À peine quelques jours après sa naissance, Safiatou est accueillie au village d’enfants de Socoura, dans la région de Mopti, au Mali. Malheureusement, encore bébé, elle a connu des problèmes de santé qui l'ont obligé à être accueilli dans un village d'enfants en France. Découvrez son parcours.

Sa joie de vivre est communicative. « J’essaie de donner le sourire aux gens, de les faire rire », raconte-t-elle. C’est sa manière de partager aux autres l’énergie qui l’a aidée à surmonter des débuts difficiles. À peine quelques jours après sa naissance, Safiatou est accueillie au village d’enfants de Socoura, dans la région de Mopti, au Mali. Très vite, un problème aux yeux lui est détecté. Elle doit se faire opérer d’urgence. Pour lui permettre d’être soignée dans les meilleures conditions, les équipes de SOS Villages d’Enfants Mali organisent son transfert en France. Accompagnée de sa tante SOS, Safiatou monte dans un avion alors qu’elle est encore tout bébé. Sur place, elle est accueillie au village d’enfants de Plaisir, dans les Yvelines. Un lieu rassurant, où elle reviendra à plusieurs reprises dans les années qui suivent pour des visites de contrôle. Son dernier séjour remonte à 2018. « Je n’en garde que de bons souvenirs. J’ai vécu de beaux moments avec les jeunes, là-bas. J’ai même fait un peu de tourisme. On a visité la tour Eiffel, la tour Montparnasse et le château de Versailles ! »

Des moments précieux pour l’adolescente qu’elle était alors, curieuse et passionnée par l’histoire et la géographie à l’école. « J’ai toujours été bonne élève, mais mon parcours scolaire n’a pas été simple. Avec mes problèmes aux yeux, j’ai vite compris que je devais travailler deux fois plus que les autres pour y arriver. Mais je n’ai jamais lâché. Mon entourage, ma tante SOS – avec qui je vis encore aujourd’hui – et mes amis m’ont beaucoup soutenue. »

Malgré les obstacles, Safiatou n’a jamais cessé de rêver. « Quand j’étais petite, je voulais faire tous les métiers. Policière, romancière… Chaque mois, j’avais un nouveau rêve et je travaillais dur pour essayer de l’atteindre. » En 2021, elle saisit l’opportunité d’une bourse d’études et intègre une licence en relations internationales.

Aujourd’hui, à 24 ans, elle termine sa deuxième année de master en suivi et évaluation de projet à l’Université BAZO de Bamako. « Je souhaite me spécialiser dans l’analyse de données. J’aimerais beaucoup travailler dans des organisations internationales de développement. Peut-être dans la défense des droits des femmes ou dans la lutte contre les maladies. Pourquoi pas l’ONU ? » Pour rester motivée, Safiatou a une méthode bien à elle : « Je fais des to-do lists avec mes objectifs. Je les accroche sur la porte de mon armoire ou au-dessus de mon lit. Ça m’aide à garder le cap. » Tout juste élue présidente des jeunes SOS du Mali, la jeune femme conseille aux plus jeunes de s’écouter et de croire en soi. « Les gens peuvent vous donner des conseils, mais il faut toujours aller dans le sens de ce que vous ressentez et rêvez, c’est le plus important. »

Aujourd’hui, Safiatou mesure le chemin parcouru. « Je tiens à remercier la fondation, qui m’a permis de grandir dans la joie, entourée, et dans un cadre sécurisé toute mon enfance et mon adolescence. C’est une chance immense ! »