A Cure for Life est un thriller horrifique germano-américain brillamment mené par Gore Verbinski, dont l’esthétisme nous éblouit. Un traitement de l’image chic et choc qui ne manque pas de nous scotcher à notre siège. Une mise en scène intéressante qui emprunte aux films d’épouvante certains de leurs grands classiques, sans rendre le cadre anecdotique, ni bourré de stéréotypes. Ainsi, on serpente volontiers au cœur d’un univers aux allures de secte noyée dans un bonheur un peu trop « paradis blanc ». A cure for Life de Gore Verbinski, avec Dane DeHaan, Jason Isaacs et Mia Goth, ou le film d’un traitement chic et d’un revers de choc !
Un grand retour après quatre ans de silence
Ici, Gore Verbinski signe une réalisation qui nous subjugue et nous coupe le souffle. Un grand retour, après quatre ans de silence artistique.
En effet le réalisateur qui avait signé la trilogie de Pirates des Caraïbes, succès planétaire, n’avait plus rien sorti sur la toile après son film Lone Ranger, naissance d’un héros datant de 2013.
Dans ce nouveau long métrage, l’image infiltre le cerveau et noie son détenteur en diverses sensations. Entre dégout et fascination, crainte et délectation, on se met vite à la place du héros afin de comprendre et détisser ce labyrinthe de questions.
Mais le fil est si bien cousu qu’après plusieurs tentatives de compréhension, on se laisse simplement bercer dans cette douceur utérine remplie de pensées liquides, qui se déversent dans le corps.
Un acteur qui nous transporte
L’eau, qui depuis toujours est au cœur de notre vie et de nos croyances anciennes et ce dans toutes les civilisations et depuis des générations, est d’elle-même évocatrice du sujet principal ; la vie et la mort. L’eau protège et engloutit. Tout comme nous engloutit l’acteur principal Dan DeHaan, qui nous transporte dans ce monde horrifique et pesant. Sans en faire trop et avec savoir-faire, il nous propose un personnage juste auquel on s’attache rapidement.
Un brin « minet intrépide » et une gueule piquant certains des traits de Jack dans Titanic, espérons qu’il continue à travailler d’aussi bons rôles que l’acteur qui l’eut incarné et qu’il arrive à la cheville de ce monstre de scène, j’ai nommé Leonardo DiCaprio.
Un esthétisme hors-pair
Il y a là un travail de qualité sur les éléments et les sens, qui ne nous laissent pas de glace, et un montage, ainsi qu’un travail méticuleux.
En effet, le film est une belle mise en abîme à travers laquelle on retrouve les quatre éléments subtilement dépeints. De surcroît, un montage et un travail méticuleux sur les images d’insert est divinement proposé au spectateur qui pourra jouir non seulement des plans dans leurs détails, mais aussi fermer les yeux et en écouter les sonorités particulières.
En définitive, c’est avec une grande maîtrise que Gore Verbinski et son équipe nous livrent une histoire pour le peu inhabituelle, dont la touche de science-fiction reste savamment dosée.
L’eau
L’eau. Un élément riche en symbolique, étroitement liée à la naissance et à la régénération, si bien qu’on pourrait dire qu’ici, le réalisateur renaît de ses propres cendres et se régénère avec grâce.
Déluges, immersions, libations, purification, fécondité… L’eau est bien un des plus grands symboles de la vie. Et tout comme elle porte en elle des valeurs et des vertus profondes, Gore Verbinski a su en tirer une jolie essence cathartique et sacrée.
Une très bonne raison de courir au cinéma et d’aller s’y mouiller !
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Par Ana Elle. MagCentre.