1 mai 2025 • ACTUALITÉS
En avril 2025, Le Monde diplomatique a de nouveau ciblé le Groupe SOS, avec un article intitulé « Le Groupe SOS lorgne les espaces naturels protégés ». Publiée près d’un an après la visite des journalistes sur le terrain et sans aucun contact récent avec le Groupe SOS, cette publication s’appuie sur des informations obsolètes et des affirmations erronées.
Le Groupe SOS tient ici à rectifier ces allégations et à dissiper les insinuations selon lesquelles des motivations financières guideraient son engagement pour les Marais du Vigueirat. Il s’agit du deuxième article signé par les mêmes journalistes, qui persiste à véhiculer des inexactitudes et à sous-entendre une recherche de profit, alors que le Groupe SOS, par sa nature même d’association, est une organisation non lucrative.
Un projet atypique, à triple impact, soutenu dans la durée
Le Monde Diplomatique reconnaît la singularité du projet des Marais du Vigueirat, conçu dès l’origine comme un moteur de transformation écologique et territoriale. C’est précisément cette ambition – conciliant impact environnemental, développement local et insertion sociale – qui a motivé l’intégration de l’Association des Amis des Marais du Vigueirat, qui gère le site, au sein du Groupe SOS.
Depuis 40 ans, le Groupe SOS agit pour l’intérêt général. Depuis 2015, ses actions s’étendent à la transition écologique avec des projets conciliant impact social et environnemental.
Un esprit de continuité
L’article revient sur les difficultés financières structurelles des Marais. En 2016, avant l’arrivée du Groupe SOS, un audit de France Active dénonçait une organisation fragile et un modèle économique reposant quasi exclusivement sur des subventions publiques, État et collectivités confondus. Ce modèle s’est effondré avec la baisse brutale de ces financements : à titre d’exemple, la dotation annuelle de l’État pour la gestion de la Réserve Naturelle Nationale n’est aujourd’hui que de 177 000 €.
Le déficit de 375 000 € mentionné dans l’article est précisément ce qui a conduit à l’intervention du Groupe SOS, aux côtés de l’Association des Amis des Marais du Vigueirat, à la demande expresse de son président-fondateur, Jean-Laurent Lucchesi. Ce dernier avait déjà engagé des mesures d’urgence, dont la réduction du nombre de salariés – évoquée dans l’article – pour tenter de faire face à l’effondrement financier.
Loin des insinuations de l’article, le Groupe SOS est intervenu pour chercher des alternatives à cette crise de financement qui menaçait la survie du site. Son objectif : préserver les emplois, protéger la mission écologique des Marais du Vigueirat et poursuivre le projet d’insertion en cohérence avec sa vocation sociale. Ce plan de reprise, qualifié par Jean-Laurent Lucchesi comme « la seule solution pour maintenir le projet économique, social et environnemental des AMV en faveur d’une nouvelle ruralité construite autour de la biodiversité », a été conçu pour garantir la continuité de l’intérêt général dans un contexte de désengagement public.
Une gestion conforme, reconnue par les instances compétentes
Contrairement à ce qu’affirme l’article, le plan de gestion écologique du site n’a jamais été modifié. Le plan de sauvegarde du Groupe SOS a conservé l’intégralité de l’équipe en charge de la protection de la nature, qui n’a donc pas changé depuis la reprise. Cette équipe assure la continuité et le renforcement des actions menées par les Amis des Marais du Vigueirat et la totale conformité avec les plans de gestion des Marais du Vigueirat (2017-2026) et du Marais de Meyranne (2021-2030).
Les bilans de gestion intermédiaires du site sont positifs : le Conseil Scientifique de la Réserve Naturelle indique que “L’état de conservation du patrimoine naturel est favorable, il confirme l’intérêt de pérenniser les efforts de gestion conduits jusqu’alors de façon cohérente. La qualité exceptionnelle du patrimoine naturel du site est maintenue.” Le Comité Consultatif de la Réserve nationale des Marais du Vigueirat, qui réunit des représentants de la DREAL PACA, de l’OFB, du Conservatoire du littoral et du Conseil scientifique des Marais du Vigueirat, a confirmé la reconnaissance du travail accompli par les équipes et validé le plan de gestion dans son évaluation à mi-parcours de 2021. Cette position n’a pas évolué lors des comités consultatifs de 2022, 2023 et 2024.
Ces éléments, communiqués aux journalistes, ne figurent pourtant pas dans l’article.
Il est également utile de rappeler que les Chantiers d’Insertion des Marais du Vigueirat mettent bien en œuvre de nombreux travaux destinés à maintenir une gestion optimale de l’espace naturel : arrachage d’espèces exotiques envahissantes, réparation d’ouvrages hydrauliques, entretien de clôtures et portails…
Un rapprochement volontaire, respectueux de l’autonomie associative
Le Monde diplomatique présente la filialisation de l’Association des Amis des Marais du Vigueirat comme une perte d’autonomie imposée. C’est faux. Comme rappelé précédemment, c’est Jean-Laurent Lucchesi, fondateur de l’association, qui a sollicité son intégration au sein du Groupe SOS, face à une situation financière critique. Ce rapprochement n’a rien d’un passage en force : il résulte de discussions approfondies entre les parties, menées dans un esprit de coopération et de sauvegarde du projet initial.
