La maladie de Parkinson fait d'abord penser au tremblement et à la lenteur des gestes. Pourtant, beaucoup de personnes concernées remarquent aussi que retrouver un mot, se souvenir d'un rendez-vous ou suivre une conversation à plusieurs demande soudain plus d'effort qu'avant. C'est à cet endroit précis que des exercices de mémoire pour la maladie de Parkinson, pratiqués un peu chaque jour, trouvent tout leur intérêt : non pour guérir la maladie, mais pour entretenir la mémoire, l'attention et la souplesse d'esprit, et préserver le plus longtemps possible le plaisir des échanges et l'autonomie du quotidien.
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- 👥 Pour les familles et les aidants
- 🔄 Mis à jour en septembre 2026
Cet article ne se contente pas d'expliquer : il propose 20 exercices concrets, simples à mettre en place à la maison, sans matériel coûteux, en quelques minutes par jour. Chacun est décrit pas à pas — ce qu'il faut dire, ce qu'il faut faire, ce qu'il vaut mieux éviter. Ces exercices s'adressent aux personnes vivant avec un Parkinson, à leurs proches et aux professionnels qui les accompagnent. Ils complètent la prise en charge médicale et rééducative ; ils ne la remplacent jamais. Toute difficulté nouvelle ou qui s'aggrave se signale au médecin traitant ou au neurologue.
L'essentiel en 30 secondes
Dans la maladie de Parkinson, la mémoire des connaissances est souvent bien préservée ; ce qui se fatigue plus vite, c'est la vitesse pour aller chercher l'information, l'attention et la mémoire de travail. Des exercices courts, quotidiens et bienveillants aident à entretenir ces capacités.
- La bonne dose — mieux vaut 10 à 15 minutes chaque jour qu'une longue séance une fois par semaine : le cerveau consolide ce qui est répété à intervalles rapprochés.
- Le bon niveau — un exercice doit être un peu difficile mais réussi la plupart du temps : trop facile, il n'apporte rien ; trop dur, il décourage.
- Les 4 mémoires à travailler — la mémoire du quotidien, la mémoire des mots, la mémoire de travail et l'attention, la mémoire visuelle et spatiale.
- La posture des proches — laisser le temps de répondre, valoriser l'effort plutôt que le résultat, ne jamais faire à la place trop vite.
- Le cadre — ces exercices sont un complément. Ils ne remplacent ni le neurologue, ni l'orthophoniste, ni le neuropsychologue, à qui l'on signale toute difficulté nouvelle.
Parkinson et mémoire : ce qui change, ce qui se travaille
Selon l'Inserm, la maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente en France, après la maladie d'Alzheimer. On la décrit d'abord par ses signes moteurs — lenteur, rigidité, tremblement — mais elle influence aussi la façon dont le cerveau mobilise ses ressources. Comprendre ce qui change réellement du côté de la mémoire est le meilleur point de départ : cela évite les inquiétudes excessives, et cela permet de choisir des exercices vraiment utiles plutôt que de s'épuiser sur ce qui n'a pas besoin d'être travaillé.
Première chose à savoir, et elle est rassurante : dans la maladie de Parkinson, la mémoire n'est pas « effacée » comme on l'imagine parfois. Les souvenirs anciens, la culture, le vocabulaire, les gestes appris de longue date restent le plus souvent bien présents. Ce qui se fatigue plus facilement, c'est le moteur de recherche du cerveau : la vitesse et la fluidité avec lesquelles on va chercher une information et on la ramène à la conscience. Le mot est là, il ne vient pas tout de suite. Le souvenir existe, il demande un indice pour ressortir.
Les difficultés les plus fréquentes
Les professionnels observent surtout trois types de gêne, d'intensité très variable d'une personne à l'autre. D'abord une lenteur de récupération : on retrouve l'information, mais après un délai. Ensuite une mémoire de travail plus sensible : garder plusieurs éléments en tête en même temps, comme suivre une consigne en trois étapes ou faire un calcul, devient plus coûteux. Enfin une attention plus fragile face aux distractions et à la double tâche : penser et bouger en même temps, ou suivre deux conversations à la fois, demande davantage d'énergie.
