Il fallait arriver tôt. Bien avant les premières notes, les bonnes places dans l’herbe avaient trouvé preneurs et les premiers rangs s’étaient déjà densifiés devant la scène.
Puis, les premières mesures de « Money for Nothing » ont retenti. En quelques secondes, quarante années de rock ont semblé se télescoper sous le ciel dinardais. « Expresso Love », « Your Latest Trick », « Walk of Life »… quelques notes et le public s’est mis à danser.
Sur le papier, The Dire Straits Experience appartient à la catégorie des tribute bands. Sur le papier seulement. La présence de Chris White, qui avait accompagné Dire Straits lors de la tournée mondiale de Brothers in Arms, donne naturellement une autre dimension au concert.
Le groupe ne cherche pas simplement à reproduire les morceaux à l’identique. Sur scène, les arrangements conservent une vraie liberté et laissent une large place aux musiciens. Chris White en fait notamment la démonstration avec un long solo de saxophone sur « On Every Street« , particulièrement applaudi.
« Two Young Lovers« accélère ensuite le tempo et fait bouger Port-Breton, avant un changement complet d’atmosphère avec « Brothers in Arms« . Près de quarante ans après sa sortie, la célèbre ballade rappelle toute la capacité du répertoire de Dire Straits à toucher plusieurs générations.
Au chant et à la guitare, Terence Reis, en digne héritier de Mark Knopfler, occupe une place centrale, entouré de Richard Barrett, John Maul, Michael Bramwell, YoYo Achete et Luke Naimi : une formation particulièrement solide, capable de restituer toute la richesse des compositions originales tout en leur conservant une véritable énergie de concert.
Et forcément, pour le rappel : « Sultans of Swing« . Il ne pouvait rester qu’elle. Quarante-cinq ans après avoir révélé Dire Straits au monde, le morceau n’a manifestement rien perdu de son pouvoir. Port-Breton l’a savouré jusqu’au bout.
Dinard Opening s’était ouvert le 10 août sur la fougue de Tankus au Château Hébert. Il aura ensuite pris l’heure anglaise à Saint-Bartholomew, traversé la folk de Brooke Sharkey et Chloe Foy, le rock de Laurie Wright, retrouvé Murray Head, puis plongé, pour finir, dans l’un des répertoires les plus populaires du rock britannique.
Une nostalgie, oui. Mais une nostalgie sacrément vivante !