Cette journée d’étude est orga­nisée par Géral­dine Vernerey-Kopp, docto­rante en socio­logie, et Caro­lina Kobe­linsky, anthro­po­logue affi­liée à l’IC Migrations.

Mardi 13 mai 2025
9h-17h
200 Avenue de la Répu­blique, 92000 Nanterre
LESC – Bâti­ment Ginouvès, salle 308

Les terrains dits « sensibles » (Fresia, Tallio, & Bouillon, 2005) en sciences sociales des migra­tions font l’objet de discus­sions dyna­miques, qu’il s’agisse de ques­tionner les enjeux méthodologiques à propre­ment parler, mais aussi éthiques et poli­tiques de ces recherches. La journée d’étude propose de revenir sur la posi­tion de l’ethnographe à « double casquette », fréquemment employée sur ces terrains.

La double casquette comme arrangement
L’engagement dans une asso­cia­tion ou un collectif mili­tant n’est de loin pas toujours dû à l’impératif de s’assurer un terrain. La journée propose de revenir sur les reven­di­ca­tions d’engagement mili­tant des chercheur·euses (Dubois, 2022), ainsi que les formes de contre-don que cette posi­tion peut permettre – ou du moins, de limi­ta­tion du senti­ment d’extractivisme (Buzaré et al., 2024), sans négliger les arran­ge­ments liés aux condi­tions de produc­tion de la recherche (Di Cecco, 2024).

« Encli­cage », distance et allers-retours avec le monde associatif
L’« encli­cage » (Olivier de Sardan, 1995) dans les asso­cia­tions peut conduire à une foca­li­sa­tion sur des quetions tech­niques et propres à l’association, au détriment de l’enquête socio­lo­gique ou anthro­po­lo­gique (Maka­remi, 2008). Elle façonne aussi l’ethnographe qui est « pris·e » (Favret-Saada, 1990) à des manières de voir, dans ses temporalités à elle – qui sont souvent de l’ordre de l’urgence (Marcou, 2024). La journée d’étude propose d’explorer les ques­tions de distan­cia­tion avec l’objet d’étude (Agier, 2005 ; Zougbédé, 2024) en reve­nant sur les expériences de multi­pli­ca­tion des cadrages et d’« oscil­la­tions » (Le Courant, 2013) entre le terrain asso­ciatif et « l’extérieur », et à leurs apports heuristiques.

Sortir des associations ?
La fréquence de la posi­tion en double casquette sur les terrains rela­tifs aux sciences sociales des migra­tions amène à se poser la ques­tion de l’occultation de toute une partie de l’expérience des personnes migrantes en dehors du cadre asso­ciatif (Di Cecco, 2024). La parti­ci­pa­tion aux asso­cia­tions afin de se mettre en contact avec des personnes migrantes apparaît aujourd’hui comme quasi­ment incon­tour­nable, quand bien même l’association n’est pas le sujet de l’ethnographie, mais bien un « troisième élément » (Agier 2005 in (Pian, 2012)). La journée invite à réfléchir sur des modes d’enquête qui resti­tuent l’expérience de personnes migrantes sans passer par la médiation associative.

Retrouvez le programme complet ci-dessous ou en cliquant sur ce lien :

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