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La mémoire de rappel
Le souvenir est là, mais il tarde à venir. Un indice — une première lettre, un contexte — l'aide souvent à ressortir. C'est pourquoi beaucoup d'exercices utilisent des repères plutôt que des questions abruptes.
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La mémoire de travail
Garder plusieurs informations en tête et les manipuler : retenir une adresse le temps de la noter, suivre une recette, calculer une monnaie. C'est l'une des fonctions les plus utiles à entretenir.
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L'attention
Se concentrer malgré le bruit, revenir à sa tâche après une interruption, faire deux choses à la fois. Une attention soutenue nourrit directement la qualité de la mémorisation.
Cette nuance est importante, car elle distingue la mémoire dans la maladie de Parkinson de ce que l'on observe le plus souvent dans la maladie d'Alzheimer. Dans cette dernière, c'est fréquemment l'enregistrement même du souvenir qui est atteint : l'information ne s'imprime pas, et un indice n'aide pas à la retrouver. Dans la maladie de Parkinson, le souvenir est le plus souvent bien enregistré ; c'est son accès qui est ralenti, et un simple indice suffit alors souvent à le faire revenir. Concrètement, cela veut dire que les exercices les plus utiles ne cherchent pas à « forcer » la mémoire, mais à entraîner la récupération et à s'appuyer sur des repères. C'est tout l'esprit des activités qui suivent : fournir des amorces, associer les informations à un contexte, répéter à intervalles rapprochés.
Deuxième chose à retenir : ces difficultés ne sont ni systématiques, ni figées. Beaucoup de personnes vivant avec un Parkinson conservent longtemps une pensée fine et une mémoire fiable. Et surtout, la mémoire n'est pas un muscle qui s'use : c'est un réseau qui se renforce à l'usage. Une information que l'on cherche activement, que l'on répète, que l'on relie à autre chose, s'ancre plus solidement. C'est exactement le principe des 20 exercices qui suivent.
💡 Pourquoi la lenteur n'est pas de la mauvaise volonté
Quand une personne met du temps à répondre, son cerveau n'est pas « absent » : il est en train d'aller chercher l'information, plus lentement. Finir ses phrases à sa place, par gentillesse ou par impatience, revient à faire le travail que l'on cherchait justement à entraîner. Le geste le plus utile est souvent le plus simple : laisser quelques secondes de silence, sans pression.
Avant de commencer vos exercices de mémoire : 6 repères
Un exercice de mémoire n'est utile que s'il est pratiqué dans de bonnes conditions. Les mêmes minutes passées peuvent aider beaucoup ou décourager, selon la manière. Voici six repères simples à installer avant de se lancer : ils valent pour les 20 exercices, quel que soit le domaine travaillé.
- Choisir le bon moment de la journée. Dans la maladie de Parkinson, la forme varie selon les heures et l'effet des traitements. Repérez le moment où la personne est la plus disponible — souvent en fin de matinée — et réservez-le aux exercices. On ne travaille pas la mémoire quand on lutte déjà contre la fatigue.
- Faire court, mais chaque jour. Dix à quinze minutes quotidiennes valent mieux qu'une heure le dimanche. Le cerveau consolide ce qui revient à intervalles rapprochés. Mieux vaut deux petits exercices tenus dans la durée que dix abandonnés au bout d'une semaine.
- Viser le bon niveau de difficulté. L'exercice idéal est réussi la plupart du temps, avec un peu d'effort. Trop facile, il n'apprend rien ; trop difficile, il humilie et fait fuir. Réglez la difficulté comme on règle un thermostat : un cran plus haut quand c'est trop simple, un cran plus bas si l'agacement pointe.
- Supprimer les distractions. Télévision éteinte, téléphone en silence, table dégagée. L'attention étant fragile, chaque source de bruit détourne une part des ressources qui devraient servir à mémoriser.
- Valoriser l'effort, pas seulement la réussite. Dites « bravo d'avoir cherché », « tu y es presque, on reprend ensemble », plutôt que de souligner l'erreur. La mémoire fonctionne mieux quand la personne se sent en sécurité, pas jugée.
