Exposition sur la ZAC "basilique" : retour sur l’histoire du centre-ville

Compatibilidad
Ahorrar(0)
Compartir

« Faire une exposition consacrée à la ZAC Basilique, dans le bâtiment Niemeyer, ce lieu emblématique du patrimoine de Saint-Denis, a beaucoup de sens », estimait Mathieu Hanotin, lors du vernissage de l’exposition La ZAC « Basilique », un laboratoire d’urbanisme et d’archéologie, ce mercredi 4 février.

Celle-ci a en effet été installée sur la façade du bâtiment Niemeyer (construit par le célèbre architecte brésilien Oscar Niemeyer) récemment rénové pour accueillir les agents de la Direction régionale interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS). 

Un projet de réhabilitation conçu pour proposer des usages mixtes. Deux espaces d’exposition indépendants et vitrés ont été prévus au rez-de-chaussée de l'immeuble. L'un est situé allée des 6 chapelles (exposition sur La ZAC « Basilique »), l’autre côté rue Jean-Jaurès (espace Pif Gadget, en hommage à l'ancien magazine) où une exposition photo ouvrira ses portes le 5 mars prochain.

Une offre culturelle enrichie et diversifiée dans le centre-ville

Ces expositions s’inscrivent donc dans le cadre d’une « politique municipale volontariste au service d’une offre culturelle enrichie et diversifiée dans le centre-ville », a souligné le maire de Saint-Denis qui a aussi évoqué l’ouverture récente de la Fabrique de la flèche et le vernissage de la première exposition (le 5 mars) d’un nouveau centre d’art contemporain ((intégré à l'école d'arts plastiques Gustave-Courbet) : la Villa D. Et d’évoquer le processus engagé par la municipalité pour classer le cœur de ville comme Site patrimonial remarquable (SPR) en 2026. 

Mais c’est lors de la révolution industrielle que le quartier entame véritablement sa mutation. Confrontée à une augmentation importante de la population et à une suroccupation des logements en centre-ville, la municipalité décide de créer la ZAC de rénovation urbaine « Basilique » en 1972 (superficie de 13,5 hectares). Les premiers travaux débutent en 1975-1976.

Le projet est décomposé en 11 îlots urbains dont la réalisation est confiée à une dizaine d’architectes, parmi les plus novateurs de leur génération (Roland Simounet, Renée Gailhoustet, etc.). « Il n’y a pas un îlot qui ressemble à un autre. Chacun avait une vision architecturale différente », explique Claude Héron, commissaire de l’exposition et directeur de l’Unité d’archéologie de la Ville.

C’est la raison pour laquelle l’aménagement de cette ZAC est « un grand moment de l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme en France au XXe siècle car on a réinventé une manière de fabriquer la ville au pied d’un des plus grands édifices de l’architecture religieuse du Moyen Âge en Europe », poursuit Claude Héron qui rappelle que l’une des contraintes était de « respecter l’histoire de la ville ». C’est aussi dans ce cadre que sont construits 1 596 logements (dont 90% en locatif social) et un centre commercial de 25 000 m2, entre 1978 et 1994.

Un programme de renouvellement urbain

Trente ans après l’achèvement des travaux de la ZAC Basilique, le quartier est aujourd’hui engagé dans un important programme de renouvellement urbain (projet de transformation du centre-ville) visant à améliorer le cadre de vie, requalifier les logements et développer l’offre commerciale et l’attractivité du centre-ville.

Porté par la Ville et Plaine Commune, en collaboration avec l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) et les bailleurs sociaux, il prévoit notamment la réhabilitation des logements sociaux des îlots 1, 3, 4 et 8, la résidentialisation des îlots 3, 9 et d’une partie de l’îlot 8, ainsi que la requalification des espaces publics.

Une attention particulière est également portée au patrimoine. Les nouvelles fouilles archéologiques et la mise en valeur des réalisations architecturales de l’ancienne ZAC Basilique constitueront donc des atouts importants pour la création du Site patrimonial remarquable (SPR) « Centre-Ville de Saint-Denis », en 2026. L’occasion pour la ville d’ouvrir « un nouveau chapitre tout en valorisant l’histoire multiséculaire du quartier », a conclu Mathieu Hanotin.
 

Detalles de contacto
Julien MOSCHETTI