recapiti
David Glatigny