Franconville unie contre le harcèlement scolaire - Franconville

Compatibilità
Salva(0)
Condividi

Depuis plusieurs années, la ville est pleinement mobilisée autour du harcèlement scolaire, à travers de très nombreuses initiatives, toujours en lien avec l’Éducation nationale. Tour d’horizon de tout ce qui est proposé localement.

Harcèlement scolaire : un théâtre-forum pour libérer la parole

Tous les ans, un spectacle intitulé « T’as pas d’humour » est proposé par la ville à tous les CM1. Le but ? Libérer la parole, et faire émerger la réflexion autour du harcèlement scolaire. Peter Lord et Frédéric Hennon, deux comédiens de la Compagnie Contes sur Nous, basée à Pontoise, incarnent deux amis d’enfance qui arrivent au collège : Archibald, plus solitaire, est plongé dans l’univers du manga, tandis que Mathis s’intègre plus vite et se fait rapidement de nouveaux amis. Jérémy, le harceleur, y est évoqué sans jamais apparaitre.

Inspiré de faits réels

Ecrit par Agnès Marietta, dont la fille a été harcelée pendant ses 4 années de collège, ce spectacle est axé sur le rôle du témoin.

Un spectacle qui fait réagir

Ce spectacle est divisé en deux périodes. Dans un premier temps, une représentation de 30 à 40 minutes pendant laquelle les enfants sont très attentifs et amusés par le contenu truffé de références qui leur parlent : manga, jeux vidéo, émissions de télévision…
Certaines phrases sont fortes, et ne manquent pas de faire réagir les écoliers : « Tous les matins, je vais à l’école la boule au ventre » ; « s’il te frappe ça ne sera pas de ma faute. Tu n’as qu’à être normal » … Les différentes étapes du harcèlement (insultes, coups, menaces…) montent crescendo et y sont très bien expliquées.

Le temps du débat

La seconde partie est un temps de débat et de questions-réponses. Les deux comédiens reviennent sur les différentes situations abordées par le spectacle, et demandent leur avis aux élèves : « il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses », expliquent-ils. Puis, ils questionnent les élèves sur la définition exacte du harcèlement, quelquefois un peu galvaudé, ainsi que sur celle du cyberharcèlement. Les mains se lèvent : ils sont nombreux à vouloir répondre et donner leur ressenti… De nombreux conseils sont également donnés : prévenir immédiatement un adulte s’ils sont témoins de harcèlement ; savoir faire la différence entre une blague et une moquerie… Peter et Fréderic concluent par ces trois phrases : « On ne naît pas harceleur, on le devient. » « Il n’y aucune raison de harceler. » « On prend soin de ses camarades, même s’ils ne sont pas forcément nos amis ».

Une bande-dessinée pour dire « non » au harcèlement

Des élèves de CM2 de l’école Fontaine Bertin ont réalisé un livret pour dire « non » au harcèlement.
Cette bande-dessinée, dont les textes et les dessins ont été entièrement réalisés par les élèves, met en scène Léo, un écolier harcelé par plusieurs camarades. La force de l’histoire réside dans le parallèle des points de vue des témoins et des harceleurs, avec une conclusion commune « La force du groupe, le courage de changer ».
Les CM2 ont solennellement remis ce livret aux élèves de CM1 à la fin de l’année scolaire, afin qu’ils prennent le relais et transmettent, à leur tour, les valeurs de cette histoire aux plus jeunes.
Cette évènement a eu lieu en présence de M. Le Maire accompagné de trois élues : Etiennette Le Béchec et Gaëlle Kokcikaran, Adjointes au Maire, et Nathalie Pais, Conseillère municipale.
Un grand bravo à l’ensemble des élèves pour leur investissement et la réalisation de de ce très beau projet, ainsi qu’à l’équipe enseignante qui les a accompagnés.

Des médiateurs à l’Accueil de loisirs Épine-Guyon

A l’école Épine-Guyon, sur le temps de la pause méridienne, des médiateurs, reconnaissables à leurs doudounes, choisis parmi les élèves volontaires des classes de CE2, CM1 et CM2, désamorcent les conflits entre les écoliers, grâce à une formation dispensée par un animateur référent. Le but est de discuter avec les enfants concernés, et de tenter de trouver une solution, grâce au dialogue. Un adulte peut être sollicité à tout moment. Ce dispositif permet de responsabiliser les élèves, en les aidant à repérer des situations parfois problématiques.

Victime ou témoin de harcèlement scolaire que faut-il faire ?

1. Contacter la direction de l’établissement

Si votre enfant est victime de harcèlement scolaire, prévenez dans un premier temps la direction de l’établissement scolaire, pour évoquer la situation et tenter de trouver des solutions.
Si besoin vous pouvez également contacter la ligne de signalement de l’Académie de Versailles (0 800 008 624).

