Les écoles nationales supérieures d’architecture en Île-de-France

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La chambre régionale des comptes d’Île-de-France publie un rapport thématique régional de synthèse après le contrôle des six écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA) franciliennes. 
En France, la formation à la profession règlementée d’architecte est assurée par 21 ENSA qui accueillent un peu moins de 20 000 étudiants. Siège de six ENSA qui accueillent ensemble 7 700 élèves soit 40 % des étudiants en architecture, l’Île-de-France est la région qui concentre le plus d’écoles d’architecture sur le territoire national. 
Une réforme intervenue en 2018 avait pour objectifs principaux le développement de la recherche et l’accroissement de l’indépendance pédagogique et financière des établissements.

Une mise en œuvre hétérogène de la réforme de 2018
Aujourd'hui de tailles différentes, accueillant de 670 à 2100 étudiants, les ENSA franciliennes connaissent des situations immobilières contrastées, disposent de ressources financières et de ressources humaines inégales, leurs offres de formation sont plus ou moins étendues et leurs dynamiques de recherche variées.

Le développement de la recherche : un objectif manqué
La chambre relève notamment les stratégies trop éclatées des laboratoires de recherche trop nombreux, des publications essentiellement locales et ne répondant pas aux exigences des revues internationales à comité de lecture. Sur la période étudiée, à rebours des objectifs de la réforme, le nombre de doctorants dans les ENSA d’Île-de-France a reculé de 2,4 %.

Une autonomie financière réduite et des coûts variables
L’autonomisation financière prévue dans la réforme de 2018, n’a que peu progressé en sept ans, passant d’une dépendance à la tutelle de 91,6 % à 91,1 % quand dans le même temps, elle a baissé de six points dans les universités. Les dépenses annuelles rapportées au nombre d’élèves sont variables, comprises, en 2024, entre 9 964 € à Versailles et 15 299 € à Paris-Malaquais, soit une différence de 53 %. Les coûts par élève diminuent avec l’augmentation des effectifs étudiants. Ceci devrait interroger tant sur la répartition des moyens et des effectifs étudiants par école que sur la détermination d’une taille critique pour les ENSA, pour bénéficier d’économies d’échelle.

L’absence de coopérations entre les ENSA franciliennes, un frein au succès de la réforme
L’autonomie accordée aux ENSA s’est traduite par une individualisation des stratégies et des approches. La coopération entre les ENSA en Île-de-France est quasiment inexistante, alors qu’une mise en valeur collective des écoles franciliennes et une mise en commun de moyens, leur offriraient une meilleure visibilité, y compris à l’international. Si le périmètre et la forme d’un tel rapprochement restent à définir, ce dernier semble indispensable à l’approfondissement d’une réforme, aujourd'hui au milieu du gué.

Ce rapport est disponible en ligne sur le site internet de la chambre régionale des comptes d’Île-de-France.

Les rapports publiés et à venir :
- ENSA Paris-La Villette (75)
- ENSA Paris-Val de Seine (75)
- ENSA Paris-Belleville (75)
- ENSA Paris-Malaquais (75)
- ENSA Paris-Est (77)
- ENSA de Versailles (78) 

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