Installé depuis 2019 à Mesquer, sur la presqu’île de Guérande, Stéphane Simon conduit la Ferme du Lipour en agriculture biologique. Entre l’élevage de vaches de race Armoricaine, la culture de céréales et de légumineuses, il prône une polyculture-élevage autonome et intégrée à son territoire. Adepte du « bien manger » local, il nous explique sa démarche.
Installé à Mesquer, pourquoi avez-vous choisi d’élever des vaches de race Armoricaine ?
« Originaire de l’Ille-et-Vilaine, je cherchais un lieu qui concilie nature et activité agricole, avec un bois et un étang, quand je suis tombé sur cette propriété, en 2016. J’ai voulu élever des vaches pour entretenir mes prairies et, après avoir discuté avec des éleveurs, mon choix s’est porté sur la race Armoricaine. C’est une vache rustique, docile, qui se contente de l’herbe de nos prairies. Au-delà de l’aspect pratique, j’ai trouvé important le fait de participer, à mon niveau, à la préservation d’une race à faible effectif. Aujourd’hui, mon troupeau compte une douzaine de mères. »
En quoi la labellisation « Valeurs Parc naturel régional » pour vos céréales et légumineuses fait-elle écho à vos pratiques ?
« Cette labellisation souligne ma volonté de produire localement, même sur de petites surfaces, pour nourrir les habitants du territoire. Sur mes 25 hectares, je consacre environ cinq hectares à des cultures destinées à l’alimentation humaine : lentilles, blé meunier, sarrasin et colza. L’idée est de transformer tout ce qui est produit à la ferme pour vendre un produit fini en circuit court, comme la farine ou l’huile de première pression à froid. La labellisation apporte une visibilité supplémentaire et confirme mon engagement dans une agriculture biologique qui respecte les ressources du territoire, notamment l’eau. »
Vous êtes très impliqué dans la restauration collective locale, notamment via le collectif Célabio. Pourquoi cette transmission est-elle essentielle ?
« À travers le collectif Célabio, nous mutualisons nos productions de lentilles avec d’autres agriculteurs du département pour répondre à la demande des cantines scolaires de la presqu’île. Fournir la restauration collective, c’est participer à l’éducation au goût dès le plus jeune âge, avec des produits sains et locaux. Cette démarche va jusqu’à la cuisine : j’ai d’ailleurs partagé une recette de fondant coco aux lentilles dans un livre de recettes dédié aux légumineuses. Pour moi, être paysan, c’est aussi faire preuve de pédagogie afin que les consommateurs reprennent le pouvoir sur leur alimentation, réfléchissent et comprennent d’où provient leur nourriture. »