2. Appeler le 3018, le numéro unique contre le harcèlement

Il est également possible d’appeler le numéro national qui traite toutes les formes de harcèlement, y compris le cyberharcèlement pour les enfants et adolescents. Gratuit, anonyme et confidentiel, il est ouvert aux élèves, parents et professionnels 7 jours sur 7, de 9h à 23h. Une application mobile est également disponible.
Les écoutants du 3018 peuvent conseiller, orienter, apporter un soutien psychologique et aider à faire supprimer des contenus préjudiciables.
Ne pas hésiter à contacter ce numéro en cas de doute, ou dès les premiers signes de harcèlement.

3. Solliciter les aides locales

Particulièrement engagée dans la lutte contre le harcèlement scolaire, la municipalité a mis en place des aides locales :
– Le Conseil Local de prévention, d’orientation et de lutte contre le harcèlement scolaire chez les enfants et les adolescents. Ce groupe de travail, composé d’élus et d’un référent, est complémentaire des dispositifs de l’Éducation nationale et des autres autorités compétentes.
Contact : harcelement.scolaire@ville-franconville.fr

– Les CENTRES RELIER, la ville a signé un partenariat avec les Centres Relier, association loi 1901 d’intérêt général créée en 2018. Le but est d’accompagner les jeunes harcelés au travers d’entretiens individuels et de groupe.
Des permanences sont organisées dans les Maisons de Proximité, où parents comme enfants peuvent accéder à un poste informatique en toute confidentialité pour se mettre en relation avec les Centres Relier. Ce partenariat permet également aux jeunes Franconvillois de 5 à 25 ans de bénéficier d’un accompagnement psychologique gratuit.
De plus, l’association vient de mettre en place de nouveaux outils (voir ci-dessous).

4. Porter plainte auprès de la police

En cas de harcèlement scolaire, il est également possible de porter plainte dans un commissariat, ou par courrier. Si la victime est mineure, elle peut se faire accompagner par son représentant légal. Elle peut également se constituer partie civile. Une plainte peut être déposée jusqu’à 6 années après les faits.
Depuis la loi du 2 mars 2022, le harcèlement scolaire est un délit puni de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende,
jusqu’à 10 ans de prison et 150 000 € d’amende si les faits entraînent le suicide ou une tentative de suicide. La loi s’applique également au cyberharcèlement.

De nouvelles solutions développées par l’association Centre Relier

Récemment, l’association Centres RELIER a ajouté plusieurs cordes à son arc pour aider les jeunes harcelés ou victimes d’intimidation : « Nous développons des actions de prévention et favorisons le signalement, en plus de l’accompagnement des jeunes et des familles. Le but est de compléter les dispositifs existants, en allant directement vers les jeunes qui n’osent pas demander de l’aide », explique Daniel Jasmin, co-fondateur de l’association.
Pour cela, plusieurs ressources gratuites, accessibles à tous, et adaptées à chaque âge, viennent de voir le jour :

MONSTER MOODS

Monster Moods s’adresse aux maternelles, et aux primaires jusqu’au CE2. Dans ce service en ligne, 4 univers de vie
sont proposés (école, parc…), avec des petits monstres, pour que les enfants s’habituent à raconter leur journée, reconnaissent une situation problématique, et permettent aux adultes de démarrer un dialogue. « Des situations larvées depuis l’école maternelle peuvent s’amplifier tout au long de la scolarité et finissent par exploser au collège », précise Daniel Jasmin.

MONSTER MESSENGER

Monster Messenger, pensé pour les 6-18 ans, est une alternative aux IA génératives (chatgpt…) utilisées massivement par les jeunes et les parents. En effet, selon une étude récente de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés), 51% des jeunes les utilisent pour évoquer un problème personnel, tandis que 81% des parents se tournent vers elles pour trouver des solutions à un problème éducatif « Ces outils
apportent des réponses sans jugement et leur proposent des solutions immédiates. Le problème, c’est que les IA peuvent encourager de mauvaises idées, créer un attachement à l’IA et pousser à l’isolement. », explique Daniel Jasmin. La messagerie développée par l’association est basée sur des contenus de référence, et propose notamment de répondre aux questions des jeunes et des parents par des messages vocaux enregistrés par des psychologues. En plus de proposer des solutions adaptées, elle aide le jeune à les mettre en œuvre.

L’ÉCOLE DES RÉSEAUX SOCIAUX

« L’école des réseaux sociaux » est un jeu de 59 cartes qui aide à préparer son entrée sur les réseaux sociaux, en se posant des questions sociétales essentielles comme par exemple le fait de mentir sur son âge, ou de posséder plusieurs identités.