Loin d’un effacement, les statuts de l’association ont été respectés dans leur philosophie, tout comme les conventions signées avec les pouvoirs publics. Quant à l’intégration au GIE (Groupement d’Intérêt Économique) du Groupe SOS, elle permet aux structures modestes de mutualiser des fonctions clés — comptabilité, ressources humaines, juridique — à un coût maîtrisé. Le taux de participation, compris entre 3 et 4 %, figure parmi les plus bas du secteur non lucratif.
Des Ateliers d’Insertion réorientés vers leur mission environnementale
La diversification des activités des Ateliers et Chantiers d’Insertion a été entreprise avant l’arrivée du Groupe SOS. Le modèle mis en œuvre visait à réduire la dépendance aux subventions en développant des prestations extérieures à travers l’Atelier et chantier d’insertion, ce qui a entrainé des désaccords avec l’équipe salariée en place à l’époque. Reconnaissant les limites de ce modèle, le Groupe SOS et la direction des Marais du Vigueirat ont, en 2024, réorienté les équipes vers des missions environnementales exclusivement, et dénoncé le marché public portant sur la gestion des déchets pour l’agglomération d’Arles.
Les Ateliers et Chantiers d’Insertion ont été recentrés sur l’entretien des espaces naturels et la protection de la biodiversité et un calendrier pluriannuel de travaux et d’entretien dans la Réserve naturelle nationale a été élaboré en tenant compte des coûts et des financements des opérations, pour une meilleure organisation des équipes.
Face aux tensions, des réponses concrètes pour rétablir le dialogue
L’article revient sur la crise managériale de fin 2023 : celle-ci a été prise au sérieux par le Groupe SOS, qui a cherché à y remédier. À partir de la mi-septembre, les relations entre les cadres et leur direction se sont fortement dégradées, conduisant à plusieurs arrêts maladie en novembre. Face à cette situation, le Groupe SOS a mis en place une médiation pour apaiser les tensions et a organisé des points de suivi réguliers avec les autorités de tutelles, à savoir le Conservatoire du littoral et la DREAL. Il a aussi veillé à maintenir toutes les activités prévues : préservation du patrimoine naturel, accueil du public et insertion professionnelle, conformément au plan de gestion défini avec les autorités publiques.
Fin décembre 2023, la situation restant bloquée, une rupture conventionnelle a été signée avec le directeur, David Grzyb, afin de permettre un retour à un climat de travail serein. Depuis, les cadres en arrêt ont repris leurs fonctions.
La direction a été renouvelée début 2024, avec l’arrivée de Cyril Gombert, ancien vice-président du Parc National des Calanques et directeur d’association environnementale pendant quinze ans. Depuis, le dialogue social a repris, et le fonctionnement de la structure a été rétabli. Sur le point RH, les journalistes n’ont pas repris contact avec la direction pour mettre à jour leur enquête.
Un modèle non lucratif, à l’opposé des logiques néolibérales
L’accusation de « dérive néolibérale » portée contre le Groupe SOS est non seulement infondée, mais trompeuse. Le Groupe SOS est une organisation à but non lucratif : aucun dividende n’est distribué, et l’intégralité des excédents éventuels est réinvestie dans les missions sociales, environnementales et d’intérêt général. Notre engagement sur des projets structurellement déficitaires, comme celui des Marais du Vigueirat, en est la démonstration concrète.
Le Monde diplomatique recourt par ailleurs à un vocabulaire volontairement caricatural — « l’ogre associatif qui dévore tout », « le mastodonte de l’économie sociale et solidaire ». Si notre modèle suscite des interrogations, il a pourtant été expliqué de manière transparente : les associations qui rejoignent le Groupe SOS conservent leur statut juridique, leur siège, leur objet social et leurs missions. Sur le terrain, les activités sont préservées, les emplois maintenus, et les Instances Représentatives du Personnel comme les droits des salariés demeurent inchangés.
Enfin, loin de l’idée d’une « expansion à tout prix », le Groupe SOS est sollicité chaque année par de nombreuses structures en difficulté ou en transition. En 2022, sur les 170 000 associations employeuses en France, seules 13 ont été intégrées au Groupe SOS. Chaque année, le Groupe SOS publie un rapport intégré détaillant l’ensemble de ses budgets, de ses activités et de ses impacts.
Une vision d’avenir pour les Marais du Vigueirat
Nous demeurons mobilisés pour faire vivre le projet des Marais du Vigueirat, fidèle à ses missions fondatrices : la préservation de la biodiversité, l’insertion professionnelle et l’accueil des publics dans la zone hors Réserve Naturelle Nationale. C’est dans cette logique que nous avons répondu à l’Appel à Manifestation d’Intérêt pour la gestion des Marais du Vigueirat. Notre ambition :
- Un projet de réserve naturelle régionale élargie,
- Une prise en compte renforcée des enjeux fonciers,
- La création d’une entité associative dédiée à l’insertion pour clarifier les périmètres d’action,
- Un ancrage territorial solide, reconnu par les habitants et les partenaires institutionnels.
Notre projet dispose de nombreux atouts : une équipe gestionnaire sortante de la RNN des Marais du Vigueirat avec de très bons résultats sur le bilan intermédiaire du plan de gestion en cours ; un ancrage local indéniable avec d’excellentes relations établies avec les riverains, et enfin une connaissance fine du site et de ses spécificités (domaine avec bâti important, pistes, clôtures, ouvrages hydrauliques). Le Groupe SOS reste à disposition de toute rédaction ou autorité souhaitant comprendre la réalité de son action, dans un souci de transparence et de dialogue. Notre engagement est clair : défendre un modèle écologique, solidaire et non lucratif, au service des personnes, de la nature et des territoires.