- Rendre l'exercice agréable. Un souvenir de vacances, une chanson aimée, une photo de famille mobilisent la mémoire bien plus efficacement qu'une liste de mots abstraits. L'émotion positive est un puissant fixateur de souvenirs.
⚠️ Ce que ces exercices ne sont pas
Ces activités entretiennent et stimulent : elles ne diagnostiquent rien et ne mesurent pas la maladie. Un exercice raté un jour de fatigue ne veut rien dire. Si vous constatez un changement net et durable — oublis plus fréquents, désorientation, difficultés nouvelles à gérer les affaires courantes —, n'en tirez aucune conclusion vous-même : notez ce que vous observez et parlez-en au neurologue ou au médecin traitant, qui sont seuls à même d'évaluer la situation.
Un dernier repère, pour les proches : vous n'êtes pas un professeur qui interroge, mais un partenaire de jeu. Le meilleur exercice est celui que l'on a envie de refaire le lendemain. Si une séance vire à la tension, mieux vaut s'arrêter et y revenir plus tard : on ne muscle pas une mémoire dans le stress. Pour situer les points forts et les points fragiles avant de commencer, un test de mémoire en ligne peut servir de premier repère — à considérer comme une simple indication, sans aucune valeur diagnostique, et non comme un bilan.
5 exercices de mémoire ancrés dans le quotidien
Les meilleurs exercices de mémoire ne ressemblent pas à des exercices. Ils s'appuient sur ce qui arrive déjà chaque jour : le programme de la journée, les repas, les objets, les courses, le calendrier. En transformant ces moments ordinaires en petits défis de mémoire, on travaille sans y penser, et on entretient précisément les capacités qui servent à rester autonome. Voici les cinq premiers.
Exercice 1 — La revue du matin
Au petit-déjeuner, avant de consulter l'agenda, essayez de reconstituer de mémoire le programme de la journée. Comment faire : demandez-vous à voix haute « Qu'est-ce que je fais aujourd'hui ? Y a-t-il un rendez-vous, une visite, un coup de fil à passer ? », puis vérifiez ensuite sur le calendrier. Pourquoi ça aide : cet exercice sollicite la mémoire prospective, celle qui sert à se souvenir de ce que l'on doit faire — souvent la plus utile au quotidien. Le fait de vérifier juste après renforce l'ancrage. Pour un proche : posez la question ouvertement, sans donner la réponse, et laissez le temps de chercher.
❌ À éviter : réciter le programme à la place de la personne, ou transformer l'exercice en interrogatoire anxiogène du type « alors, tu te rappelles au moins de ton rendez-vous ? ». Le but est d'entraîner, pas de vérifier une défaillance.
Exercice 2 — Le récit du repas de la veille
Chaque midi, prenez une minute pour vous remémorer ce que vous avez mangé la veille au soir, avec le plus de détails possible. Comment faire : reconstituez le menu, mais aussi le contexte — « étions-nous seuls ? qui a cuisiné ? de quoi avons-nous parlé ? ». Pourquoi ça aide : c'est un exercice de mémoire épisodique, celle des événements vécus. Reconstituer une scène complète, avec ses détails sensoriels, renforce le rappel bien mieux qu'une simple question fermée. En famille, chacun peut compléter le souvenir de l'autre : le récit à plusieurs voix est à la fois un exercice et un plaisir partagé.
Exercice 3 — La chasse aux objets bien rangés
Les clés, les lunettes, la télécommande, le portefeuille : ces objets qui « disparaissent » sont une source d'agacement quotidienne. Comment faire : choisissez pour chaque objet un emplacement unique et prononcez à voix haute où vous le posez — « je pose mes clés dans la coupelle de l'entrée ». Le soir, essayez de citer de mémoire l'emplacement de cinq objets du quotidien. Pourquoi ça aide : verbaliser un geste en le faisant crée un double encodage, visuel et verbal, qui facilite énormément le rappel. C'est une stratégie que les neuropsychologues enseignent, autant qu'un exercice.
