Cris et chuchotements au carbet Maripas

Compatibilidad
Ahorrar(0)
Compartir

La Guyane se dévoile par étapes. Dans le cadre de l’assemblée générale de l’AJT organisée fin novembre 2025, une délégation de journalistes a parcouru la région pour en extraire des témoignages concrets. Après l’immensité de Kourou et l’histoire des Îles du Salut, l’aventure se segmente : forêt, culture ou gastronomie. Ce nouvel épisode explore l’un de ces trois regards croisés pour raconter ce que la Guyane d’aujourd’hui exprime de plus authentique.

La route du parc : un ruban gris qui s’enfonce dans l’immensité amazonienne.
GUYANE AMAZONIE : CARNET DE ROUTE DE L’AJT (3)

Pour ce troisième épisode, Patricia Colmant raconte une parenthèse “forêt tropicale” au camp Maripas, au bord du fleuve Kourou. Accueil en carbet, nuit en hamac sous moustiquaire et réveil au rythme des sons de la forêt : le lieu a été pensé pour rendre l’immersion accessible, y compris à des visiteurs peu habitués à dormir en pleine nature. La matinée se passe sur l’eau avec une initiation à la pirogue, puis une baignade. Récit de cette expérience, courte mais dense, qui résume bien l’enjeu : s’adapter à un environnement puissant, sans le réduire à un simple décor… et passer d’excellent moments.

Au bout du ponton, le fleuve Kourou — et l’impression d’entrer dans un autre temps.

Une nuit en hamac au bord du fleuve Kourou

Par Patricia-M. Colmant
Photos Caroline Paux

Sous la belle charpente d’un des carbets de Maripas, 25 hamacs suspendus dans un bel alignement attendaient les journalistes, heureux élus de cette excursion “aventure en forêt tropicale ”. Sur la route un panneau “chemin des singes” nous a mis dans l’ambiance.

Nous partions à la découverte de cette végétation luxuriante avec ses bruits mystérieux, peut-être une ou des paires d’yeux observateurs dans les arbres, des sifflements du papayo, oiseaux vigie annonçant à ses copains l’arrivée d’un groupe d’humains envahissant leur univers… Dans le car, certains se voyaient déjà dans la peau d’Indiana Jones. « Ne laissez pas traîner vos chaussures cette nuit » conseilla l’un. « Regardez au-dessus de vos têtes » recommanda un autre. Les frissons commençaient à parcourir certaines consœurs.

Au camp Maripas : notre carbet, à deux pas du fleuve.

À l’arrivée sur place, les anxiétés se sont évanouies. Le camp Maripas a été superbement pensé pour initier les citadins attachés à un minimum de confort, aux charmes, et ils sont magiques, de la forêt tropicale et au fleuve qui la fait vivre. Le campement est en effet installé au bord du fleuve Kourou que nous avons découvert après une nuit un peu agitée.

Briefing du soir sous le carbet : Anne Lopez présente le camp, ses origines, son rythme, et les gestes qui comptent ici. Autour d’elle, on écoute, on pose des questions, on se prépare. Un moment de partage avant la nuit en hamac.
Le carbet-dortoir : hamacs, moustiquaires

Une fois les valises récupérées dans la chaude nuit guyanaise, on a découvert notre dortoir, ce bel espace ouvert à tous les vents ou… aux visiteurs nocturnes. On nous a dit qu’à Maripas on rentrait les chiens tous les soirs, car les jaguars en raffolent. Ça tombait bien qu’aucun d’entre nous ne soit venu avec le sien ! Ces hamacs dotés de grande moustiquaire turquoise formaient un univers de film italien où les acteurs jouent à cache-cache entre les draps qui sèchent… Une atmosphère joyeuse de colonie de vacances faisait virevolter les étoffes, des rires étouffés sourdaient dans la nuit alors que Gil, notre président sortant, nous montrait la technique pour se lover dans cette litière balançoire. On n’a pas tous réussi notre installation au premier essai et Magali, Bérengère et Solen se sont retrouvées quelques instants en apesanteur (sans doute marquées par la visite passionnante du centre spatial) avant de tester brièvement et sans dommage, le sol.

Le carbet version Camp Maripas : une grande nef de bois, des hamacs, et la moustiquaire comme rempart.




Les journalistes de l’AJT et leur première leçon amazonienne : comprendre comment on entre dans un hamac sans se battre avec la moustiquaire, puis se laisser bercer.

Une nuit pas si tranquille… et un réveil étonnamment reposé

On passera sur le concert nocturne de nos camarades ronfleurs amplifié par les sons rauques de gorges irritées… On a apprécié que François (qui dit faire partie de ce genre de musicien) ait préféré aller dormir dans un autre carbet sous l’œil protecteur d’une discrète matoutou, petite araignée velue aux pattes jaunes. À 6 heures, quelques pyjamas étaient de sortie tandis que nombre de dormeurs, pour qui c’était une première, n’en revenaient pas d’avoir si bien dormi.

Et tous de se retrouver au bord du fleuve avant l’expérience pirogue et après un copieux petit-déjeuner. Le camp est habitué à recevoir des groupes et notre hôtesse, Anne Lopez, aux petits soins, nous avait vraiment gâtés.

Un papillon Automeris egeus, tranquille, accroché à une table.
Une jolie araignée Avicularia ou “matoutou” dans sa toile…
L’arbre du voyageur au cœur du camp Maripas.
Au bord du fleuve Kourou : organisation et départ en pirogue

La seconde partie de la matinée s’est passée sur le Kourou. Après une explication très détaillée des courses de pirogue et des gestes à pratiquer par Thomas Saunier, propriétaire des lieux et du camp Cariacou situé à une heure de pirogue de Maripas, une quinzaine d’entre nous se sommes essayés à la pagaie dasn la salle de restaurant… sur des bancs !

Thomas Saunier, directeur du camp Mapipas, présente l’équipe qui va encadrer l’initiation à la pirogue.
Thomas Saunier, fidèle ambassadeur et un ardent défenseur de la forêt amazonienne de Guyane.
Ramer dans une pirogue, toute une technique qu’il convient d’apprendre hors d’eau…

Comme le planter de bâton, on est allé chercher l’eau bien en avant, suivant aussi bien que possible, le rythme instillé par notre meneur qui en outre, pour répartir les efforts sur chaque bras, nous indiquait toutes les 5 minutes, qu’il fallait changer de côté en se glissant sur le banc ou chacun d’entre nous était placé en quinconce. Une inattention de l’un de nous et c’était la baille… Car la pirogue est un esquif très instable. Tout s’est bien passé et aucune des deux embarcations n’a chaviré. Ouf ! Nous avons même pu nous mesurer et faire deux courses acharnées entre nous. Nous ne dirons pas qui a gagné !

Départ et arrivée des pirogues à l’ombre des arbres.
Sur la pirogue, on apprend vite : trouver le rythme, suivre le courant, regarder plus que parler.
A l’avant à gauche, Philippe Bourget, le nouveau président de l’association, en mode capitaine de cadence, porté par le rythme du fleuve Kourou.
Dans la seconde pirogue, l’équipe AJT se met au diapason,coups de pagaie, concentration.
Detalles de contacto
AJT