La communauté d’agglomération Amiens métropole possède, depuis 2000, par transfert de compétence de la commune-centre à qui elles avaient été léguées, trois collections muséales labellisées « musées de France », riches de plus de 70 000 œuvres : celles du muséum d’histoire naturelle, de l’hôtel de Berny et du musée de Picardie. Elles ont, historiquement, été présentées dans deux bâtiments classés aux monuments historiques : l’hôtel de Berny et le palais du musée de Picardie. Le premier est cependant fermé au public, depuis 2006, pour raisons de sécurité. Le second a été réouvert en 2020, à l’aube de la crise sanitaire, après trois années de fermeture pour travaux.
Les activités proposées par le musée de Picardie, entre expositions permanentes, temporaires et actions de médiation culturelle, attirent un public grandissant, qui dépasse à ce jour les 110 000 visiteurs annuels. L’intégration des expositions temporaires dans le parcours visiteur des collections permanentes limite cependant la capacité d’apprécier leur effet sur la fréquentation. Dans l’ensemble, la politique tarifaire mise en place favorise l’accessibilité du musée au plus grand nombre, en particulier les plus jeunes.
Pour autant, aucune stratégie muséale n’est clairement définie. Ni le muséum d’histoire naturelle ni le musée de l’hôtel de Berny ne disposent de projet scientifique culturel, document pourtant obligatoire pour un musée de France selon le Code du patrimoine. Pour sa part, celui du musée de Picardie, à la rédaction non aboutie, est arrivé à échéance. En l’absence d’objectifs définis, il n’est pas possible d’évaluer la réalisation du projet ni la cohérence des nombreuses actions menées par les musées amiénois, alors qu’Amiens métropole aurait tout à y gagner.
L’intercommunalité doit renforcer la gestion de ses collections « musées de France ». En application du Code du patrimoine, l’inventaire du muséum d’histoire naturelle doit être établi et celui des autres collections nécessite d’être mis à jour et tenu, ce qui favorisera, en outre, l’actualisation de l’inventaire comptable. Un engagement renouvelé dans les opérations de récolement, effectuées depuis seulement deux ans, améliorera la connaissance des collections. Le musée de Picardie se distingue d’ailleurs depuis 2024 par le recours au financement participatif pour l’acquisition ou la restauration de ses œuvres.
En matière d’acquisition onéreuse, la politique d’Amiens métropole, qui n’est formalisée dans aucun document, est économe et repose sur un travail de veille sur le marché.
Du fait de la gestion en régie directe des musées de Picardie, de Berny et du muséum d’histoire naturelle, ceux-ci sont retracés comptablement au sein du budget principal d’Amiens métropole. Si ces dépenses et recettes sont identifiées au sein de la nomenclature fonctionnelle, la qualité de cette affectation comptable est perfectible et Amiens métropole ne dispose pas, au-delà du cadre réglementaire, d’une vision individualisée par musée. Le coût annuel de fonctionnement du musée de Picardie, reconstitué par la chambre au vu des informations à sa disposition, est estimé à 5,1 M€ en 2024, soit quinze fois les recettes d’activité du musée, estimées à 0,33 M€.