Brigitte Bardot (1934–2025), ou la disparition d'une icône émancipatrice et figure clivante du cinéma français ! - CulturAdvisor

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Brigitte Bardot, disparue le 28 décembre 2025 à l’âge de 91 ans, fut l’une des figures les plus marquantes du cinéma français et de la culture populaire du XXᵉ siècle. Révélée au grand public avec Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim (1956), elle devint un symbole de liberté, de sensualité et de renouveau esthétique, bousculant les normes de représentation féminine à l’écran. Avec une filmographie riche de 48 films, elle travailla avec des cinéastes majeurs comme Henri-Georges Clouzot, Jean-Luc Godard et Louis Malle, incarnant tour à tour comédie et drame. Au-delà du cinéma, Bardot consacra plus de cinquante ans de sa vie à la défense des animaux, créant la Fondation Brigitte Bardot en 1986, et influençant durablement la philanthropie et l’activisme animalier. Son parcours fut également marqué par des prises de position controversées, qui firent d’elle une figure clivante autant admirée que critiquée. Brigitte Bardot (1934–2025), ou la disparition d’une icône émancipatrice et figure clivante du cinéma français !

Une trajectoire hors normes : naissance d’une icône

Brigitte Anne-Marie Bardot naît le 28 septembre 1934 à Paris. Fille d’une famille bourgeoise, son destin bascule lorsqu’elle se tourne vers la danse puis le mannequinat, ce qui la met en lumière dès l’adolescence.

Repérée par le cinéma, elle épouse à 18 ans Roger Vadim, jeune réalisateur qui lui offre son rôle le plus célèbre dans Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim (1956). Ce film, qui fit d’elle un sex-symbole mondial, n’était pas seulement une œuvre commerciale : il inaugure une présence à l’écran où l’apparence, la sensualité et la spontanéité deviennent langage cinématographique.

Ainsi, Bardot n’incarne pas un personnage figé : elle incarne une époque prête à rompre avec les carcans post-guerre. Sa vie personnelle, souvent scrutée, reflète un engagement passionné pour l’authenticité, qu’elle revendique aussi bien dans ses rôles que dans son retrait progressif du star-system, cherchant à vivre hors des projecteurs autant qu’elle y brilla.

Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim (1956) Bande Annonce. (Brigitte Bardot (1934–2025), ou la disparition d’une icône émancipatrice et figure clivante du cinéma français !).

Une actrice contre le récit

La filmographie de Brigitte Bardot traverse les genres, mais toujours avec une force de présence qui déconcerte et attire. Après Et Dieu… créa la femme (Roger Vadim, 1956), elle confirme sa singularité dans La Vérité (Henri-Georges Clouzot, 1960), où elle affronte une mise en scène rigoureuse et un drame judiciaire intense. Clouzot y exploite la vulnérabilité et l’ambiguïté de son jeu pour déconstruire la figure féminine classique.

Avec Le Mépris (Jean-Luc Godard, 1963), Bardot devient le centre d’une méditation sur l’art, l’amour et la culture de masse : son personnage est filmé avec une élégance froide qui questionne la place des émotions dans un monde rationalisé. Louis Malle l’intègre à Viva Maria! (1965), comédie d’aventure où son humour et sa vitalité élargissent encore sa palette.

Elle s’essaie aussi à des œuvres plus légères ou populaires, de Une Parisienne (Michel Boisrond, 1957) à L’ours et la poupée (Michel Deville, 1970), montrant une capacité rare à transgresser les attentes narratives. Bardot a toujours été une actrice qui met en crise les formes établies du cinéma : là où d’autres maîtrisent, elle expose et fragmente, transformant chaque image en événement.

Le Mépris (Jean-Luc Godard, 1963) Bande Annonce. (Brigitte Bardot (1934–2025), ou la disparition d’une icône émancipatrice et figure clivante du cinéma français !).

Influence culturelle et controverses : une icône contestée

Brigitte Bardot fut plus qu’une actrice : elle devint un mythe esthétique et social. Son image fut reprise dans la mode, la photographie, la publicité, et elle contribua à installer Saint-Tropez comme symbole de liberté et de glamour mondial. Après avoir quitté le cinéma en 1973, elle fonda en 1986 la Fondation Brigitte Bardot pour la protection animale, un engagement passionné et durable qui inspira des générations d’activistes.

Cependant, sa parole publique ne fut pas sans heurts. Bardot adopta des positions politiques et sociales controversées, notamment sur l’immigration et l’identité culturelle, qui lui valurent plusieurs condamnations judiciaires pour incitation à la haine. Ces prises de position polarisantes ont marqué sa postérité autant que son image de star.

Aujourd’hui, son héritage est complexe : célébré pour son influence sur l’émancipation du corps et la forme cinématographique, critiqué pour certaines de ses déclarations, Bardot reste une figure à la fois emblématique et contradictoire de l’histoire du cinéma français et de la culture populaire mondiale.

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Hakim Aoudia.

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Hakim Aoudia