« Vous êtes essentielles, vous devriez toutes être millionnaires », assure Madame Duval en glissant un regard reconnaissant à Isabelle, son aide-soignante du SSIAD (service de soins infirmiers à domicile). Ce midi-là, la patiente est rayonnante et la femme en blouse blanche y est pour beaucoup. « Nous sommes un vrai service de proximité. En plus des soins, nous luttons contre l’isolement des personnes seules et nous sommes souvent le premier témoin de la fatigue des aidants », souligne Stéphanie Colinet, la directrice du SSIAD à Sainte-Luce.
Un métier indispensable en manque de reconnaissance
Depuis 1987, le service de soins situé à Bellevue veille sur les habitants du canton. En complément des auxiliaires de vie, qui vont s’occuper de l’intendance, et des infirmières libérales du territoire, l’équipe du SSIAD apporte quotidiennement les soins et la dose d’humanité à des patients âgés ou en situation de handicap. Au SSIAD, elles sont 12 aides soignantes et deux infirmières à sillonner les routes du canton pour leurs 61 patients. Pour bien faire, elles devraient être plus nombreuses.
« La crise de la COVID a fait beaucoup de mal à la profession, on a manqué de reconnaissance et maintenant, on peine à recruter », explique la directrice lucéenne. Cette pénurie de soignants, le service de soin à domicile de Sainte-Luce va essayer de le combler en accueillant un ou une élève alternant à partir de septembre. Si le travail de ces aides-soignantes n’est pas reconnu à sa juste valeur, il demeure indispensable pour beaucoup. Au regard de la complicité entre Madame Duval et Isabelle, la richesse, les femmes du SSIAD l’ont déjà trouvée dans le coeur de leur patient.