Le saviez-vous ? Santé mentale des cadres

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Le constat est sans appel : 32 % des cadres affirment ressentir souvent un signe de santé mentale dégradée : stress intense, anxiété, irritabilité, déprime ou épuisement professionnel.
Les femmes (34 %) et les moins de 35 ans (36 %) sont les plus exposés.

À l’occasion du 10 octobre, Journée mondiale de la santé mentale, une nouvelle étude de l’Apec alerte : les cadres, et tout particulièrement les managers, voient leur santé psychique fragilisée par une pression permanente et une culture du dépassement de soi devenue structurelle.
Fatigue chronique, perte d’intérêt pour le travail, troubles du sommeil : les symptômes s’accumulent.

Entre surcharge et hyperconnexion

41 % des cadres travaillent régulièrement sous pression (contre 24 % des non-cadres). Objectifs élevés, horaires étendus et urgence constante rythment leur quotidien.

La frontière entre vie pro et vie perso s’efface : 65 % continuent à penser au travail en dehors des horaires, et 76 % admettent travailler sur leur temps libre.
Un cocktail qui mine la récupération et installe le stress dans la durée.

Des entreprises à l’écoute, mais des actions jugées insuffisantes

Le sujet s’impose dans les directions : 26 % des cadres et 31 % des managers estiment que leur entreprise prend « très au sérieux » les enjeux de santé mentale.
Mais la majorité reste sceptique : 44 % jugent les actions menées « symboliques » et 30 % affirment que rien n’a été déployé.

Souvent, la prévention se limite à des initiatives de bien-être comme des ateliers de respiration, espaces détente, sans agir sur le fond : charge de travail, objectifs, management vertical.

En première ligne, 93 % des managers se sentent responsables de prévenir les problèmes de santé mentale dans leurs équipes, et 87 % d’accompagner leurs collaborateurs.
Pourtant, 65 % reconnaissent avoir du mal à identifier les signaux faibles, et 69 % peinent à trouver des solutions concrètes.

Pris entre les attentes de la direction et la détresse de leurs équipes, ils se disent souvent « seuls face à tout ».
« Le manager a la casquette d’un assistant social, mais sans les outils ni le temps », résume un cadre interrogé.

Recapiti
Nathalie DUCONGE