Les outils informatiques, aussi performants soient-ils, ne suffisent pas à eux seuls pour analyser les phénomènes de cybercriminalité. Derrière les logiciels malveillants, les campagnes de fraude ou les réseaux criminels se trouvent des organisations, des motivations, des modèles économiques et des comportements humains qu'il est indispensable de comprendre. À travers son programme, cette première édition a proposé une approche résolument interdisciplinaire de la cybercriminalité. Les différentes interventions ont montré que la compréhension de ces phénomènes mobilise aussi bien les sciences du numérique que les sciences humaines et sociales.
Faire dialoguer les disciplines
Pendant cinq jours, le programme a alterné conférences scientifiques, ateliers et temps d'échanges autour des multiples facettes de la cybercriminalité.
Les participants ont ainsi exploré les écosystèmes des malwares, les crypto-actifs et les flux financiers illicites, les méthodes d'analyse criminologique, les usages de l'intelligence artificielle dans les enquêtes, les violences numériques, les infrastructures criminelles ou encore les nouveaux défis posés aux scientifiques et aux services d'investigation.
Cette première édition a réuni des scientifiques et experts de renommée internationale, notamment issus des universités de Cambridge, Montréal, Lausanne et de l'Université de Lorraine venus partager leurs travaux et confronter leurs approches. A leurs côtés, des représentants du ministère de l’Intérieur et de structures spécialisées dans la lutte contre les violences numériques. Cette diversité de profils, informaticiens, spécialistes de cybersécurité, criminologues, juristes, économistes, psychologues et experts des services d'enquête, a permis d'offrir une vision globale des enjeux de la cybercriminalité. Une interdisciplinarité aujourd'hui essentielle pour développer de nouvelles méthodes de recherche et concevoir des outils adaptés aux réalités du terrain.
Une dynamique de recherche européenne
Cette école d'été s'inscrit dans un environnement scientifique particulièrement riche à Nancy, où les collaborations entre informatique, intelligence artificielle et cybersécurité sont nombreuses. Au sein de l’Université de Lorraine, les laboratoires Loria et Beta, ainsi que des écoles d’ingénieurs (Mines Nancy, Télécom Nancy) sont des acteurs importants de cette dynamique.
L'événement s'est notamment inscrit dans la dynamique du projet européen ENSEMBLE, financé par Horizon Europe, qui rassemble scientifiques et partenaires européens autour de l'analyse des écosystèmes criminels numériques et du développement de nouvelles approches pour lutter contre la cybercriminalité.
Il a également mis en lumière les travaux menés dans le cadre du projet DefMal, soutenu par le PEPR Cybersécurité, coordonné par Jean-Yves Marion, Professeur d’informatique à l’Université de Lorraine, consacré à l'analyse des logiciels malveillants et au développement de nouvelles méthodes pour mieux comprendre, détecter et anticiper les menaces numériques.
Au-delà des conférences, cette semaine a favorisé les échanges entre communautés scientifiques européennes, partenaires institutionnels et acteurs opérationnels. Pour les doctorant(e)s et étudiant(e)s, elle a constitué une occasion privilégiée de rencontrer des spécialistes reconnus internationalement, de confronter leurs travaux et de faire émerger de nouvelles collaborations.
Inria engagé pour un numérique de confiance
Partenaire de cette première édition, Inria accompagne depuis de nombreuses années des recherches en cybersécurité, intelligence artificielle, protection des données et informatique de confiance.
Au sein du Centre Inria de l'Université de Lorraine, les équipes de recherche contribuent au développement de nouvelles approches pour comprendre, détecter et anticiper les menaces numériques. En soutenant cette école d'été, le Centre Inria de l'Université de Lorraine réaffirme son engagement en faveur d'une recherche ouverte, interdisciplinaire et européenne.
Face à une cybercriminalité en constante évolution, le rapprochement entre informatique, sciences humaines et partenaires opérationnels apparaît plus que jamais indispensable pour produire des connaissances nouvelles et former les futurs acteurs de la cybersécurité.