Exercice 4 — La liste de courses de tête
Avant d'écrire votre liste de courses, essayez d'abord de la construire de mémoire. Comment faire : parcourez mentalement les pièces de la maison ou les rayons du magasin et citez ce qui manque, puis notez et comparez. Commencez par cinq articles, augmentez progressivement. Pourquoi ça aide : retenir une liste courte mobilise la mémoire de travail, et l'associer à un parcours mental (la cuisine, la salle de bain, le cellier) fournit des indices de récupération. En magasin, tentez de retrouver un ou deux articles sans regarder la liste, puis vérifiez : l'autocontrôle fait partie de l'entraînement.
Exercice 5 — Le calendrier commenté
Chaque matin, situez-vous dans le temps à voix haute : jour, date, mois, saison, et un événement à venir. Comment faire : « Nous sommes mardi 14, au mois d'octobre, en automne ; ce week-end, ma fille vient déjeuner. » Ajoutez une date personnelle à retrouver — un anniversaire, une fête à venir. Pourquoi ça aide : l'orientation dans le temps est une base de l'autonomie, et la relier à des événements affectifs la rend plus solide. Un calendrier mural bien visible, coché chaque jour, sert de support sans faire le travail à la place de la mémoire.
💡 Le fil rouge de ces cinq exercices
Tous transforment une routine existante en petit défi de mémoire, sans ajouter de tâche à la journée. C'est le secret de la régularité : un exercice greffé sur une habitude (le café du matin, le repas, les courses) se tient dans la durée, là où un exercice « en plus » finit souvent par être oublié ou abandonné.
5 exercices pour la mémoire des mots et le langage
Le fameux mot « sur le bout de la langue » est l'une des gênes les plus courantes et les plus frustrantes. Le langage mobilise à la fois la mémoire du vocabulaire et la vitesse pour aller le chercher. Bonne nouvelle : c'est un terrain qui se travaille très bien, avec des exercices ludiques, verbaux, qui se pratiquent partout — en voiture, à table, en marchant. Voici les cinq suivants.
Exercice 6 — La fluence par catégorie
Nommez le plus de mots possible d'une même famille en une minute. Comment faire : choisissez une catégorie — fruits, animaux, prénoms, métiers, villes de France — et citez à voix haute tout ce qui vient, sans vous interrompre. Le lendemain, changez de catégorie. Pourquoi ça aide : cet exercice, appelé fluence verbale, entraîne directement la vitesse de récupération des mots, souvent ralentie dans la maladie de Parkinson. Il se corse en variant la contrainte : des mots commençant par une lettre donnée, ou en alternant deux catégories. Comptez sans juger : le progrès se mesure sur plusieurs semaines, pas d'un jour à l'autre.
Exercice 7 — Les proverbes à compléter
Un proverbe entamé, à terminer. Comment faire : « Qui va lentement… » (va sûrement), « Petit à petit… » (l'oiseau fait son nid), « L'habit ne fait pas… » (le moine). Puis inversez les rôles : c'est à la personne de proposer un début. Pourquoi ça aide : les proverbes s'appuient sur la mémoire ancienne, souvent bien préservée, ce qui procure des réussites motivantes. Ils sollicitent aussi le rappel indicé — le début sert d'amorce. En variant avec des paroles de chansons connues ou des titres de films, on garde l'exercice frais et joyeux.
Exercice 8 — L'histoire à se raconter
Racontez un souvenir précis, du début à la fin, comme une petite histoire. Comment faire : choisissez un événement — un mariage, un voyage, un premier emploi — et déroulez-le dans l'ordre : qui, où, quand, ce qui s'est passé, comment cela s'est terminé. Pourquoi ça aide : construire un récit organisé fait travailler à la fois la mémoire des souvenirs et la mise en ordre des idées, une fonction souvent sollicitée dans la maladie. Pour un proche : relancez avec des questions ouvertes — « et ensuite ? qui était là ? » — plutôt que de corriger un détail. L'objectif est le déroulé, pas l'exactitude parfaite.
Exercice 9 — La chaîne de mots
Un jeu de mémoire cumulative qui se joue à deux ou plus. Comment faire : le premier dit « je pars en voyage et j'emporte une valise », le suivant répète et ajoute un objet, et ainsi de suit