20 ans de Paysage à l’ENSAPL
par Sabine Ehrmann
II y a plus de 20 ans, quatre personnes se sont mises à rêver d’une formation de paysagiste dans cette école. II s’agissait de Dominique Mons, de Serge Koval, de Françoise Cremel et de Fabienne Fendriech.
Je n’ai pas été le temoin de leurs échanges mais j’imagine qu’ils se sont dit qu’il y avait ici, dans cette école, mais surtout dans cette région, de quoi nourrir une école de paysage. J’imagine qu’ils se sont dit que les plages du Nord, la plaine de Flandres, les Terrils du bassin minier, le port de Dunkerque, ces innombrables usines en friches, tout cela constituait des ambiances, des lieux qui méritaient d’être regardés, étudiés, aimés. J’imagine tout simplement qu’ils les aimaient ces paysages et que c’est ça qui a fait qu’une formation de paysagistes est née ici.
Je pense que ce qu’ils aimaient c’était plus précisement la modernité de ces paysages. Et je crois que c’est la modernité de ces formes, et le goût pour cette modernité, qui nous a singularisé par rapport à toutes les autres formations de paysagistes en France. Je crois aussi que c’est la modernité de ces paysages du Nord qui a rendu le projet d’une formation au paysage désirable dans cette école d’architecture de Lille portée alors beaucoup plus par le patrimoine industriel que par le patrimoine pastoral.
La formation est née si ma mémoire est bonne (et elle ne l’est pas tellement) avec un don de baptême par le ministère de la culture d’un poste d’enseignant titulaire par an pendant 8 ans. Ce n’est pas ce qu’on appelle un lancement en orbite.
Si je m’arrête sur ce détail, c’est pour souligner que si une formation qui a été lancée avec si peu de prodigalité peut aujourd’hui fêter ces 20 ans, c’est qu’elle a bénéficié d’un soutien de l’établissement et d’une solidarité de nos collègues de la formation en architecture, qui ont accepté de partager leur gâteau, c’est-à-dire qui ont accepté que la formation se construise essentiellement avec des transferts de postes à notre profit. Je crois important à l’occasion de cet anniversaire de les en remercier.
L’histoire que je me raconte – que je vous raconte – se découpe en 4 périodes…