Présente lors de la cérémonie d’hommage à Charles Brennus, Eloïse Mozzani est son arrière-arrière-petite-fille : sa grand-mère était la petite fille du maître-graveur qui a fondé le bouclier qui porte son nom. Si elle a appris tardivement l’intégralité de l’histoire de son célèbre aïeul, elle connaît de nombreuses anecdotes sur celui-ci.
De Charles Brennus, nous connaissons l’histoire : celle du fondateur du rugby moderne, né en 1859, maître-graveur qui réalisa à la demande du baron Pierre de Coubertin le célèbre Bouclier de Brennus, brandi chaque année par le vainqueur du Top 14, le Championnat de France de rugby.
Mais en écoutant Eloïse Mozzani, son arrière-arrière-petitefille, par ailleurs historienne et auteure, on apprend beaucoup sur l’homme derrière la légende : « Charles Brennus était drôle, cocasse, il était surnommé « Monsieur Gaffe ». Un jour, des joueurs de rugby lui avait fait une blague en lui faisant son lit en portefeuille ! Il savait ce qu’il voulait, et ne se laissait pas faire, mais il était avant tout très humain », explique-t elle .
Eloïse Mozzani est descendante de Charles Brennus du côté maternelle : sa mère était l’arrière-petite-fille du maître-graveur. « Nous avons un cliché où ma mère se trouve sur ses genoux. Quand elle était petite, à un Noël, elle voulait une poupée. À la place, son arrière-grand-père lui a offert un livre sur les trains ! », raconte-t-elle en riant.
Son aïeule ayant épousé un Britannique, la famille est ensuite partie de l’autre côté de la Manche, en Angleterre. C’est pour cette raison que, en 1974, quand la mairie de Franconville a cherché les descendants de Charles Brennus, la sépulture de la famille arrivant en fin de concession, personne n’a été trouvé ! C’est ainsi que la tombe fut rachetée et rénovée en 1980 par la Ligue Île-de-France de rugby. « Je savais que Charles Brennus était de ma famille, mais j’ai appris très tardivement toute l’histoire autour de lui. Un jour, nous avons décidé de nous rendre au restaurant Le Brennus, situé dans le 8e
arrondissement de Paris, comme un clin d’œil à mon aïeul. Qu’elle ne fut pas ma surprise quand j’ai vu de nombreux articles consacrés à sa vie aux murs de l’établissement. C’est aussi là qu’on m’a dit qu’on cherchait les descendants ! », précise Eloïse Mozzani.
Avant le rugby, Charles Brennus, qui a fondé en 1895 le SCUF (Sporting Club Universitaire de France) qui rassemble de nombreuses disciplines sportives, s’est passionné pour l’athlétisme et surtout le cyclisme : « Il adorait cela. Malheureusement, il ne finissait jamais les courses car il tombait souvent dans les buissons », rit Eloïse Mozzani. Cette dernière a baigné dès son plus jeune âge dans le rugby : « Nous regardions tous les matchs à la maison. À tel point que je ne comprenais pas pourquoi mes camarades, à l’école, préféraient tous le football ! J’ai vraiment découvert le ballon rond à la Coupe du Monde 98 », précise-t-elle.
Après le décès récent de sa maman, Eloïse Mozzani a retrouvé de nombreux documents, notamment la Légion d’honneur de Charles Brennus. Elle souhaiterait maintenant organiser une exposition, afin de continuer à faire perdurer la mémoire de son illustre aïeul.