Smoker : chiroquois pure souche - Chilly Mazarin

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Smoker

Chiroquois pure souche

Mamadou Djata, alias Smoker, est un Chiroquois bien connu des amateurs de rap. Après 7 ans d’absence, il revient avec un nouvel album toujours plus engagé, “Genius“.

Originaire de Guinée-Bissau et du Sénégal, le musicien polyglotte n’a pas vraiment de souvenir avant son arrivée à Chilly-Mazarin, à l’âge de 3 ans. « J’habitais rue Beauregard, un endroit plein de vie et multiculturel que j’adorais » se souvient avec nostalgie le chanteur. Ses parents sont des gens discrets « culturellement adapté et qui ne se posaient pas la question de l’intégration mais plutôt celle du partage et de la vie en commun. » C’est ainsi que le jeune Chiroquois s’est très vite adapté à ses voisins et amis, parmi lesquels notamment son « grand frère », Matthias Kiss, un plasticien de renom, et Manuel Da Silva, alias “ Spike“, un grapheur hors normes.

La musique présente partout

Jeune, Mamadou aimait surtout le sport et particulièrement le football. Puis, en côtoyant les autres, il s’ouvre à davantage de centres d’intérêt. « À Chilly-Mazarin, on a grandi ensemble, comme une grande famille » explique le rappeur qui a beaucoup d’estime pour sa ville, sa Maison Des Ados (la “MDA“ dont le hangar a été démoli en 2019) et son directeur de l’époque, Hedi, « qui nous a tous accueillis, avec nos différences et qui nous a apporté ce qui nous manquait : un lien ». La musique et la danse étaient présentes partout : « c’était accessible parce qu’il n’y avait pas besoin de matériel. Un poste et c’était parti ! ». Smoker s’imprègne petit à petit d’une culture hip hop grandissante. « Dans les années 90, je me souviens de “battles“ de breakdanse incroyables, Place de la Libération. Tous les gens des villes voisines venaient voir ça ! » 

Pas très patient pour les études, le jeune chanteur entre très vite dans la vie active. « La musique m’a éloigné des bêtises. Je devais être rigoureux. Je ne traînais pas, je travaillais dans mon studio » explique Mamadou qui travaillait aussi comme animateur pour Chilly-Mazarin, notamment au Montcel, avec Antoine. En 1998, Smoker démarre sa carrière de rap en tant que membre du groupe Vice-Versa. Il acquiert une renommée locale en faisant des freestyles en solo dans les banlieues parisiennes, ce qui lui permet « de poser » sur les mixtapes de DJ Poska. En 2004, il sort sa première mixtape, “Drive by Lyrikal“, et rejoint le label “Funky Maestro“ de DJ Poska. Son premier album, “Force et faiblesse“ sort dans la foulée, puis il signe chez Big Broz Records.

Chilly-Mazarin comme étendard

Au fil des ans, Smoker a collaboré avec de nombreux artistes d’envergure, tel que Booba, La Fouine, Youssoufa ou encore Lino (Ärsenik) et a sorti plusieurs albums et mixtapes. Il est reconnu pour sa musique engagée, qui dénonce les injustices sociales et encourage la tolérance et le respect mutuel. En 2022, dans le cadre de la journée contre les violences faites aux femmes, il écrit “Rendez-vous manqué“, un titre fort dénonçant les violences conjugales. « Cela a du sens que ce soit un homme qui condamne ces faits-là. Le rap doit contribuer à ce combat. » À 40 ans passé, lui n’a pas raté son rendez-vous avec l’amour, vingt plus tôt. « On s’aime énormément avec ma femme et nous faisons les choses à deux, dans l’équilibre. » Père de trois garçons, il a pris le temps nécessaire pour eux et revient aujourd’hui avec un nouvel album de 17 titres, “Genius“ qui sortira le 7 juin 2024 « avec Chilly-Mazarin dans tous mes morceaux, comme un étendard ! »

Assez éclectique dans l’inspiration, l’auteur rassure : « cela restera du Smoker, avec pas mal de Guest du 91 : Dosseh, Hatik, Denzo (de Grigny), Zek (d’Evry) et Ange, avec qui j’avais déjà collaboré sur un morceau, “African gangster“, qui a vocation à donner la motivation de se battre pour réussir ! » En attendant les clips et une tournée, les impatients peuvent découvrir un premier titre disponible sur toutes les plateformes, “La mentale“. Cerise sur le gâteau, l’artiste est fier d’annoncer un morceau de plus de 7 minutes, dédié à sa Ville, “Chilly city paradise“ sur ce nouvel album et ne cache pas son envie d’en réaliser le clip « en mode grande famille, ouvert à tous, à l’instar de la MDA et des valeurs de la ville sur le partage et la tolérance. »

Recapiti
Soukaina Ghanimi