Le mélèze nous raconte... - Parc naturel régional du Queyras

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4 juin 2026

L'observatoire sylvicole, un projet collaboratif et participatif

Cet observatoire participatif s'inscrit dans un réseau de plusieurs dispositifs similaires (5 à ce jour, dont 2 dans les Hautes-Alpes) dans le but de disposer d'un maillage de données d'observation.
Le projet regroupe des acteurs de la recherche et des acteurs du territoire (relais locaux). Il a pour objectif de faire collaborer des usagers du territoire et des acteurs locaux, qui peuvent être intéressés et directement impactés par l'évolution des forêts du Parc naturel du Queyras et de la Réserve de biosphère du Mont Viso au regard des changements climatiques.
Ce projet rassemble à ce jour le Parc naturel régional du Queyras, l’association Forêts Alpines, l’INRAE (unités Zoologie Forestière et BioForA d’Orléans), l’Éducation nationale et la commune de Guillestre. Il est ouvert à tous les habitants et visiteurs du territoire.

Pourquoi un mélèze ?

Le mélèze d'Europe (Larix decidua) est une espèce modèle pour étudier les effets des gradients altitudinaux car sa répartition est très large (entre 500 et 2500 mètres d'altitude environ). Adaptée à un climat subalpin, cette espèce pionnière se développe facilement sur des sols pauvres en nutriments. De plus, elle résiste bien à la chaleur et à la sécheresse.

© PNRQ

Un observatoire animé grâce aux sciences participatives

Les sciences participatives visent à mobiliser habitants et scientifiques autour de mêmes outils pour faire avancer collectivement la science. Les données peuvent être collectées et interprétées par toutes et tous. L’idée est d’atténuer l’impression parfois ressentie que les données scientifiques sont trop complexes et hors de portée.

4 outils en expérimentation

Quatre appareils sont fonctionnels et prennent des mesures à intervalles régulier plusieurs fois par jour :

© Lucie LOMBARD - Forêts Alpines

  • Un piège photographique (non létal) attire des insectes grâce à des phéromones. Les insectes tombent dans un entonnoir puis sont pris en photo. La prise de photographies s’effectue à intervalle régulier, avec une transmission des photos à distance, permettant d’identifier les espèces présentes (majoritairement des Longicornes). Ce « piège vision » fonctionne grâce à un mini-ordinateur dont l’énergie est fournie par les panneaux solaires qui surplombent le dispositif.
    À terme, les chercheurs aimeraient utiliser un minicontrôleur pour que ce soit directement l’arrivée d’un insecte dans l’entonnoir qui déclenche la prise de vue. Une identification de l’espèce capturée serait aussi idéale.
    Dans quelques mois, les photographies seront disponibles sur une plateforme en ligne.
  • Un boîtier blanc capte hygrométrie (degré d’humidité de l’atmosphère), température et luminosité.
    12 petits capteurs de températures (appelées thermistances) y sont raccordés et permettent de relever la température avec une précision au dixième de degrés Celsius, en différents points (sous l’écorce, sur l’écorce, ainsi qu'au niveau des aiguilles) et aux quatre points cardinaux.
    L’ensemble de ces paramètres permet de caractériser le microclimat à l’échelle de ce mélèze. Ces données sont transmises à l’INRAE. Dans quelques mois elles seront également disponibles sur la plateforme (citée au-dessus).

© PNRQ

Les thermistances. © Lucie LOMBARD - Forêts Alpines

  • Un dendromètre fixé dans le tronc est connecté à un second boîtier blanc, qui mesure également la température, l’hygrométrie et la luminosité. Les deux pointes du dendromètre enregistrent les variations du diamètre du tronc du mélèze. Ainsi, il est possible d’observer sa croissance durant la période de végétation et les micro-variations quotidiennes liées à la réserve en eau de l’arbre (réserve reconstituée la nuit et mobilisée le jour, en complément du prélèvement racinaire).

© PNRQ

  • Enfin, une station météo installée à proximité du mélèze effectue des relevés de températures et quantifie le volume des précipitations.

L’ensemble de ces données permettront d’observer la plasticité écologique du mélèze, c’est-à-dire comment cet individu répond aux changements de son environnement.
La multiplication des dispositifs sur des espèces variées et des espèces similaires est pertinente pour analyser les différentes réponses des essences face aux variations du climat, et pour déterminer quels sont les mécanismes globaux d’adaptation des forêts.

Une première présentation de l’observatoire sylvicole a eu lieu le samedi 20 juin 2026 ; d'autres animations seront proposées les 2 et 3 octobre prochains, dans le cadre de la Fête de la Science. Que vous soyez Guillestrin(e) ou simplement curieux(se) de découvrir le dispositif, vous êtes le(la) bienvenu(e) !

Les premières données enregistrées par les différents capteurs dévoilées

Une première illustration des données relevées par les appareils de mesure présents sur site est visible sur le graphique ci-dessous :

4 grandeurs sont représentées, pour la période du 29 avril au 29 mai 2026 :

  • La courbe rouge permet de suivre les variations journalières de la température, telles que les pics positifs en milieu de journée. On peut visualiser la vague de froid des Saints de glace, avec un pic à 0°C le 16 mai 2026. A contrario, on remarque une phase de fortes chaleurs débutée le 21 mai, avec une température maximale de 30°C atteinte le 27 mai.
  • L’humidité relative (en %), représentée quant à elle par la courbe bleue, est élevée voire importante sur une grande partie de l'intervalle de temps étudié. Elle est corrélée de manière négative aux variations de la température, puisqu’on observe une diminution du taux d'humidité lors de la hausse des températures à la fin du mois de mai.
  • La courbe verte met en évidence l'évolution du diamètre de l’arbre (en mm), qui augmente ou diminue de quelques centièmes de millimètres chaque jour. Ces changements sont liés à la variation de la réserve en eau du mélèze (réserve reconstituée la nuit et mobilisée le jour, en complément du prélèvement racinaire). Lorsque le taux d'humidité est élevé, le diamètre de l’arbre varie peu, tandis que lors de fortes chaleurs, le diamètre évolue plus fortement, voire rétrécit.
  • Enfin, l'intensité lumineuse (en candela par m²) est représentée en jaune. Outre un cycle journalier, on constate des pics d'intensité lumineuse selon les jours. On relève également une augmentation de la période d'intensité lumineuse quotidienne avec le temps, signe de l'augmentation de la durée d’ensoleillement par jour.
Recapiti
Queyras