STOP CYBERVIOLENCES

Stop cyberviolences est un programme de prévention de la primaire au lycée. Ce programme est composé de 4 parcours vidéos qui couvrent l’intégralité des problèmes qui peuvent être rencontrés en ligne (addictions aux écrans, abus,
arnaques, cyberharcèlement). « Des quiz permettent aux jeunes de se positionner, et de voir comment les autres ont répondu. Cela nous offre la possibilité de réaliser un baromètre en temps réel, pour permettre aux parents et acteurs éducatifs de mieux comprendre ce que les jeunes vivent », explique Daniel Jasmin.

RELIER VERS L’EMPLOI

Relier vers l’emploi ce sont des ateliers entre jeunes sont également organisés avec France Travail, Cap emploi, les
Missions locales et l’APEC pour accompagner les jeunes de 16 à 30 ans qui ont subi des intimidations dans leur scolarité, à préparer leur entrée dans le monde du travail. « En effet, ces personnes mettent deux fois plus de temps à trouver un travail, car ils craignent d’intégrer un nouveau groupe et pensent, qu’à nouveau, l’institution ne les protégera pas», raconte Daniel Jasmin

3 QUESTIONS À CLAIRE LE BERRE,
Adjointe au maire déléguée aux Affaires scolaires, à la Restauration, à l’Enfance, à la Jeunesse et la Citoyenneté et à l’Intercommunalité

En quoi la lutte contre le harcèlement scolaire est-elle si importante ?

« Le harcèlement scolaire est un sujet particulièrement important parce qu’il touche directement au bien-être et à la sécurité des enfants. Et surtout, il ne s’arrête pas forcément à la porte de l’école. Un enfant peut être confronté à une situation difficile sur le temps scolaire, mais aussi lors de ses activités sportives et culturelles, à l’accueil de loisirs et surtout chez lui via les réseaux sociaux. L’Éducation nationale a évidemment un rôle central dans la prévention et le traitement des situations de harcèlement à l’école avec le dispositif pHARe. Mais je pense que la ville a, elle aussi, une responsabilité, nous devons donc agir en complémentarité, notamment sur la prévention, la sensibilisation et l’accompagnement des familles. L’enjeu, pour moi, est aussi que tous les adultes qui entourent un enfant soient capables d’être attentifs aux signaux qui doivent les alerter. Un enfant ne dira pas toujours spontanément qu’il est victime de harcèlement. Il faut donc créer autour de lui un environnement dans lequel sa parole peut être entendue. »

Que diriez-vous à une famille dont l’enfant souffre de harcèlement scolaire ?

« La première chose que je lui dirais, c’est de ne surtout pas rester seule avec cette situation et de prendre au sérieux ce que lui dit son enfant. Il faut l’écouter, le rassurer et lui permettre de parler sans le culpabiliser. Ensuite, il faut rapidement se rapprocher de la Direction de l’école ou de l’établissement.
Mais nous avons justement souhaité qu’à Franconville les familles puissent aussi trouver un accompagnement de proximité. La ville travaille avec les Centres RELIER, spécialisés dans l’accompagnement des jeunes victimes de harcèlement. (voir ci-dessus).
Ce qui me paraît essentiel, c’est qu’une famille sache qu’elle peut demander de l’aide et qu’il existe plusieurs portes auxquelles frapper. Face au harcèlement, on ne doit jamais laisser un enfant ou ses parents se débrouiller seuls. »

Est-ce que d’autres initiatives devraient voir le jour prochainement ?

« Oui. Nous souhaitons notamment développer un partenariat avec Sentinelles 360, une association de motards engagée dans la prévention du harcèlement et la protection des enfants. Ils ont d’ailleurs été présents à nos côtés lors du Forum des associations, ce qui a permis aux familles de les rencontrer et de découvrir leur action.
Notre souhait serait ensuite de pouvoir organiser avec eux des interventions de sensibilisation dans les écoles de Franconville. Leur approche est assez originale : les motards arrivent dans l’école avec leurs motos, ce qui suscite forcément la curiosité des enfants, puis ils travaillent avec eux sur le harcèlement, la place de la victime mais aussi celle des témoins, et surtout sur la nécessité de parler et de demander de l’aide.
Nous réfléchissons même à associer notre brigade moto de la Police municipale à leur arrivée dans les écoles. Imaginer les motards de l’association et ceux de notre Police municipale arriver ensemble permettrait de créer un moment assez marquant pour les enfants, avant de passer au travail de sensibilisation.
C’est encore un projet que nous devons construire avec Sentinelles 360, l’Éducation nationale et nos équipes, mais c’est exactement le type d’action que nous souhaitons développer : trouver de nouvelles façons de parler du harcèlement aux enfants, avec des messages très concrets et des interventions dont ils se souviendront. »

Recapiti
Emilie Laussinotte