Dune de Denis Villeneuve : un film somptueux qui respecte les lois du genre ! - CulturAdvisor

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Denis Villeneuve, réalisateur canadien qui a déjà fréquenté la science-fiction, s’est emparé de Dune. Il en fait un film somptueux qui respecte les lois du genre, en racontant minutieusement une partie de l’histoire de Paul Atréides. Une deuxième partie complétera ce space opera. Dune de Denis Villeneuve, avec Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson et Oscar Isaac : un film somptueux qui respecte les lois du genre !

Dune, l’histoire des Atréides racontée par Franck Herbert,

est un monument, non seulement par son ampleur et par la richesse de ses thèmes, mais aussi par l’accumulation de commentaires qu’il a occasionnés et son importance dans le monde des livres. Publié en 1963, il a fait un chemin remarquable parmi les lecteurs de science-fiction, et a réussi à sortir de cette catégorie et à s’ouvrir à un public plus large. Cette histoire a bien sûr attiré des cinéastes. David Lynch s’y est cassé les dents en 1984 (!), refusant de signer le montage que les studios ont sorti après l’avoir évincé. Alejandro Jodorowsky aussi a échoué, un peu plus tard.

Des évocations enrichissantes

Cette nouvelle version du canadien Denis Villeneuve était donc attendue, et a fait son bruit commercial au moment de sa sortie, comme tout blockbuster qui se respecte. Alors oui, le livre est totalement respecté. Alors oui, tous les codes de la science-fiction sont eux aussi respectés, espace sidéral, engins volants et autres nefs intergalactiques, batailles spectaculaires et vocabulaire futuriste. Mais au-delà de cela, qui représente tout de même une grande partie du film par ailleurs remplie d’images sublimes et de trucages qui raviront les amateurs, l’histoire tirée du livre est magnifiquement racontée. Les thèmes, assez classiques pour le genre, le pouvoir, la trahison, les mutants et les visions de l’avenir, s’imposent par l’incarnation des idées dans des personnages consistants. Il y a donc une vraie confrontation de chaque individu à son groupe.

Dune de Denis Villeneuve, avec Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson et Oscar Isaac : un film somptueux qui respecte les lois du genre !

Tout cela dans des ambiances évocatrices qui enrichissent le propos

Le pouvoir, par exemple, avec ces bataillons de soldats identiques alignés sur des aires d’aéroports, évoque évidemment le nazisme et ses cérémonies esthétiquement travaillées. Alors que ce soient des SS, des Sardaukars ou des Harkonens, peu importe, l’Histoire du monde est convoquée dans l’image et donne un poids remarquable à la narration. D’autant plus qu’à d’autres moments, on est plutôt du côté des pays arabes, dans ce désert magnifiquement filmé, avec des Sardaukars qui ne sont pas sans rappeler Al Quaida. Le thème du sauveur, présent dans le roman, ce Kwisatz Haderach ou Mahdi acclamé par une foule voilée très orientale, pourrait être chrétien, juif ou musulman, ne retenant que l’idée et non son application.

Le thème, contemporain s’il en est, de l’eau,

très présent dans le roman, mais un peu moins dans le film, va peut être se développer dans Dune 2, puisqu’il va y avoir une suite. En revanche, l’idée du Bene Gesserit, la puissance féminine, est mise par Denis Villeneuve à une place de choix. Paul Atréide, en effet, aurait dû naître fille. Jessica, sa mère, a outrepassé les enseignements de son ordre pour combler son mari. Paul, est donc bien celui qui réunit en lui même les deux forces masculines et féminines. Et peut donc prétendre à sauver le monde. Idée simple, mais qui fait du bien dans ces temps troublés par les interrogations sur le genre.

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Par Bernard Cassat. MagCentre.

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