Boulevard Pasteur : comprendre les choix d'un projet conçu pour préparer Soissons au changement climatique - Ville de Soissons

Compatibilità
Salva(0)
Condividi

Première priorité : éviter tout abattage inutile

En matière d’environnement, la règle est claire : avant de supprimer un arbre, il faut d’abord rechercher toutes les solutions permettant de le conserver.

C’est le premier principe de la doctrine nationale « Éviter – Réduire – Compenser » (ERC). C’est exactement la méthode qui a été appliquée sur le boulevard Pasteur.

Sur les 135 arbres présents aujourd’hui, 97 seront conservés. Plus de sept arbres sur dix continueront donc à structurer le paysage du boulevard.

Chaque arbre conservé est un arbre qui continuera à produire de l’ombre, à capter du carbone, à accueillir la biodiversité et à participer au confort des habitants.

Pourquoi certains arbres doivent-ils malgré tout être remplacés ?

Les arbres qui seront supprimés ne le sont pas pour faire de la place à davantage de voirie. Ils répondent principalement à une problématique très concrète de sécurité et de qualité de vie.

Lorsque les tilleuls ont été plantés au début des années 1990, les habitudes de circulation étaient très différentes. Les riverains accédaient alors à leurs propriétés en circulant librement sur des espaces en sable stabilisé et en contournant les arbres. Les entrées charretières n’avaient pas été réellement prises en compte lors de leur implantation.

Aujourd’hui, le boulevard est entièrement repensé. Une piste cyclable sécurisée sera créée tout au long de l’axe. Les trottoirs seront élargis et rendus accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Dans cette nouvelle configuration, il n’est plus envisageable que les véhicules traversent la piste cyclable en slalomant entre les arbres pour rejoindre les garages privés. Les arbres concernés sont donc essentiellement ceux qui empêchent la création d’entrées charretières conformes, sécurisées et compatibles avec les nouveaux usages de l’espace public.

Ce choix répond avant tout à un objectif de sécurité pour les cyclistes, les piétons et les riverains.

Des arbres également remplacés parce qu’ils n’ont plus d’avenir ou qu’ils peuvent constituer un danger

La seconde raison est sanitaire. Avant toute décision, chaque arbre a été examiné individuellement par les spécialistes de l’ONF Vegetis.

Le diagnostic a identifié plusieurs sujets dont l’état est déjà fortement dégradé ou dont l’avenir est compromis à court ou moyen terme.

Attendre leur dépérissement complet reviendrait à devoir rouvrir, dans quelques années seulement, une voirie entièrement reconstruite pour retirer des arbres devenus dangereux.

Les épisodes caniculaires fragilisent les arbres et augmentent leur sensibilité aux violents orages estivaux. Chaque année, ces phénomènes provoquent des chutes d’arbres ou de branches sur l’espace public. Préparer l’avenir, c’est aussi anticiper ces risques. Le renouvellement progressif des sujets les plus fragiles participe à la sécurité des habitants tout en évitant des interventions d’urgence sur des arbres devenus dangereux. 

RÉDUIRE au maximum les impacts

Le deuxième principe de la démarche ERC consiste à limiter autant que possible les impacts lorsque certaines suppressions sont inévitables.

Le projet du boulevard Pasteur a été conçu dans cette logique. Les arbres supprimés sont limités au strict nécessaire : les sujets malades ou qui empêchent l’accès aux domiciles des riverains.

Le reste de l’alignement est conservé et bénéficiera même de meilleures conditions de développement grâce à la désimperméabilisation des sols et la création de noues paysagères, à une meilleure infiltration de l’eau de pluie et à des espaces végétalisés beaucoup plus généreux.

COMPENSER… mais surtout préparer les 50 prochaines années

Compenser ne signifie pas simplement remplacer un arbre par un autre. Il s’agit de construire progressivement un patrimoine arboré capable de traverser les décennies.

Comme tous les êtres vivants, les arbres ont une durée de vie. Une ville qui ne plante plus de jeunes sujets finit inévitablement par perdre progressivement sa canopée lorsque les arbres vieillissent simultanément.

À l’inverse, planter régulièrement de jeunes sujets au milieu d’arbres plus matures permet d’assurer une continuité végétale permanente. C’est cette logique qui guide aujourd’hui la politique de végétalisation de Soissons.

Les futurs arbres ont été choisis pour leur meilleure résistance aux épisodes de sécheresse, aux fortes chaleurs et aux conditions climatiques qui seront celles de la seconde moitié du XXIᵉ siècle. Cette diversification des essences permettra également de rendre le patrimoine arboré plus résilient face aux maladies et aux aléas climatiques.

Le choix des matériaux participe également à cette stratégie d’adaptation au changement climatique. Contrairement aux revêtements foncés qui emmagasinent fortement la chaleur, le boulevard sera aménagé avec des matériaux de teinte claire (enrobés beige, pavés en grès clair et autres revêtements à fort albédo) capables de réfléchir une plus grande partie du rayonnement solaire. Cette conception permet de limiter l’échauffement des surfaces minérales, de réduire les phénomènes d’îlots de chaleur urbains et d’améliorer le confort des usagers pendant les épisodes de fortes chaleurs. 

Recapiti
David Glatigny