Le Maire, entouré des porte-drapeaux et du commissaire de police, a lu la lettre bouleversante de Pierre Devouassoud, jeune résistant dinardais de 20 ans, arrêté alors qu’il tentait de rejoindre la France Libre et condamné à être fusillé.
Ses mots, empreints de courage et d’amour filial, résonnent encore aujourd’hui comme un puissant appel à la liberté et à la mémoire.
Découvrez ci-dessous sa dernière lettre adressée à ses parents
« Mes très chers parents, … je tiens à vous affirmer que personne ne m’a poussé à partir. Je suis seul responsable de mon acte. L’argent n’a jamais été mon but, si je suis parti, c’est pour la France et l’aviation. J’estime que j’ai très bien agi et je ne regrette rien. Les conséquences sont évidemment terribles, mais n’oublions pas que “Mourir pour la patrie est le sort le plus beau, le plus digne d’envie”. Je ne cache pas que j’aurais préféré une mort plus anonyme en combat aérien, mais que voulez-vous, on ne commande pas les évènements. Le soir du jugement, je n’ai plus pensé qu’à vous, mes chers parents et j’ai pleuré. Je me suis rappelé tous les sacrifices que vous avez consentis pour m’élever, pour me donner de l’instruction, pour me gâter comme vous l’avez fait. Toi mon cher Papa qui a été soldat de cette terrible guerre 1914-1918, je suis sûr que tu comprendras tout de suite mes raisons de mon départ. Tu sauras dire à tous que je ne suis pas un lâche, tu pourras être fier de ton fils. Quant à toi, ma chère Maman, je pense à ta douleur lorsque tu apprendras le sort qui m’a été réservé. Ce sera une épreuve terrible, mais rappelle-toi tous ceux qui sont morts à la guerre et dis-toi bien que je ne suis qu’une petite victime de cette grande calamité. Ce que j’ai fait, j’estime que c’était mon devoir, aussi je ne regrette rien et je suis sûr que tu ne peux pas m’en vouloir. “Mourir en soldat c’est une belle fin”. Mes chers parents, votre fils qui vous a beaucoup aimé, vous dit adieu et meurt en criant “Vive la France”.
Pierre
Ce sont ces mêmes mots qui unissent les 27 résistants qui reposent dans le carré de la résistance.
Souvenons-nous de ceux qui ont donné leur vie pour la France.